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Bruno Di Maio : "On est dans la petite voyoucratie, on a envie de monter un peu et l'argent se fait avec la drogue"

REPLAY / INVITÉ RTL - Le repenti Bruno Di Maio dévoile l'envers des "go fast".

La voiture et la drogue d'un convoi "go-fast" à Versailles, le 4 février 2011.
La voiture et la drogue d'un convoi "go-fast" à Versailles, le 4 février 2011.
Bruno Di Maio : "On est dans la petite voyoucratie, on a envie de monter un peu et l'argent se fait avec la drogue"
05:50
Christophe Pacaud & Bénédicte Tassart

Une course poursuite sur l'Autoroute A16 près de Dunkerque a provoqué trois accidents qui ont fait un mort et plusieurs blessés, jeudi 5 mai. À l'origine de ce carambolage : les policiers belges pourchassaient des passeurs de migrants clandestins. Que ce soit des passeurs ou des trafiquants de drogues, ils empruntent les autoroutes françaises à toute vitesse dans des opérations qualifiées de "go fast". Bruno Di Maio, a été l'un d'entre eux et il a livré son témoignage dans "Au coeur du trafic : l'histoire vraie des go fast".

Il le sait, des passages comme ça, il y en a "tous les jours". Lui empruntait plutôt le réseau du sud de la France, mais connaît bien l'A16. "Il est évident qu'elle est dangereuse dans le sens où les Français vont sur la Belgique, la Hollande et Amsterdam particulièrement", explique le repenti.

Une nouvelle génération de trafiquants prêts à tout

Les réseaux évoluent en fonction de la connaissance des circuits des trafiquants par les policiers et les modes de trafic changent avec l'ambition des trafiquants. Ainsi, le "go fast" est un mal de notre temps. "Cette vitesse, c'est cette actualité depuis 10 ans", précise Bruno Di Maio, "Tous les gens qui ont fait des remontées de drogues et tous les passeurs qui ont existé, il y a 10, 20, 40 ou 50 ans - parce que ce n'est pas d'aujourd'hui - passaient les choses normalement, à des vitesses normales, dans des camions ou dans des camping-cars et beaucoup plus discrètement." La quantité de drogue aussi était plus réduite, "jusqu'à 300 kg avec des voitures équipées". 

Mais la nouvelle génération de trafiquants a changé les règles du jeu. "Ces dix dernières années, on a vu des jeunes, un peu têtes-brûlées, des quartiers, remonter. Et au lieu de mettre une quantité normale dans un coffre qui ne se voyait pas (...) eux, ils ne voulaient pas faire de remontées pour pas grand choses et ils mettaient 800 kg dans des voitures et remontaient à toute allure." Pour Bruno Di Maio c'est regrettable, surtout que ça met la vie du trafiquants, mais aussi des autres usagers de la route en péril. 

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S'il le condamne, il sait bien ce qui motive ces jeunes pilotes de "go fast" : "Chacun a un parcours différent, mais, à un moment, on est dans la petite voyoucratie et on a envie de monter un peu et l'argent se fait avec la drogue... Après c'est un cercle vicieux, quand on y est, et même si on a gagné de l'argent, on en veut toujours plus et c'est la dérive."

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