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Meurtre de Ghislaine Leclerc : comment le gendre de la quinquagénaire est passé de principal suspect à acquitté

PODCAST - En août 2010, Ghislaine Leclerc est retrouvée morte par son ex-mari et ses filles à son domicile en Saône-et-Loire. Qui a pu en vouloir à cette quinquagénaire ? Très vite, son gendre devient le principal suspect. "Enquêtes criminelles" revient sur une enquête sans arme du crime, sans aveu et sans preuve décisive avec le témoignage de celui qui a été le principal suspect.

L'entrée d'une cour d'assises (Illustration)

Crédit : PASCAL GUYOT / AFP

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Virginie Henaff

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Le 28 août 2010, Ghislaine Leclerc, 57 ans, est retrouvée morte gisant dans une marre de sang à son domicile de Saône-et-Loire. La mère de famille a été abattue de quatre balles. Très vite, les enquêteurs privilégient la piste d'un crime prémédité. Sur place, il n'y a aucune trace ADN, aucune arme retrouvée, et les clés ont été jetées dans un buisson pour retarder la découverte du corps.

Les enquêteurs estiment que le tueur est un habitué des lieux. Dans un premier temps, les soupçons se portent sur l'entourage sentimental de la victime célibataire. Son dernier mari, avec qui le divorce était conflictuel, est entendu. Son premier mari, condamné autrefois pour un double meurtre, est lui aussi convoqué. Mais tous deux disposent d'alibis solides. 

L'enquête est ensuite dirigée vers Sylvain Schrutt, le compagnon de la fille aînée de Ghislaine Leclerc qui est le dernier à l'avoir vue vivante. Le gendre affirme d'abord être resté chez lui, en Alsace, la nuit du crime. L'analyse de sa téléphonie le situe pourtant près du domicile de la victime au moment des faits. Placé en garde à vue, il change alors de version. Il assure avoir découvert le corps de sa belle-mère, puis avoir fui, paniqué, sans prévenir personne. 

Dans Enquêtes criminelles, celui qui a été le principal suspect de cette affaire a accepté de témoigner, comme les proches de la victime et les avocats qui ont travaillé sur ce dossier.

Il y a quelqu'un qui l'a tuée. Mais ce n'est pas moi l'assassin.

Sylvain Schrutt, gendre de la victime et anciennement le principal suspect

Ce mensonge, ajouté à son silence pendant 18 mois, le fragilise considérablement. Les enquêteurs découvrent aussi qu'il entretenait une relation secrète avec Emeline, la plus jeune fille de la victime, alors mineure au moment des faits. Pour l'accusation, Ghislaine Leclerc aurait pu découvrir cette liaison et menacer de la dévoiler.

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En 2014, Sylvain Schrutt est condamné à 18 ans de réclusion criminelle devant une cour d'assises. "Moi, je n'ai pas tué Ghislaine. Il y a quelqu'un qui l'a tuée. Mais ce n'est pas moi l'assassin. Ils vont bien finir par s'en rendre compte", se répète l'accusé face aux juges.

Il fait appel de cette décision et, un an plus tard, ses avocats soulignent les failles du dossier : pas d'arme, pas de preuve matérielle, pas de mobile établi avec certitude. Le 2 octobre 2015, la cour d'assises de Besançon décide d'acquitter le gendre de la victime, au bénéfice du doute.

Douze ans après les faits, le mystère reste entier. Pour la famille de Ghislaine Leclerc, une question demeure sans réponse : qui a tué leur mère ? "On a assassiné notre maman, mais personne n'est coupable ? Ce n'est pas possible !", déplore l'une des filles de la victime qui espère que l'enquête sera relancée un jour.

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