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"Ils exploitent les immigrés" : le joueur du PSG Lucas Hernandez et sa compagne visés par une plainte pour traite d'êtres humains et travail dissimulé

Selon les informations de "Paris Match", confirmées par RTL, le champion du monde 2018 et sa future épouse font l'objet d'une plainte d'une famille colombienne de cinq personnes, qui aurait travaillé pour eux en situation irrégulière de septembre 2024 à novembre 2025.

Le joueur du PSG Lucas Hernandez lors d'un match de Ligue des champions contre Tottenham, le 26 octobre 2025 au Parc des Princes.

Crédit : Jean Catuffe / DPPI via AFP

Gabriel Joly

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De graves accusations. Le défenseur français du PSG Lucas Hernandez et sa compagne sont visés par une plainte pour traite d'êtres humains et travail dissimulé par une famille colombienne, a appris RTL, confirmant une information révélée par Paris Match, ce mercredi 21 janvier. Pendant plus d'un an, entre septembre 2024 et novembre 2025, cinq personnes affirment avoir été employées par le joueur et sa future épouse Victoria Triay, sans cadre légal et avec des horaires à rallonge.

"On s’est rencontrées en Colombie. Elle était venue se faire opérer et j’étais son infirmière. C’est là qu’elle a gardé mon contact. Puis elle m’a recontactée pour que je vienne travailler avec eux. Elle m’a promis qu’elle me donnerait des documents légaux dans les six mois pour que je sois en règle et que je puisse voyager avec eux partout dans le monde. J’ai accepté parce que cela m’a enthousiasmée et parce qu’elle m’a promis de m’aider avec les documents", explique l'une des plaignantes de 27 ans à Paris Match.

Après avoir commencé son travail en situation irrégulière, elle a rapidement fait venir sa mère, son père et ses deux frères en France car le couple Hernandez souhaitait plus de personnel. "Mon travail était censé être du 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour un salaire totalement insuffisant pour une personne qui travaille autant d’heures", ajoute Marie, qui vit sur place. Les cinq Colombiens ont de multiples casquettes : femmes de ménage, cuisinières et nourrices, agents de sécurité et de gardiennage.

Chaque membre de la famille effectue des semaines oscillantes entre "72 et 84 heures de travail", voire davantage, sans aucun jour de repos ni vacances, selon leurs dires au média. Problème ? Leur activité n'est pas déclarée et ils ne disposent d’aucune fiche de paie, les salaires étant versés seulement en liquide, d'après leur plainte déposée récemment près du parquet de Versailles.

"Ils nous traitent comme des esclaves"

"C’est toute une famille qui se retrouve privée de ses droits. Sans contrat de travail, ils n’ont droit ni au chômage ni à une couverture sociale adéquate. Il s’agit pourtant d’un joueur de football professionnel, entouré de nombreux avocats, tant dans sa sphère privée que dans son club. Le fait qu’il n’ait jamais daigné leur fournir un contrat de travail démontre l’intentionnalité de l’infraction", dénonce Me Lola Dubois, avocate des plaignants. En réalité, ils auraient signé des accords de confidentialité, à défaut de contrat, en février 2025.

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Les plaignants affirment par ailleurs que leurs employeurs leur ont fourni de "fausses cartes d’identité espagnoles" afin de "donner l’apparence d’une situation parfaitement légale". Lucas Hernandez aurait accepté de leur créer des contrats de travail en octobre dernier, seulement quelques jours après que deux membres de la famille ont été licenciées par sa compagne en raison d'une dispute.

Lors de cette altercation, la plaignante de 27 ans lui a expliqué qu'elle était à bout. Elle estime "avoir risqué notre vie pour eux" lors d'une tentative de cambriolage avortée en décembre 2024, durant laquelle ils ont dû se servir d'armes confiées par les Hernandez.

"Quand je travaillais pour eux, ils me disaient : 'Si tu pars, tu ne seras rien, tu ne trouveras pas de travail'. Les derniers jours, ils me criaient dessus : 'Tu ne peux pas partir, tu dois rester ici, ton horaire est de 24 heures sur 24 et je te paie pour ça'". Quand ma mère et moi avons été virées, elle m’a dit clairement : 'Je vais te renvoyer en Colombie' (...) Psychologiquement, je ne vais pas bien. Physiquement non plus. Je me sens utilisée, frustrée et maltraitée", explique la jeune femme à Paris Match.

"Nous avons été exploités et humiliés, payés bien en dessous de ce qui nous revenait. Ils exploitent les immigrés et leurs familles, promettent une régularisation qui n’arrive jamais et nous traitent comme des esclaves", poursuit-elle. Contacté par Paris Match, l’agent du joueur, Me Frank Hocquemiller, indique que lui, son joueur et sa compagne ne sont pas au courant de la plainte et assurent que Lucas Hernandez et Victoria Triay "tombent des nues".

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