1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. Pédophilie dans l'Église : 330.000 victimes depuis 1950, selon le rapport Sauvé
2 min de lecture

Pédophilie dans l'Église : 330.000 victimes depuis 1950, selon le rapport Sauvé

Depuis 1950, 330.000 personnes ont été agressées sexuellement par des clercs ou religieux catholiques, selon les conclusions du rapport Sauvé dévoilées ce mardi 5 octobre.

Une église (illustration)
Une église (illustration)
Crédit : Jeanne Mercier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Eléanor Douet & AFP

Les chiffres sont astronomiques. Selon les conclusions du rapport Sauvé, publié ce mardi 5 octobre, le nombre de personnes de plus de 18 ans ayant fait l'objet de violences ou d'agressions sexuelles pendant leur minorité de la part de clercs ou de religieux catholiques en France de 1950 à 2020 est estimé à 216.000.

Le nombre de victimes grimpe à "330.000 si l'on ajoute les agresseurs laïcs travaillant dans des institutions de l'Église catholique", soit les aumôneries, enseignants dans les écoles catholiques et mouvements de jeunesse, a ajouté Jean-Marc Sauvé en rendant publiques devant la presse les conclusions de la commission qu'il préside. Au total, près de 3% des religieux seraient concernés par ces actes pédocriminels.

Afin d'établir ce rapport, Jean-Marc Sauvé s'est entouré d'anthropologues, de sociologues, de psychologues, de médecins ou encore de magistrats tous chargés de recenser les abus sexuels dans l'Église et d'en comprendre les mécanismes. La commission d'enquête, soulignant "l'indifférence cruelle" de l'Église et un phénomène au "caractère systémique", propose de "reconnaître la responsabilité de l'Église".

Une "réparation" financière pour les victimes

L’Église catholique a manifesté "jusqu'au début des années 2000 une indifférence profonde, et même cruelle à l'égard des victimes" de pédocriminalité, a affirmé le président de la commission d'enquête, Jean-Marc Sauvé. Depuis 1950, "les victimes ne sont pas crues, entendues, on considère qu’elles ont peu ou prou contribué à ce qui leur est arrivé".

À lire aussi

"Le premier (principe directeur recommandé par la commission) consiste à reconnaître la responsabilité de l’Église dans ce qui s'est passé depuis les origines", poursuit Sauvé. C'est pourquoi il recommande aujourd'hui une "réparation" financière pour les victimes de pédocriminalité dans l'Église française. "Il faut indemniser les préjudices subis par les victimes en dehors même de toute faute identifiée, caractérisée de l'Église".

Face à ce constat, l'épiscopat, qui regroupe l'ensemble des évêques de France, exprime "sa honte et son effroi" et demande "pardon". "Mon désir en ce jour est de vous demander pardon, pardon à chacune et chacun", a déclaré Mgr de Moulins-Beaufort devant la presse, ajoutant que la voix des victimes "nous bouleverse, leur nombre nous accable".

De son côté, un collectif d'associations de victimes de pédocriminels dans l'Église catholique attend une réponse concrète. "(Les associations) attendent des réponses claires et tangibles de la part de l'Église de France, par le biais de la Conférence des Evêques de France et la Conférences des religieux et religieuses de France", peut-on lire dans un communiqué signé par six collectifs et deux victimes de violences sexuelles, dont François Devaux, cofondateur de l'association "La parole Libérée", à l'origine des affaires Preynat et Barbarin. 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/