2 min de lecture Justice

L'école nationale de la magistrature, une école de passionnés

À l'heure où plusieurs personnalités politiques s'attaquent avec véhémence au métier de magistrat, l'institution bordelaise forme ses nouvelles recrues dans le souci de rendre la justice.

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L'école nationale de la magistrature, une école de passionnés Crédit Image : JEAN-PIERRE MULLER / AFP | Crédit Média : Élisabeth Fleury | Durée : | Date : La page de l'émission
Elisabeth Fleury et Clémence Bauduin

Comment peut-on vouloir être juge, à l'heure où certains candidats à la présidentielle n'hésitent pas à faire siffler les magistrats dans leurs meetings ? Jeudi 9 mars, en signe de soutien, le premier ministre Bernard Cazeneuve et le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas se sont rendus à l'École Nationale de la magistrature, à Bordeaux, pour rencontrer ceux que l'on appelle auditeurs de justice : les magistrats de demain. 

RTL a également fait connaissance avec certains de ces élèves, qui viennent de passer un an dans leur école et seront magistrats dans moins de deux ans. Motivés par leur magnifique école, aux murs épais, avec une tour médiévale, un hall immense, un grand amphi feutré... "La première impression quand on rentre ici est d'être très heureux et privilégié d'avoir réussi ce concours", raconte Elisa, 25 ans, qui vit un rêve éveillé. 

La justice, de toute façon, elle est violente.

Marie, future magistrate
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Pour l'heure, les jeunes pousses de magistrats ne savent pas vraiment ce qui les attend. Procureur, juge d'instruction, juge des enfants... Ils ont encore dix mois de stage pour en décider. Brice, Jean-Charles, Marie sont tous trois sont auditeurs, des élèves préoccupés par la façon dont ils vont exercer leur métier. "On est jeunes et on a en face de nous des situations très délicates auxquelles on n'a pas toujours été confrontés", dépeint avec lucidité Marie, la plus jeune du groupe.
  
Mais chacun a sa petite idée pour dépasser l'appréhension. "On n'a pas à se préoccuper de plaire ou de déplaire aux uns ou aux autres", affirme l'un d'entre eux. "Prendre une décision n'est jamais facile. La justice, de toute façon, elle est violente", poursuit Marie. "Notre légitimité vient de la façon dont on va exercer nos fonctions, de l'écoute que l'on va donner aux gens, de la place qu'on va leur laisser", poursuit leur camarade. 

"L'urgent est un peu l'ennemi d'une bonne justice."

Un élève de l'ENM
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Au départ, les élèves sont principalement confrontés à des exercices, et notamment à l'apprentissage du doute. "On a tous regardé une vidéo d'un braquage suivi d'un meurtre. On a tous eu à répondre à 'de quelle couleur était la chemise de l'agresseur ?', 'quelle était la plaque d'immatriculation, le type de véhicule ?' et l'on s'est rendu compte qu'on n'avait pas tous vu les mêmes choses", explique un élève. "L'une des premières qualités du magistrat c'est de se remettre en cause perpétuellement", a bien compris son camarade.

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À ce souci de bien faire s'ajoute une peur : celle de manquer de moyens. "Ça me fait très peur car l'urgent est un peu l'ennemi d'une bonne justice. J'ai peur que la rapidité avec laquelle les affaires s'enchaînent me fasse un jour manquer un détail qui ait des conséquences gravissimes", confie un futur magistrat, quand un autre dit craindre "la peur de l'automatisme" ou "la masse de devoir abattre du travail pas très bien fait".

Pour l'instant, les futurs magistrats disent ne pas se sentir très concernés par les sifflements de leurs pairs dans les foules des meetings. Sur cette question, leur directeur, Olivier Leurent, n'est pas spécialement tendre, lui non plus, à l'égard de sa propre institution. "Il faut que l'institution judiciaire soit capable de se remettre en cause, de rendre des comptes. Nous sommes là pour rendre des comptes, pas plus, pas moins", affirme-t-il. Dans quelques jours Brice, Jean-Charles et Marie se lanceront dans dix mois de stage en tribunaux.

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2017-03-11 08:46:00
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