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70.000 néo-retraités supplémentaires : comment la suspension de la réforme des retraites va faire bondir le nombre de départs en 2026

La suspension de la réforme des retraites entraîne un afflux de départs anticipés en 2026. Selon le patron de la CNAV, près de 70 000 néo-retraités supplémentaires sont attendus cette année, un surcoût évalué à 3,3 milliards d’euros pour des finances publiques déjà fragilisées.

La réforme des retraites. (Illustration)

Crédit : JOEL SAGET / AFP

Réforme Borne suspendue : les départs à la retraite bondissent de 10%

00:02:17

Réforme Borne suspendue : les départs à la retraite bondissent de 10%

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Pierre Herbulot

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Le nombre de départs à la retraite bondit cette année. Dans un entretien aux Échos, Paul Bazin, le patron de la CNAV, la Caisse nationale d’assurance retraite, annonce une hausse de près de 10% en 2026. Cela représente 70.000 néo-retraités supplémentaires, pour un total attendu de plus de 900.000 départs sur l’ensemble de l’année.

Cette accélération ne s’explique pas par la seule pyramide des âges. Elle est directement liée à la suspension de la réforme des retraites. Ce texte, porté à l’époque par Élisabeth Borne, a été mis sur pause après un compromis politique conclu en janvier 2026 par le gouvernement de Sébastien Lecornu avec les socialistes, afin de faire adopter le budget.

Une réforme suspendue, pas supprimée

Il faut le rappeler : la réforme des retraites n’a pas été abrogée. Elle est simplement suspendue jusqu’à l’an prochain. Son avenir dépendra de la future majorité issue de l’élection présidentielle.

Avant cette suspension, la réforme prévoyait deux changements majeurs : un allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein, et un report progressif de l’âge légal de départ à 64 ans. Sa mise en pause change donc concrètement la donne pour une partie des assurés.

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Les personnes nées entre 1964 et 1968 peuvent ainsi partir jusqu’à trois mois plus tôt que prévu. Comme la suspension s’applique depuis septembre, ses effets se font déjà sentir dans les caisses de retraite. Selon les éléments avancés, cette hausse des dossiers avait été anticipée, ce qui écarte à ce stade le risque de retard dans le versement des pensions.

Un coût immédiat pour les finances publiques

Ce coup d’accélérateur sur les départs a toutefois un prix. Ces retraites liquidées plus tôt que prévu représentent déjà 3,3 milliards d’euros de manque à gagner pour les caisses publiques. Et le phénomène ne devrait pas s’arrêter là : d’autres départs anticipés sont attendus mécaniquement au premier semestre de l’an prochain.

Derrière ces 70.000 départs supplémentaires, il y a donc un effet budgétaire immédiat. L’État voit ses marges se réduire encore un peu plus, alors même que la situation financière du système de retraite est déjà dégradée.

Un déficit appelé à se creuser

Le déséquilibre est connu : d’un côté, le nombre de retraités augmente avec le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie. De l’autre, le nombre de cotisants progresse moins vite, dans un contexte marqué par la baisse de la natalité.

Résultat, le déficit se creuse. Il atteignait 2 milliards d’euros en 2024. Il est évalué à 5 milliards cette année, puis à 7 milliards en 2030. Et la trajectoire devient beaucoup plus lourde à long terme si rien ne change : 25 milliards d’euros de déficit annuel en 2045, puis 90 milliards en 2070.

La question des retraites revient donc au centre du débat public, avec une pression croissante sur les responsables politiques appelés à se positionner sur l’avenir du système.

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