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Condé-sur-Sarthe : ce que l'on sait de l'attaque terroriste

ÉCLAIRAGE - Condamné à 30 ans de réclusion pour avoir étouffé un homme de 89 ans en 2012 dans la région de Metz, le détenu était connu pour sa radicalisation.

L'une des coursives de la prison de Condé-sur-Sarthe
L'une des coursives de la prison de Condé-sur-Sarthe Crédit : Cindy Hubert
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Salomé De Vera
et AFP

Michaël Chiolo, un détenu radicalisé, a poignardé mardi matin deux surveillants à la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe une attaque qualifiée de "terroriste" par la ministre de la Justice Nicole Belloubet. Voici ce que l'on sait sur cette agression.

Les faits. Vers 9h45, le détenu a attaqué deux surveillants avec un couteau en céramique. Selon le procureur de Paris Rémy Heitz, le détenu a crié "Allah Akbar" en se jetant sur les surveillants lors de l'agression et a dit "vouloir venger" Chérif Chekatt, l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg le 12 décembre 2018.

 "Le caractère terroriste de cette attaque ne fait aucun doute", a estimé la ministre de la Justice Nicole Belloubet. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est aussitôt saisie de l'enquête. Le détenu s'est ensuite retranché avec sa compagne au sein de l'unité de vie familiale de la prison. 

Que s'est-il passé ?

Près de dix heures après, peu avant 19h, les forces de l'unité du Raid ont donné l'assaut. Le détenu a été blessé "sans gravité" et hospitalisé tandis que sa compagne est "décédée des suites de ses blessures", a annoncé Rémy Heitz lors d'un point-presse sur place. 

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Pour Nicole Belloubet, le couteau en céramique, non repérable par le détecteur de métaux, aurait pu avoir été apporté par la compagne du détenu. La ministre, qui s'est également rendue sur place, a annoncé dans la soirée avoir diligenté une mission de l'Inspection générale de la justice qui devra déterminer comment le couteau été introduit dans la prison et pourquoi il n'a pas été "repéré". Son rapport devra être remis "dans un mois précisément", a indiqué la ministre.  

Comment vont les surveillants agressés ?

La vie des deux surveillants, âgés d'une trentaine d'années, n'est "pas en danger", selon Nicole Belloubet. Le plus grièvement blessé, "éventré" selon le délégué FO, a subi une intervention chirurgicale. 

L'autre surveillant a été touché à la mâchoire, au visage et dans le dos, selon cette source. La ministre de la Justice qui a rencontré l'un d'eux à l'hôpital a indiqué qu'il était "extrêmement choqué".  

Qui est Michaël Chiolo ?

Cet homme de 27 ans, converti à l'islam en 2010, est un détenu de droit commun qui purge une peine de 30 ans de réclusion. Il avait été condamné en décembre 2015 pour avoir étouffé un homme de 89 ans, après l'avoir séquestré et "momifié" à son domicile près de Metz en 2012. Il a aussi été condamné à un an de prison pour apologie de terrorisme au cours de sa détention à Mulhouse, pour avoir demandé le 14 novembre 2015 à ses codétenus de "rejouer" l'attaque du Bataclan.  

Michaël Chiolo, qui est suivi par le renseignement pénitentiaire, est inscrit au fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), a indiqué la ministre de la Justice. Selon une source policière, il s'est "radicalisé en prison". Il n'est "pas simple à gérer, donc il fait l'objet d'un suivi extrêmement attentif", a indiqué Nicole Belloubet. Il n'était pas à l'isolement et ne se trouvait pas dans le quartier pour radicalisés (QPR) ouvert dans cette prison en septembre. 

Me Pauline Brion, qui l'avait défendu lors de son procès en 2015, se souvient d'un garçon "intelligent, très cultivé", sans formation ni profession, "devenu un peu vagabond". Il avait selon elle rencontré sa compagne en prison: "Il avait écrit à quelqu'un après sa conversion pour qu'on lui trouve une épouse". 

Les principaux précédents

En septembre 2016, un détenu marocain, Bilal Taghi, a tenté de tuer à l'arme blanche deux surveillants de la prison d'Osny (Val-d'Oise). Le détenu avait expliqué qu'"il voulait passer à l'acte immédiatement au nom de Daech", acronyme du groupe État islamique. Pour l'administration pénitentiaire, il s'agissait du "premier attentat jihadiste fomenté en prison". 

En janvier 2018, l'organisateur de l'attentat contre la synagogue de Djerba en 2002, l'islamiste allemand Christian Ganczarski, avait blessé à l'arme blanche trois surveillants à Vendin-le-Vieil. Cette agression avait donné le coup d'envoi d'un vaste mouvement de protestation des agents pénitentiaires. 

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