3 min de lecture

L'un des plus anciens "cold cases" français : le procès de "la petite martyre de l'A10" s'ouvre 39 après les faits

Le procès des parents d'Inass Touloub, surnommée "la petite martyre de l'A10", s'ouvre à Blois près de 39 ans après la mort de cette fillette de 4 ans retrouvée en 1987.

Les parents de la fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l'autoroute A10 comparaissent devant la cour d'assises du Loir-et-Cher à Blois, 39 ans après les faits.

Crédit : Guillaume SOUVANT / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Les parents de la fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l'autoroute A10 comparaissent à partir de lundi devant la cour d'assises du Loir-et-Cher à Blois, 39 ans après les faits. Ce procès, qui doit durer jusqu'au 18 novembre, marque l'aboutissement d'un des plus anciens "cold cases" français, objet de plusieurs livres et séries documentaires.  

La mère d'Inass Touloub, surnommée "la petite martyre de l'A10" en raison des nombreuses traces de sévices découvertes sur son corps, doit être jugée pour "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort" sans intention de la donner, tandis que le père sera jugé pour "complicité". 

Âgés respectivement de 72 et 74 ans, ils encourent tous deux la réclusion criminelle à perpétuité. 

L'INTÉGRALE - Inass Touloub : la martyre de l'A10

L'heure du Crime

Découvrir l'émission

Des brûlures dues à un fer à repasser

L'affaire démarre le 11 août 1987 avec la découverte de la dépouille mutilée de la fillette dans un fossé de l'A10 par deux agents de l'autoroute à Suèvres, village du Loir-et-Cher entre Orléans et Tours. 
Personne n'avait signalé sa disparition. 

Le mystère sur l'identité de la victime et les auteurs du crime, non élucidé pendant plus de 30 ans, ont longtemps alimenté la chronique judiciaire. 

Le corps portait des traces de violences, dont des brûlures dues à un fer à repasser et des cicatrices liées à des morsures humaines, attribuées à une femme, selon les constatations des médecins légistes consultées par l'AFP. 

Le plus grand appel à témoins jamais initié en France

A court de pistes, la gendarmerie avait lancé le plus grand appel à témoins jamais initié en France pour tenter d'identifier la fillette. Son signalement avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans 65.000 écoles et 30.000 mairies. 
 
Deux ordonnances de non-lieu rendues en 1991 et 1997 après des recherches infructueuses avaient laissé cette affaire non résolue. 

Mais, en 2018, plus de 30 ans après les faits, les enquêteurs parviennent à remonter jusqu'aux parents, grâce à un prélèvement ADN effectué sur le frère de la victime dans une affaire de violences. La comparaison avec le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) révèle une correspondance avec des traces ADN retrouvées sur les vêtements de la petite Inass et sur la couverture dans laquelle elle était enveloppée.  

La victime est identifiée et ses parents interpellés en juin 2018. 

Des actes "volontaires, nombreux et échelonnés dans le temps"

Il faudra pourtant attendre huit ans de plus avant la tenue du procès. Plusieurs recours des parents et du parquet de Blois contre l'ordonnance de mise en accusation du juge d'instruction ont retardé la procédure. 

En septembre 2024, la Cour de cassation a finalement ouvert la voie à un procès et validé les chefs d'accusation initiaux. 

Halima El Bakhti, la mère, devra répondre d'actes "volontaires, nombreux et échelonnés dans le temps" ayant conduit à la mort de sa fille, selon un rapport des enquêteurs consulté par l'AFP. Son mari, Ahmed Touloub, est, lui, soupçonné d'avoir eu "connaissance des violences" exercées par sa femme et sera jugé pour "complicité". 

Pendant leur garde à vue, les parents, qui ont eu au total sept enfants, dont Inass, n'ont pas reconnu être les auteurs des violences ayant entraîné la mort de leur fille, s'accusant mutuellement de violences conjugales. 

"Une première étape pour redonner un peu de dignité à cette fillette"

La petite Inass, qui serait aujourd'hui âgée de 43 ans, repose au cimetière de Suèvres, près du lieu de la découverte du corps. Les habitants de la commune continuent d'entretenir et de fleurir sa tombe régulièrement. 

Le procès "est une première étape pour redonner un peu de dignité à cette fillette qui a perdu son identité", a estimé auprès de l'AFP Agathe Morel, avocate de l'association Enfance et partage. Quelque 80 journalistes ont été accrédités. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée