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INVITÉ RTL - "Devant le commissariat, j’ai mis mon arme dans la bouche", raconte l'ex-policier Fabien Bilhera

INVITÉ RTL - L'ancien policier de la brigade des stupéfiants Fabien Bilheran décrit au micro de RTL les mauvaises conditions de travail dans la police, les discriminations et les pressions, qui l'ont poussé à une tentative de suicide.

Une insigne de policier (illustration)
Une insigne de policier (illustration)
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Fabien Bilheran, ex policier et co-auteur de "Police, la loi de l'omerta" est l'invité de Julien Sellier dans RTL Soir
00:08:14
Pierre Petitcolin

Son témoignage éclaire le malaise au sein de la police. Fabien Bilheran est un ancien de la brigade des stupéfiants. Il raconte dans son livre Police, la loi de l'omerta, aux éditions du Cherche-Midi, le sous-effectif, la culture du chiffre, les locaux insalubres, la hiérarchie bornée et les discriminations.

Un malaise qui a fini par le dévorer, raconte l'ancien policier au micro de RTL : "Ce jour-là, mon chef de groupe me parle de mon compte Twitter [sur lequel le policier rapportait les propos racistes de ses collègues, ndr]. Il m'a fait la morale, en me disant 'tu ne peux pas balancer les collègues comme ça'". Le soir de cette confrontation, la compagne du policier a quitté ce dernier.

Fabien Bilheran roule alors jusqu'au commissariat de Colombes où il a commencé sa carrière, et songe à se suicider. "Je me suis garé, j'ai mis mon arme dans la bouche. Je me suis enfermé à l'intérieur pour qu'on ne puisse pas m'en empêcher. Et, miracle, l'alarme de ma voiture se déclenche", raconte-t-il. L'homme est sous le choc : "Ça m'a sorti de la boucle infernale, du stress post-traumatique. J'ai repris connaissance en me disant : 'Mais qu'est-ce que tu fais là ? T'es con, arrêtes tout !' Je suis parti, et fort heureusement, je m'en suis sorti".

Locaux insalubres et horaires à rallonge

Le policier se remémore ses débuts au commissariat de Colombes, dans les Haut-de-Seine : "Je ne m'attendais pas à découvrir ça dans la police : que l'on puisse s'évader juste en tapant sur une vitre, parce que les locaux sont dégradés." Il dénonce des "locaux insalubres" et des "durées infinies pour avoir des réparations."

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Il témoigne aussi d'un rythme infernal : "800 heures supplémentaires par an, c'est juste énorme, on n'a même pas le temps de poser les récupérations. C'est l'enchainement, jusqu'au burn-out." De quoi créer une colère sourde dans les rangs, mais sans qu'elle s'exprime auprès de la hiérarchie. Fabien Bilheran en a été témoin lors de ses engagements syndicaux : "Dès qu'il fallait mobiliser pour essayer de porter une voix collective, l'intérêt individuel prime malheureusement et on se retrouve tout seul."

Racisme et sexisme en uniforme

Choqué par les propos racistes de ses collègues, l'ancien de la brigade des stupéfiants a lancé un compte sur les réseaux sociaux pour en témoigner. "C'était à l'époque des manifestations suite au meurtre de George Floyd, contre le racisme et les violences policières" précise-t-il. Il retranscrit notamment : "Ils seraient mieux dans les champs de coton plutôt que de manifester" ou encore "le préfet de police Lallement se prend pour Goebbels, mais il ne lui arrive pas à la cheville."

Les membres des forces de l'ordre ne sont pas épargnés par les propos discriminants. Fabien Bilheran rapporte le récit d'agentes, à qui leur collègue ont déclaré "dès leur entrée en école" : "N'oublie pas que les chiens sont entrés avant les femmes dans la police." Il s'insurge contre des paroles "intolérables, inacceptables." Lutter contre ces discriminations est difficile, car en allant contre l'esprit de corps de la police, "ceux qui osent prendre la parole se font massacrer, humilier", dénonce Fabien Bilheran.

L'ancien policier n'est pas tendre non plus avec les syndicats dans son livre. Il écrit qu'avant d'entrer à la brigade des stupéfiants', on lui dit : "Si tu ne te syndiques pas, on te passera devant." Il précise au micro de RTL : "C'est un commissaire de la brigade des 'stups' qui me dit ça, ce qui est encore plus choquant." Pour obtenir sa mutation, Fabien Bilheran raconte avoir cédé : "J'ai dû me syndiquer chez Alliance, qui est à l'opposé de mes valeurs et de mes convictions."

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