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"Vente de la Coupe du monde" : la Fifa retire le projet controversé de Gianni Infantino

Le dossier sulfureux de privatisation d'une partie de la Coupe du monde, mené par le président de la Fifa Gianni Infantino, ne verra pas le jour après la fronde de nombreuses fédérations internationales.

Le président de la Fifa Gianni Infantino, à l'initiative du projet controversé de l'ouverture du capital de la Coupe du monde à des investisseurs privés.

Crédit : Florencia Tan Jun / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Alexis Lalemant

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La privatisation, c'est non. Du moins, pour l'instant. Face au tollé provoqué par le sulfureux projet de vente de parts, via une ouverture de son capital aux investisseurs privés, de ses activités dont la Coupe du monde, la Fifa fait finalement machine arrière. 

Dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août, l'instance du football mondial a communiqué sur les réseaux sociaux en annonçant, par la voix du président Infantino, que la "proposition ne sera pas poursuivie". 

"Le projet 'Fifa Forward Enterprise' (FFE) visait à renforcer davantage nos associations membres et notre sport à travers le monde, en particulier dans les pays où le soutien est le plus nécessaire, assure Gianni Infantino dans son communiqué de presse. Après avoir attentivement écouté tous les avis, il est apparu clairement que ce projet a suscité des divisions telles que, quel que soit le niveau de soutien, il ne sert plus l'objectif initialement fixé."

Le projet mort-né de privatisation, via la création de la FFE, une société censée chapeauter la gestion totale des droits commerciaux des activités de la Fifa et dont une partie aurait été vendue à un fonds d'investissement présidé par un proche de Donald Trump, a provoqué un séisme dans le football mondial. 

Infantino sous le feu des critiques

Plusieurs confédérations comme l'Uefa (Europe), la Concacaf (Amérique du Nord, Centrale et les Caraïbes) ou encore l'AFC (Asie) avaient annoncé leur opposition. Les fédérations européennes avaient même menacé de boycotter toutes les compétitions de la Fifa en cas de validation du projet. 

Accusé de mener le projet seul, sans consultation préalable des différentes parties concernées, Gianni Infantino a essuyé de nombreuses critiques au cours des derniers jours. Carlos Cordeiro, l'ex-conseiller principal du président de la Fifa, a même démissionné de son poste à la suite du scandale.

En parallèle, le numéro 3 de l'instance, le Français Kévin Lamour, a lui aussi mis sa place dans la balance, expliquant dans le même temps auprès de L'Equipe que "ce qui a été annoncé ces derniers jours et ce qui s’est passé en coulisses ces derniers mois dépasse l’entendement".

"Pour le dire très clairement : le projet qui a suscité tant de polémiques et de débats n’est pas un projet de la Fifa. C’est encore moins un projet de l’administration de la Fifa. C'est le projet d'une seule personne", a déclaré Kévin Lamour. 

La Coupe du monde à 64, prochain dossier brûlant de la Fifa

Reste à savoir désormais si Gianni Infantino compte définitivement en rester là, lui qui souhaitait "libérer le potentiel commercial" de la Coupe du monde, ou s'il reviendra de nouveau à la charge avec un projet édulcoré et davantage soutenu par certaines confédérations.

"Pour la suite, mon intention est de réunir à nouveau toutes les parties intéressées dans les jours et semaines à venir, dans un esprit d'intérêt commun pour notre discipline et avec pour objectif de continuer à développer le football partout, notamment dans les pays qui ont le plus besoin de notre soutien", écrit ainsi le dirigeant suisse en conclusion de son communiqué de presse. 

Candidat à sa propre réélection à la tête de la Fifa en mars 2027, et même s'il reste le grandissime favori pour rempiler, Gianni Infantino devra donc rassurer ses électeurs après cette tempête qu'il a lui-même provoquée. Prochaine étape à l'odeur de soufre pour le président : l'élargissement de la Coupe du monde à 64 nations. Le 14 août prochain, la Fifa doit mandater une agence chargée d'analyser la faisabilité du projet avant de rendre un avis le 11 septembre. La Fifa devra ensuite décider de la réalisation, ou non, de ce nouveau projet vivement critiqué sur la planète foot. 

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