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"J'étouffe" : plus de six ans après la mort de Cédric Chouviat, le procès de trois policiers s'ouvre ce lundi

En janvier 2020, Cédric Chouviat est mort après un contrôle routier qui a dégénéré. Des policiers l'ont plaqué au sol alors qu'il assurait ne pas pouvoir respirer. Trois d'entre eux sont jugés à partir de lundi 26 octobre pour homicide involontaire.

Un hommage à Cédric Chouviat rendu le 3 janvier 2025 à Paris. L'homme est mort lors d'une arrestation policière en 2020.

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Mort de Cédric Chouviat : le procès de trois policiers s'ouvre ce lundi, près de sept ans après sa mort

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Plana Radenovic & AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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Il a répété neuf fois qu'il était en train d'étouffer. Près de sept ans après la mort de Cédric Chouviat, le procès de trois policiers s'ouvre ce lundi 26 octobre à Paris. Ils sont jugés pour l'homicide involontaire de ce livreur de 42 ans, décédé en janvier 2020, après avoir été plaqué au sol. 

Tout est parti d'un contrôle routier. Le 3 janvier 2020 vers 10h, les policiers en patrouille repèrent un homme à scooter, un téléphone à la main. Ils décident de le contrôler, quai Branly à Paris tout près de la tour Eiffel. Rapidement l'ambiance dégénère : Cédric Chouviat insulte les policiers, ces derniers répondent par des propos "grossiers, inappropriés", qualifient les magistrats. 

Un comportement "négligent" des policiers

Les forces de l'ordre veulent alors interpeller le livreur pour outrage. L'homme de 100 kilos résiste, les policiers le plaquent au sol, menotté. La scène est filmée par les caméras de vidéosurveillance, par Cédric Chouviat lui-même et par l'un des quatre policiers en partie. L'homme de 42 ans dit "j'étouffe" neuf fois avant de s'effondrer. Il meurt deux jours plus tard à l'hôpital. 

Les policiers "ont agi dans le cadre d'une interpellation difficile sur un axe de grande circulation", précise à l'AFP Me Pauline Ragot, l'une des avocates de deux des policiers mis en cause, Michaël P. et Arnaud B. Cette interpellation était "légitime", selon elle. "À aucun moment, ils n'ont pu percevoir sa détresse physique ; à défaut, le policier qui tentait de le maîtriser aurait évidemment relâché sa prise", fait-elle valoir. 

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À l'inverse, la Défenseure des droits avait estimé, dans une décision rendue publique en avril 2026, que les policiers avaient eu un "comportement non adapté, négligent et imprudent". 

La famille conteste la qualification d'homicide involontaire

Mais ce procès n'est pas celui qu'espérait la famille de Cédric Chouviat pour qui la mort de l'homme n'est pas un homicide involontaire. Mais l'enquête judiciaire n'a pas permis de contredire la version des policiers qui répètent ne pas avoir entendu les mots de détresse de Cédric Chouviat. Ni l'expert ORL missionné pour dire si les propos des policiers étaient scientifiquement crédibles, ni la reconstitution n'ont permis de prouver quoi que ce soit. 

De son côté, la famille plaide que dans l'attitude des policiers, tout est volontaire et qu'ils auraient pu, ils auraient dû s'arrêter avant le drame. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'elle demandera ce lundi le renvoi de cette affaire devant une cour criminelle. 

Me Arié Alimi, l'un des avocats de la famille du livreur, a mentionné une "hérésie judiciaire", lors d'une conférence de presse vendredi à la Ligue des droits de l'Homme (LDH). Comment considérer qu'"étrangler debout, étrangler au sol (...) l'entendre dire 'Je m'étouffe, je m'étouffe', continuer à l'étouffer et à l'écraser... c'est quelque chose qui n'est pas volontaire ?", s'est-il interrogé, entouré de la famille de Cédric Chouviat.  

"J'ai une colère", assure le père de Cédric Chouviat

"Les parties civiles ont déjà multiplié les incidents (demandes procédurales NDLR) (...) pour soulever l'incompétence du tribunal et tenter de monopoliser le débat judiciaire en muselant la défense des policiers", a estimé de son côté Me Laurent-Franck Liénard, l'avocat d'un des principaux mis en cause, qui compte également demander le renvoi de l'audience "afin que chacun puisse sereinement s'exprimer".  

Les avocats de la famille comme ceux de la défense estiment à l'unisson que la durée des débats, prévus sur deux demi-journées, est largement insuffisante. "J'ai une colère envers ces quatre individus (trois des quatre policiers sur place sont poursuivis, NDLR). Elle n'engage que moi et elle ne s'arrêtera jamais. Et je mourrai avec", a résumé Christian Chouviat, père de Cédric, dans les locaux de la LDH. 

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