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4 min de lecture
Image tirée du film "Amityville : La maison du diable" - 1980
Crédit : American International Pictures / Collection ChristopheL via AFP
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Mercredi 13 novembre 1974, autour de 18h30, un jeune homme affolé pousse la porte du Henry's Bar, un établissement sur Merrick Road, à Amityville, petite ville côtière à une bonne heure de New York. Butch DeFeo, 23 ans, se précipite vers une table d'habitués. À son meilleur ami, Bobby Kelske, il lance : "Aide-moi, on a descendu mon père et ma mère. Ils sont morts. Chez nous, à la maison".
Cinq personnes accompagnent Butch chez lui. Sa demeure n'est pas loin et nul ne peux la rater. C'est l'une des plus imposantes du coin. Deux fenêtres en demi-lune ressemblent à des yeux. Bobby Kelske entre le premier. "L'ambiance dans la maison est glaciale", indique l'auteur Grégory Périssé dans L'Heure du Crime, sur RTL. L'équipée pénètre dans la chambre des parents. Les corps de Ronald DeFeo et son épouse Louise gisent sur des lits jumeaux. Dans une autre chambre, les deux plus jeunes garçons de la famille, John et Marc, sont retrouvés morts. Idem pour les deux sœurs, Dawn et Allison.
Lendemain de la découverte des corps, Butch DeFeo est toujours au commissariat. Il a voulu lui-même rester à la disposition de la police. Malgré cette bonne volonté, l'inspecteur Dennis Rafferty, a des doutes. Il ne croit pas trop à l’hypothèse que Butch avance. Celle d'un règlement de comptes de la mafia italo-newyorkaise, sur fond de racket ou de magouilles financières. La balistique indique que l'arme du crime, introuvable, serait un fusil Marlin calibre 35. Une boite de munitions pour cette arme est retrouvée dans la chambre de Butch. Le jeune homme finit par avouer.
Quand on creuse le dossier, on se rend compte que la thèse diabolique ne tient pas vraiment
Stéphane Boudsocq, journaliste et coauteur du livre "L'Encyclopédie du crime au cinéma"
Lundi 18 novembre 1974, les six cercueils en acajou de la famille DeFeo sont alignés dans l'église. Un millier de personnes assistent aux funérailles. Seul manque le fils aîné, Butch, incarcéré à la prison de Riverhead. Il a raconté la nuit du massacre aux enquêteurs. Il s'était endormi devant un film de guerre. Une fois réveillé, il est remonté dans sa chambre prendre son fusil. Il a tiré sur tout le monde. Une douche plus tard, ses vêtements ensanglantés étaient jetés dans les égouts et sa carabine au fond de la rivière.
Moins d'un an après le massacre d'Amityville, Butch DeFeo comparait devant la cour criminelle du comté de Suffolk. À la barre, Butch DeFeo se montre très effrayant. Il a l'air de ricaner et déclare que des voix l'ont poussé à tuer. "Quelques semaines avant qu’il ne tue la famille, son père lui avait dit qu’il était possédé par le diable", complète Grégory Périssé. Le garçon est condamné à un total de 150 ans de prison pour les six crimes.
Jeudi 18 décembre 1975, la maison sanglante d'Amityville, comme on la surnomme dans le quartier, est vendue une poignée de dollars à la famille Lutz, un couple avec trois enfants. Ils n'y restent qu'un mois. Selon eux, le logement est hanté. Un prêtre appelé pour bénir l'endroit aurait été menacé par une voix lui demandant de quitter les lieux. Des phénomènes étranges sont décrits. Mais cette piste est-elle crédible ? "Quand on creuse le dossier, on se rend compte que la thèse diabolique ne tient pas vraiment", répond Stéphane Boudsocq, coauteur du livre L'Encyclopédie du crime au cinéma.
Jeudi 25 juin 1992, Butch DeFeo, 40 ans, comparait devant la commission de révision des condamnations. Il souhaite un autre procès. Il explique qu'en 1975, son avocat William Weber l'a contraint à jouer la folie. Le condamné livre un nouveau scénario dans lequel sa sœur Dawn aurait participé au massacre avec lui. Ils se seraient battus. Butch aurait tiré sur elle. Michael Ahern, patron de la brigade criminelle du Suffolk, ne croit pas à ces déclarations. Il n'y aura pas de nouveau procès.
En 1999, Butch DeFeo formule une demande de mise en liberté. Il déclare à nouveau que sa sœur Dawn est mêlée massacre. C'est elle qui aurait tiré sur tout le monde avec un pistolet. Butch l’aurait abattue pour que le massacre cesse. "On peut imaginer qu'il a changé de version parce qu'il ne pouvait plus supporter d'être responsable de la mort de ses frères et soeurs", suppose Grégory Périssé.
Vendredi mars 2021, Butch DeFeo, 69 ans, décède derrière les murs du pénitencier de Sullivan, au nord de New York. Les causes de la mort ne sont pas rendues publiques. Hollywood a rapidement repéré le cocktail explosif que pouvait constituer cette histoire de massacre sur fond de phénomènes paranormaux. Une première production sort en salles dès 1979. "Il y aura 23 films tirés de cette affaire", précise Stéphane Boudsocq. Des films qui ont fait de cette maison d'Amityville l'une des plus connues, et des plus terrifiantes, de la planète.
- Stéphane Boudsocq, rédacteur en chef adjoint à RTL et spécialiste du cinéma. Coauteur du livre L'Encyclopédie du crime au cinéma, avec Alain Bauer, aux éditions Gründ.
- Grégory Périssé, auteur du livre Petits meurtres en famille - 8 histoires vraies, aux éditions Hors Collection.
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