2 min de lecture Police

Tweet injurieux : Mathieu Kassovitz défend sa "bande de bâtards" au tribunal

L'acteur-réalisateur comparaissait jeudi pour un tweet de décembre 2017, dans lequel ils traitaient les policiers de "bande de bâtards".

Mathieu Kassovitz au Tribunal de Paris, le 23 mai 2019
Mathieu Kassovitz au Tribunal de Paris, le 23 mai 2019 Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

Des propos de "Malotru"... Mathieu Kassovitz était jugé jeudi 23 mai à Paris pour "injures publiques", à la suite d'un tweet de décembre 2017 dans lequel l'acteur et réalisateur traitaient les policiers de "bande de bâtards". Le réalisateur du film "La haine" affirme pourtant n'avoir pas voulu "blesser" des policiers qu'il "respecte". 

A l'audience, Mathieu Kassovitz justifie sa réaction outrée face à une inutile "vantardise", après une opération de recherche de stupéfiants à l'hôpital psychiatrique Saint-Jacques à Nantes. "Franchement, ils ont mobilisé 24 personnes pour obtenir 7g dans la chambre d'un patient qui n'attend que le soir pour fumer son petit joint pour éviter de prendre des médocs", ironise-t-il. 

Des "insultes" pour lesquelles il avait tweeté des excuses. Son "bande de bâtards" lancé à l'adresse de la police, lui a pourtant valu la plainte de 17 agents, qui réclament chacun 3.000 euros de dommages et intérêts. Le préfet Eric Morvan, directeur général de la police nationale, avait exprimé son "soutien" envers les policiers de Nantes ayant déposé plainte, ajoutant que "le commentaire est libre, bien sûr, mais l'insulte inutile".

La 'bande de bâtards', ce n'est pas une insulte, je l'utilise aussi pour les amis"

Mathieu Kassovitz
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L'acteur se désole de la "susceptibilité" des policiers, affirme que lui subit "des violences policières" depuis qu'il a 25 ans. "Moi, j'ai été éduqué beaucoup dans la rue. La 'bande de bâtards', ce n'est pas une insulte, je l'utilise aussi pour les amis", assure-t-il. Depuis "La Haine", il utilise le langage et l'image "pour faire réagir", pour "rétablir une discussion entre le citoyen et la police". 

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"Avec mes amis, on se bat pour que les jeunes respectent la police, mais pour ça, il faut que les policiers respectent les jeunes." Ses amis se comptent autant dans les banlieues de Paris que parmi les gradés de la police ou à la DGSE, où le succès de son rôle d'espion (Malotru) du "Bureau des Légendes" en a fait une sulfureuse icône.

Maintenant que je sais que je vais passer quelques heures avec vous, j'utiliserai un terme plus léger"

Mathieu Kassovitz
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Le tribunal demande s'il maintiendrait son tweet aujourd'hui. "Oui absolument", répond le réalisateur de "La Haine", quand l'espion Malotru précise : "Mais maintenant que je sais que je vais passer quelques heures avec vous, j'utiliserai un terme plus léger". Par prudence, dépit ou lassitude, il a fermé ses comptes sur les réseaux sociaux "il y a quinze jours", jugeant que son "point de vue n'a plus d'intérêt".

"J'encule le cinéma français"

Il faut reconnaître que Mathieu Kassovitz était jusque-là un coutumier du fait. Pour la première fois, en dépit de ce que son avocat qualifie de propension au "persiflage", le comédien de 51 ans se retrouve au tribunal pour ce qu'il a dit. Ni son "J'encule le cinéma français", ni ses doutes sur la "version officielle" des attentats du 11 septembre 2001 ne l'y avait conduit. Le jugement est attendu le 19 septembre.

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