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INFO RTL - Affaire Traoré : les juges ordonnent une 10e expertise médicale

Après le décès d’un des quatre experts belges chargé depuis juin 2021 de rendre un nouvel avis médical sur la mort d'Adama Traoré en 2016, après son interpellation musclée par les gendarmes, les juges ordonnent une dixième expertise.

Photo d’une personne qui tient un portrait d’Adama Traoré lors d’une marche pour réclamer des réponses,  deux ans après sa mort en garde à vue, le 21 juillet 2018 à Beaumont-sur-Oise, au nord-est de Paris. (Illustration)
Photo d’une personne qui tient un portrait d’Adama Traoré lors d’une marche pour réclamer des réponses, deux ans après sa mort en garde à vue, le 21 juillet 2018 à Beaumont-sur-Oise, au nord-est de Paris. (Illustration)
Crédit : FRANCOIS GUILLOT / AFP
Thomas Prouteau - édité par Aymeric Parthonnaud

L'affaire Adama Traoré est loin d'avoir trouvé sa conclusion. Les juges vont relancer une expertise médicale et la famille Traoré, elle, dénonce des actes "dilatoire". A la suite du décès d’un des quatre experts belges chargés depuis juin 2021 de rendre un nouvel avis médical sur la mort du jeune homme en 2016, après son interpellation musclée par les gendarmes, les juges ont ordonné une 10e expertise.

Plus de 5 ans après le décès du jeune homme de 19 ans, l’enquête sur la mort d’Adama Traoré n’en finit plus de s’étirer en longueur, sans perspective à court terme d’une décision judiciaire. Dernier rebondissement en date : les juges d’instruction ont ordonné le 16 novembre dernier une nouvelle expertise médicale selon un document judiciaire consulté par RTL, la dixième depuis les faits... 

Ce dernier épisode trouve racine dans un évènement malheureux et imprévisible : le décès d’un des quatre experts belges désignés le 29 juin dernier par les juges pour rendre un nouvel avis médical, le neuvième donc. Informée, la juge a décidé de reprendre la procédure à zéro, de rendre une nouvelle ordonnance et de nommer un nouveau médecin belge pour remplacer le défunt, en plus des trois autres experts, de nouveau désignés.

La santé au cœur de l'enquête

Cette étape est sensible pour toutes les parties au dossier. D’abord parce que les causes exactes de la mort d’Adama Traoré après son interpellation en juin 2016 est au cœur du combat judiciaire mené par sa famille. Ensuite, parce que les médecins belges, désignés en 2020 comme garantie supplémentaire d’indépendance, ont déjà rendu un avis le 27 janvier 2021. Ils ouvraient alors la porte à une possible responsabilité des trois gendarmes en concluant qu'au moment de son interpellation et de son menottage au sol, Adama Traoré se trouvait dans une situation "d’hypoxie sérieuse" (en manque d'oxygène, ndlr) et que "sans l’application de ces manœuvres de contrainte, on peut penser que monsieur Traoré n’aurait pas présenté l’évolution dramatique constatée ensuite". 

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Mais un nouvel élément a depuis été versé au dossier : un arrêt maladie d’Adama Traoré d’avant 2016, lorsqu’il travaillait pour une association de réinsertion, et exhumé par les enquêteurs, et qui serait susceptible de modifier les conclusions médicales en raison de possibles pathologies anciennes. C’est pour cette raison que les magistrats français ont saisi de nouveau les docteurs belges en juin dernier pour savoir s’ils modifiaient leurs conclusions au vu de ces éléments. Leur réponse était attendue pour le mois d’août, elle n’est jamais arrivée.

Erreur volontaire ?

L’avocat de la famille Traoré, contacté par RTL, dénonce des manœuvres "dilatoires". Pour Yassine Bouzrou : "Les juges auraient pu demander aux trois médecins belges qui se sont déjà prononcés sur la cause du décès de rendre un avis complémentaire au vu des prétendus éléments nouveaux." L’avocat en tire une nouvelle fois une conclusion au vitriol : "Les magistrats font en sorte que l’expertise impliquant les gendarmes dans la mort d’Adama Traoré ne soit pas définitive pour ne pas à avoir en tirer les conséquences comme cela est le cas depuis 5 ans. Dès qu’un élément met en cause les gendarmes les juges ordonnent des actes dilatoires pour pourrir le dossier et exonérer les gendarmes". 

Une accusation qui fait bondir Rodolphe Bosselut, avocat des trois gendarmes impliqués qui ont procédé l’interpellation : "Cela n’a aucun sens, le complément d’expertise était demandé à quatre experts dont un médecin légiste spécialiste de l’anatomopathologie (science de l’autopsie, ndrl). Il est impensable que l’expertise soit rendue sans qu’il ne soit remplacé."
 
Détail qui n’en est pas un pour la famille Traoré : l’expertise doit être rendue le "15 février 2021", écrit la juge dans son ordonnance, erreur manifeste puisque c’est évidement "2022" qui est la date visée. Yassine Bouzrou dénonce "soit une erreur grossière qui semble peu probable" qui pourrait conduire à l’annulation de l’expertise "soit une erreur volontaire" des magistrats pour faire durer encore des années. Un non-sujet pour Me Bosselut. Le bras de fer autour du dossier Traoré semble destiné à se poursuivre encore de longs mois.  

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