2 min de lecture Justice

Coronavirus : prison avec sursis pour une pharmacienne qui vendait des masques

VU DANS LA PRESSE - Une pharmacienne d'Issy-les-Moulineaux a été condamnée à 4 mois de prison avec sursis pour avoir vendu des masques médicaux, alors qu'ils sont réquisitionnés par décret depuis le 3 mars.

Un homme portant un masque à Paris, pour se protéger de l'épidémie de coronavirus, le 13 mars 2020
Un homme portant un masque à Paris, pour se protéger de l'épidémie de coronavirus, le 13 mars 2020 Crédit : ABDULMONAM EASSA / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

"Vous avez voulu vous faire de l'argent sur cette crise sanitaire sans précédent, qui révèle le meilleur et le pire de l'humain. Vous, c'est l'égoïsme et le profit". C'est ainsi que Soline Dupont, procureure de la République, a interpellé une pharmacienne jugée devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour vente illégale de masques. 

En pleine crise de coronavirus, et alors que le gouvernement a instauré la réquisition des masques de protection afin de pallier la pénurie actuelle, une pharmacienne d'Issy-les-Moulineaux les vendait illégalement. Arrêtée mercredi 1er avril, elle a été jugée jeudi et condamnée à 4 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende. Une peine alignée sur les réquisitions de la procureure, rapporte Le Parisien

Pour se défendre, la pharmacienne de 60 ans a assuré qu'elle ne savait pas qu'elle n'avait pas le droit de vendre les masques. "Je vendais sur ordonnance. Pour moi, ce n'est pas illégal", a-t-elle insisté. Son avocat de son côté pointait la responsabilité des médecins, qui prescrivaient les dits masques. 

36.000 euros de chiffre d'affaires

Pourtant, tous les pharmaciens ont bien reçu un mail du Conseil de l'ordre indiquant que les masques étaient réquisitionnés par décret le 3 mars. "Je suis crevée, je travaille de 8 heures à 21 heures, c'est mon mari qui lit les mails", a justifié la prévenue. Elle a expliqué également que sa collaboratrice ne l'a pas tenue au courant. 

À lire aussi
Le député LaREM du Doubs Éric Alauzet. justice
Doubs : ouverture d'une enquête après deux incendies de véhicules visant un député LaREM

Par ailleurs, l'enquête a relevé que les masques étaient vendus en février 2,90 euros, avant de voir leur prix passer à 6,90 euros, pour un prix d'achat de 1,18 euro, précise le quotidien. De plus, dès le 16 mars, des policiers prévenus anonymement s'étaient rendus dans la pharmacie afin de rappeler la règle : les masques ne doivent pas être vendus. 

Encore prévenus mardi 31 mars, les forces de l'ordre ont frappé plus fort, en faisant fermer l'officine et en arrêtant la propriétaire. Après avoir fait les comptes, les enquêteurs ont estimé que 4.821 masques FFP2 ont été écoulés, ainsi que 1.868 masques chirurgicaux depuis le 17 mars. 3.700 masques ont été également saisis

Le chiffre d'affaires a été évalué à 36.000 euros. La pharmacienne s'expose également à des sanctions disciplinaires de la part de l'ordre des pharmaciens. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Justice Coronavirus
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants