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Marseille : "4, 5, 6 réseaux majeurs" tiennent le trafic de drogue, analyse la préfète de police des Bouches-du-Rhône

INVITÉE RTL - Face au trafic de stupéfiants et aux vendettas meurtrières, Frédérique Camilleri et ses équipes multiplient les actions pour affaiblir un réseau qui évolue sans cesse.

La ville de Marseille (illustration)
La ville de Marseille (illustration)
Crédit : BORIS HORVAT / AFP
Marseille : "4, 5, 6 réseaux majeurs" tiennent le trafic de drogue, analyse la préfète de police des Bouches-du-Rhône
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Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

C'est une hydre que cherche à abattre avec beaucoup de difficulté la police et la justice : le trafic de drogue à Marseille. Un business qui s'accompagne de violences : trois morts par balles ce week-end à Marseille, dans le même arrondissement. Un mort par balles tous les 10 jours depuis le début de l'année. 

Voici la situation que doit gérer Frédérique Camilleri, la préfète de police des Bouches-du-Rhône, invitée de RTL Soir ce 3 octobre 2022. Ces meurtres du week-end sont-ils tous liés au trafic de drogue ? L'une des victimes, âgée de 21 ans, n'avait pas de casier lié aux stupéfiants, donc on s'interroge. "C'est encore un peu tôt pour être formel, mais on a de bonnes raisons de penser que ces deux assassinats ont été commis sur fond de trafic de stups, remarque la préfète. Ça se passe dans un quartier qui est la proie de vraies tensions entre différentes équipes de stupéfiants pour le contrôle d'un point de deal."

Des saisies d'armes record

Cette violence, pose, bien entendu, la question de la circulation des armes. 17 balles de kalachnikov tirées pour abattre ce jeune homme de 21 ans, samedi soir. On se demande comment ces fusils d'assaut peuvent circuler comme ça. "Il y a une propagation des armes dans tous les échelons des trafics, alors qu'il y a quelques années encore, c'était l'apanage des hauts trafiquants, des chefs de clans. Aujourd'hui, il n'est pas rare de constater que sur les points de deal, y compris auprès des petites mains, il y ait des armes, y compris des armes de guerre. Donc c'est pour ça que nous intensifions la lutte contre les armes en circulation à Marseille avec des résultats", indique Frédérique Camilleri

On a doublé le nombre d'armes saisies à Marseille par rapport à l'année dernière, qui était déjà une année malheureusement un peu faste dans ce domaine-là. Donc, on s'attaque aux armes en circulation, dit-elle. Et puis on continue à harceler les points de deal et à faire des enquêtes approfondies, mais qui prennent plus de temps pour démanteler les équipes de trafiquants et les équipes de tueurs auxquelles ils recourent."

Et la préfète de continuer : "On a 36 points de deal qui ont été fermés depuis 18 mois dans les Bouches-du-Rhône, essentiellement à Marseille. On a également une augmentation continue depuis 18 mois du nombre de trafiquants interpellés, une augmentation de 30% l'année dernière, une augmentation encore de 30% cette année. Donc, en termes d'activité policière, de lutte contre les trafics, il y a une vraie activité et des résultats inédits. Mais c'est un trafic qui génère encore beaucoup d'argent, donc beaucoup de convoitise".

À quoi ressemble la toile du stup' à Marseille ?

Qui alors tient le trafic aujourd'hui à Marseille ? Nos collègues de La Provence disent qu'aujourd'hui, il y a plus de points de deal que de bureaux de poste. L'image est assez effrayante. Est-ce qu'on a des dizaines, des centaines de petits trafiquants qui tiennent les points de deal ou est-ce que ce sont des points de deal qui sont aux mains de quelques mafias très puissantes et très implantées dans la région ?

"On lutte contre des dizaines de points de deal qu'on harcèle avec la technique du pilonnage, c'est-à-dire des actions répétées quotidiennes, précise Frédérique Camilleri. Et on lutte, c'est un travail de plus longue haleine, par des enquêtes judiciaires qui nécessitent du temps contre ces têtes de réseau. Il n'y a pas beaucoup de réseaux majeurs à Marseille, sans doute quatre, cinq, six. C'est un oligopole qui contrôle une grande partie des points de deal les plus rentables et qui sont engagés dans des vendettas entre eux, qui suscitent ces morts violentes, qui vont équiper des équipes de tueurs pour aller éliminer les concurrents ou leur faire peur avec des fusillades ou des tirs en l'air. 

"Le trafic est contrôlé par peu de têtes de réseaux, mais qui s'appuie sur une des ramifications très importantes de nombreuses petites mains : de charbonneurs, de guetteurs, de petits dealers. Et c'est un système qui est extrêmement bien organisé mais très pyramidal", conclut-elle. 

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