3 min de lecture

"Il n'est pas question d'accepter cette décision" : Olivier Bouygues condamné à deux ans de prison avec sursis pour destruction d'espèces oiseaux protégés

Le tribunal correctionnel d'Orléans a condamné Olivier Bouygues à deux ans de prison avec sursis, 750.000 euros d'amende et trois ans de retrait de permis de chasse pour destruction d'oiseaux protégés sur son domaine en Sologne. Le milliardaire, qui conteste toute responsabilité, a annoncé faire appel d'une décision saluée par les associations de défense animale et de l'environnement.

L'homme d'affaires Olivier Bouygues lors de son procès devant le tribunal correctionnel d'Orléans pour la destruction d'espèces d'oiseaux protégées sur son domaine de chasse dans la forêt de Sologne, le 7 septembre 2026.

Crédit : Alain JOCARD / AFP

AFP

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Le milliardaire Olivier Bouygues a été condamné vendredi 23 octobre à deux ans de prison avec sursis et 750.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel d'Orléans pour destruction d'espèces d'oiseaux protégées sur son domaine de chasse en Sologne. L'avocat d'Olivier Bouygues, qui a toujours contesté les faits, a immédiatement annoncé son intention de faire appel. "Il n'est pas question d'accepter cette décision", qui n'est "pas définitive", a déclaré Me Eric Grassin à des journalistes.

Jugé début septembre avec cinq prévenus, parmi lesquels le régisseur et des gardes-chasse de son domaine de Fontenaille, d'une superficie de 650 hectares à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret), Olivier Bouygues a également été condamné au retrait de son permis de chasse pendant trois ans. Tous ses coprévenus ont aussi été condamnés vendredi, avec des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis, des amendes et des retraits temporaires du permis de chasse.

Le tribunal d'Orléans a retenu dans son jugement "l'existence d'un préjudice écologique" dont les six prévenus se sont rendus "entièrement responsables". A ce titre, il les a condamnés à verser solidairement 40.000 euros à neuf associations chacune, soit un total de 360.000 euros. Environ 70% de cette somme est à la charge d'Olivier Bouygues.

Une condamnation jugée exemplaire par les associations

Avocate de la Fondation 30 millions d'amis, Me Caroline Lanty a jugé la condamnation "très satisfaisante", estimant que le tribunal a pris la mesure de "l'atteinte aux animaux, à la nature et à l'écologie en prononçant des peines qui sont proches des réquisitions du parquet". 

À lire aussi

Durant l'audience de septembre, la procureure de la République d'Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, avait décrit des méthodes "interdites" et "barbares" employées par les prévenus, dénonçant une atteinte "majeure" à la biodiversité.

Le motif des destructions "est connu, assumé par certains : préserver les parties de chasse organisées régulièrement en enlevant les prédateurs du petit gibier", avait fustigé la magistrate, détaillant une "organisation qui perdure" au fil des années avec à sa tête "le même propriétaire".

Des cadavres d'animaux retrouvés sur le domaine

Les réquisitions du parquet avaient été jugées "excessives" par l'avocat du milliardaire qui avait demandé l'annulation de la procédure et critiqué "une construction intellectuelle qui consiste à dire que l'employeur était au courant". Olivier Bouygues a toujours contesté toute responsabilité dans cette affaire, évoquant à l'audience sa "surprise" au moment où il a été informé de l'ouverture d'une enquête l'année dernière.

"J'ai d'autres chats à fouetter que de gérer au quotidien" les affaires de la propriété, avait-il affirmé à la barre. À la suite d'une dénonciation anonyme, les enquêteurs ont découvert sur le domaine de Fontenaille des "cadavres d'animaux en décomposition avancée", selon un membre de l'Office français de la biodiversité (OFB).

Les photos d'un charnier, diffusées à l'audience, montraient plusieurs cadavres d'animaux baignant dans leur sang, parmi lesquels des faucons crécerelles, des grandes aigrettes, des busards, des buses variables ou encore des grands cormorans.
M. Bouygues, 76 ans, a martelé n'avoir "jamais vu" ce charnier, tout en reconnaissant en connaître l'existence et préférant parler de "fosse écologique".
Outre les oiseaux, des chats ont aussi été tués.

Une pratique "ancrée" en Sologne, selon les prévenus

Les enquêteurs ont retrouvé des armes, une pelleteuse ou une centaine de pièges à mâchoires, interdits depuis 1995, ainsi que des documents listant les espèces à éliminer et retraçant les destructions déjà réalisées depuis des années. En contrepartie, des primes d'une centaine d'euros étaient versées.
Selon les déclarations du régisseur du domaine, M. Bouygues "ne voulait pas que ça soit rendu public".

L'un des prévenus a décrit une pratique "ancrée" en Sologne, deuxième massif forestier français et terrain de chasse très prisé des grandes fortunes.
Le régisseur du domaine a évoqué des "pratiques ancestrales", balayant toute "destruction" au profit d'une "régulation d'espèces qui menacent notre gibier ou notre poisson". Tous les prévenus ont rejeté la responsabilité de l'homme d'affaires dans les destructions.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée