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Pédophilie dans l'Église : "J'ai été pris dans une logique de prédation" confie une victime

Alors que le rapport Sauvé concernant les actes de pédophilie au sein de l'Église catholique vient d'être dévoilé, Emmanuel se confie sur ce dont il a été victime.

L'Église catholique (illustration)
L'Église catholique (illustration)
Pédophilie dans l'Église : "Le prêtre m'a repéré" confie une victime
02:57
Marie Guerrier - édité par Charlotte Diry

Ce sont des chiffres qui révèlent l'ampleur des abus sexuels commis au sein de l'Église catholique. Selon le rapport Sauvé dévoilé ce mardi 5 octobre, 330.000 victimes sont à décompter depuis 1950. 3.000 prêtres et religieux avaient déjà été identifiés comme prédateurs sexuels, soit 3% de tous ceux ayant officié depuis les années 50. 

Des chiffres effrayants où il aura fallu 2 ans et demi de travail à la commission et à son président, Jean-Marc Sauvé afin de recueillir les milliers de témoignages. L'écoute des victimes était d'ailleurs la priorité de la commission et de la CIASE. 

6.500 réponses reçues ont été reçues à la suite de l'appel à témoignages et 250 victimes longuement auditionnées. Parmi elles, Emmanuel 56 ans, marié et père de famille. Pour lui, raconter ce qu'il a vécu en 1976 au collège quand il avait 11 ans était une nécessité.

"La nécessité de rendre public cette parole et de la déposer en un lieu en quelque sorte, comme un mémorial, pour que cette parole soit enfin crue." déclare cette victime. 

J'ai été pris dans une logique de prédation

Emmanuel, 56 ans, victime
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Loin du foyer familial où il subissait un inceste maternel, l'école aurait dû être un refuge pour Emmanuel. Alors qu'il était fragilisé, il était au final, une proie facile. "Le prêtre m'a repéré. J'étais seul la plupart du temps et j'ai très certainement été pris dans une logique de prédation. C'était l'aumônier scolaire. Des baisers, des caresses inappropriés, sur les parties génitales, à l'occasion de retraites. Mais également dans le cadre des cours de catéchisme." 

Tous les récits des victimes ont donc permis à la commission d'établir des profils de prédateurs. Mais également de comprendre les mécanismes qui pouvaient s'opérer et ainsi, de mesurer les traumatismes. Parmi ces traumatismes, figure l'amnésie qui est très souvent observée. Emmanuel a mis 20 ans à réaliser ce qui lui était arrivé. 

L'amnésie comme traumatisme pour les victimes

"Pendant des années on ressent des choses qu'on n'arrive pas à verbaliser ou des conduites automatiques qui nous échappent un petit peu. J'ai des relations avec les enfants qui sont très compliquées. Par exemple, j'ai beaucoup de mal à toucher mes enfants."

Pourtant Emmanuel ne se qualifie pas de victime, mais de survivant. L'audition devant la commission Sauvé a pour lui, été éprouvante. "Je m'accrochais à mon support écrit que j'avais préparé, dont je me suis détaché progressivement au fil de l'entretien qui a duré près de 2 heures 30. Après avoir témoigné à la CIASE, je me suis trouvé très mal. Tout le passé s'est réinvité. J'ai témoigné en février 2020 et ça s'est terminé par un burn-out dont je ne sus toujours pas sorti." Des troubles de stress post-traumatique viennent d'ailleurs d'être diagnostiqués chez Emmanuel. 

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