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Mali : 9 Français portent plainte pour "escroquerie" lors de leur adoption

Neuf Français ont déposé plainte pour "escroquerie" et "abus de confiance" contre une association et une de ses ex-responsables.

Les pieds d'un nourrisson dans les mains dans adulte. (illustration)
Les pieds d'un nourrisson dans les mains dans adulte. (illustration) Crédit : Eric Froehling / Unsplash
Youen
Youen Tanguy et AFP

Les faits se seraient produits entre 1989 et 1996. Neufs Français, nés au Mali entre 1984 et 1993, ont déposé plainte à Paris pour "escroquerie" et "abus de confiance" contre une association d'aide à l'adoption, Le Rayon de soleil de l'enfant étranger (RSEE), et une ancienne responsable locale, Danielle B. Ils estiment que leur adoption dans ce pays s'est faite dans des conditions frauduleuses 

"L'association a dupé les parents biologiques maliens (...) et les parents adoptifs français par un ensemble de manoeuvres ayant convaincu les premiers de signer un acte valant décharge définitive de leur autorité parentale sur leur enfant et les seconds de régler des frais d'adoption pour un enfant qu'ils pensaient adopter légalement en France", dénoncent Me Noémie Saidi-Cottier et Me Joseph Breham, avocats des plaignants. 

Selon leur plainte, révélée par Le Monde et TV5 Monde, l'association et sa responsable laissaient ainsi penser aux parents adoptifs et à la justice française, via des déclarations viciées, que les parents biologiques consentaient à abandonner ces enfants. 

Ils permettaient ainsi le prononcé par les tribunaux français d'adoptions plénières alors même que, selon les plaignants, des juridictions maliennes n'avaient autorisé que des adoptions temporaires, conformément à une disposition prévue dans la loi malienne sous le nom "d'adoption-protection". 

D'autres plaintes pourraient suivre

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Les parents biologiques, souvent de condition très modeste, pensaient donc que ces adoptions ne dureraient que le temps des études de leurs enfants, et que ceux-ci reviendraient par la suite. Au bout de quelques mois ou années, selon la plainte, ils perdaient tout contact avec leur enfant. Dans d'autres cas, l'enfant était directement présenté comme abandonné à la justice malienne, qui prononçait leur adoption pleine, confirmée ensuite par la justice française. 

Des soupçons autour de cette association, d'une autre de ses antennes locales et d'ex-collaborateurs de Danielle B. avaient déjà été relayés par des médias maliens dans les années 90. D'autres plaintes venant d'autres enfants adoptés pourraient suivre, a indiqué mercredi Me Joseph Breham. 

Sur son site internet, RSEE "réfute toute participation à quel titre que ce soit à un trafic d'être humain, et tient à la disposition de la justice l'ensemble des documents et pièces relatives à ces adoptions. L'association se réserve le droit d'intenter toute action afin de préserver ses droits et ceux de ses membres."

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