2 min de lecture Attentat

Paris : "Il y a 15 policiers suivis pour radicalisation", selon le député Éric Diard

INVITÉ RTL - 36 heures après la tuerie à la préfecture de police de Paris, Eric Diard, député Les Républicains et co-auteur d'un rapport sur la radicalisation au sein des forces de l'ordre, dénonce des failles dans le système de renseignement.

micro générique L'invité RTL du week-end Stéphane Carpentier iTunes RSS
>
En France, une cinquantaine de policiers "sont suivis pour radicalisation", déplore Éric Diard Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Carpentier-795x530
Stéphane Carpentier

Jeudi 3 octobre, un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris pénétrait dans son bâtiment de travail et poignardait à l'arme blanche quatre de ses collègues, qui sont décédés. Après 24 heures de flottement et alors que les enquêteurs semblaient d'abord vouloir privilégier une affaire personnelle, l'enquête a finalement été confiée au parquet national antiterroriste.  

Un moment d'hésitations qu'Éric Diard, député Les Républicains et co-auteur d'un rapport sur la radicalisation au sein des forces de l'ordre, explique par un manque de communication entre les équipes de la préfecture de police, la place Beauvau et les renseignements. "Moi, j'avais les éléments. Mes sources me donnaient des choses concrètes, selon lesquelles l'individu était radicalisé (...) Je pense que le gouvernement n'a pas voulu aller trop vite, ou alors que les renseignements sont arrivés trop tardivement, et c'est ce qui a donné une impression de cafouillage".

Alors que le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait déclaré que l'assaillant ne faisait l'objet d'aucun signalement, Éric Diard confirme qu'il y avait bien des signes avant-coureurs. "En 2015, il faisait l'apologie des attentats, et refusait de serrer la main à ses collègues de travail. Il avait des signes de radicalisation".

Des failles dans le renseignement

Alors qu'Éric Ciotti, députés Les Républicains, réclame ce samedi matin une commission d'enquête parlementaire, et qualifie le ministre de l'Intérieur "d'incompétent", Éric Diard confirme qu'il est sur la même longueur d'onde : "Je ne vais pas juger le ministre de l'Intérieur. Mais moi aussi je souhaite qu'il y ait une commission d'enquête à ce sujet, parce qu'à mon avis, il y a eu des failles dans le renseignement".

À lire aussi
Un surveillant pénitentiaire dans une prison (illustration). terrorisme
Les infos de 6h - Terrorisme : le procès de Bilal Taghi s'ouvre ce mardi 19 novembre

"Ce qui m'inquiète, c'est comment une personne, qui semblait présenter des signes de radicalisation, pouvait se trouver encore à un poste aussi sensible que les renseignements de la préfecture de police de Paris ?".

Une cinquantaine de policiers suivis pour radicalisation

Une question que tous les Français se posent. D'autant qu'en France, une cinquantaine de policiers sont suivis pour des faits de radicalisation. "Au niveau des policiers, sur 150.000 policiers, il y en a une trentaine susceptibles d'être radicalisés. Au niveau de la préfecture de police, sur les 43.000 agents, 15 sont surveillés pour radicalisation", explique Éric Diard, avant d'ajouter que l'assaillant "n'était pas dans les écrans radars".

Pour le député, le virage de la lutte contre le terrorisme a été pris par l'État en 2015, même si ce dernier "a toujours un train de retard". Selon lui, "l'État s'adaptait mais il y avait des failles dans le système, et notamment dans la surveillance et le criblage. Aujourd'hui, il y a encore des individus qui ne sont pas sous surveillance".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Attentat Terrorisme Jihadisme
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants