4 min de lecture Charlie Hebdo

Charlie Hebdo : 5 ans après, l'hymne à la liberté de Riss

C'est un bien triste anniversaire célébré en ce 7 janvier. Il y a cinq ans, la rédaction de Charlie Hebdo subissait une attaque terroriste des frères Kouachi et perdait 12 de ses membres. Un anniversaire que Charlie Hebdo célèbre à sa façon, dénonçant les nouvelles censures.

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La Revue de Presse du 07 janvier 2020 Crédit Image : FRANCOIS GUILLOT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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5 ans après l'attaque qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, le journal satyrique sort une édition spéciale sur les nouvelles censures. À l'intérieur, des témoignages de proches de victimes. Maryse Wolinski, veuve du célèbre dessinateur prend la parole et décrit une vie "d'après" comme n'ayant "ni couleur ni saveur". 

Riss, le directeur de la rédaction du journal dénonce les nouveaux visages de la censure à travers un édito. "Ceux qui d'un clic se transforment en prophète de leur propre religion et lancent des fatwa contre des blasphémateurs qui s'ignorent. Tous ceux qui pérorent à longueur de pétitions débiles et qui se croient les rois du monde derrière le clavier de leurs smartphones. La morale qu'ils croient défendre n'est en réalité qu'un moralisme de plus." signale t-il.

Riss poursuit "Hier on disait merde à Dieu, merde à l'armée, à l'État. Aujourd'hui il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, au minorités nombrilistes, aux blogueurs et blogueuses (...) Ne pas se laisser impressionner par cette meute de mâchoires prêtent à vous déchiqueter. Au contraire, amusons nous à les faire hurler ces loups, puisqu'il suffit de leur tirer la queue pour qu'ils se mettent à couiner." 

La Une de Charlie Hebdo, mardi 7 janvier 2020.
La Une de Charlie Hebdo, mardi 7 janvier 2020. Crédit : Capture d'écran Twitter

Un véritable hymne à la liberté d'expression donc, pour ce cinquième anniversaire. Le directeur de la rédaction termine par cette citation : "Vivre, est une chance, mais vivre libre est devenu un luxe. Le seul que revendique Charlie Hebdo". 

Et page suivante, comme en écho à cet éditorial, l'avocat du journal, Richard Malka met en garde contre notre société, qui semble peu à peu vouloir réduire la liberté d'expression. Il cite plusieurs exemples récents de politiques ou de philosophes qui ont été interdits de s'exprimer dans des universités. Les pièces de théâtre censurées, ou les films et livres expurgés. "On n'en finirai pas d'égrainer les milles et une manifestations du tyranniquement correct ambiant (...) Le seul combat que l'on gagne en instaurant la peur de parler, c'est celui de la démocratie, pas celui d'une minorité quelconque."

À la une de Libération ce matin un titre fort : "Toujours Charlie" claque sur fond noir. La Croix quant à elle a choisi de rendre hommage aux victimes tombées sous les balles par un dessin de Rémi Malingrey. On y voit deux enfants qui discutent. Le premier dit "moi quand je serai grand je veux faire Superman, pour sauver les gens !" et l'autre lui répond "Et bien moi je veux Tignous pour faire rigoler les gens." 

Les ventes de Charlie Hebdo avaient, en 2015, dépassées les millions d'exemplaires. Aujourd'hui, elles se sont stabilisées aux alentours de 55 à 60.000 exemplaires par semaine. Une baisse du chiffre d'affaire, d'environ huit million d'euro est prévue pour l'année 2019. Et les comptes sont toujours plombés, plombés par la sécurité. Un budget d'un million 500 mille euros est consacré à la sécurité du journal. Un chiffre colossal pour une rédaction de 45-50 personnes.

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