2 min de lecture Justice

Bébé secoué : pourquoi le diagnostic du syndrome est au coeur d'une polémique

ÉCLAIRAGE - Le diagnostic du syndrome du bébé secoué serait trop systématique, donnant lieu à des placements abusifs et des erreurs judiciaires. Une association et son avocat ont décidé de saisir le Conseil d'État.

Yves Calvi 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Bébé secoué : pourquoi le diagnostic du syndrome est au coeur d'une polémique Crédit Image : FRED DUFOUR / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Cindy Hubert et Noémie Grinberg

Chaque année, plusieurs centaines d'enfants sont victimes du syndrome du bébé secoué, selon la Haute autorité de Santé (HAS). 10% à 40% des enfants concernés en meurent et les autres peuvent conserver des séquelles à vie : difficultés d'apprentissage, épilepsie, troubles visuels, paralysie... Mais le diagnostic de ce syndrome est au coeur d'une polémique.  

En effet, depuis 2011, des recommandations ont été faites aux médecins pour repérer les enfants victimes de ce syndrome, mais ces dernières auraient conduit à plusieurs erreurs judiciaires, avec des parents accusés à tort. 

Aujourd'hui, deux signes cliniques suffisent à suspecter un syndrome de bébé secoué : des hématomes sous duraux, autrement dit du sang autour du cerveau et des hématomes au fond des yeux. Les professionnels de santé doivent alors immédiatement faire un signalement au procureur de la République. Le nourrisson est aussitôt retiré à ses parents, qui sont, eux, placés en garde à vue, puis mis en examen.

Une procédure systématique que déplore le docteur Bernard Echenne, qui a dirigé le service de neuropédiatrie au CHU de Montpellier. Selon lui, les autres éventualités telles que les maladies génétiques, les hématomes spontanés, ou même les chutes accidentelles ne sont jamais explorées. 

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"Le diagnostic venant du milieu médical, toute l’enquête qui est faite que ce soit par la police ou la justice ou les organismes sociaux est d’emblée orientée vers une accusation", dénonce Bernard Echenne. 

Le Conseil d'État saisi

La Haute Autorité de Santé assure pourtant que ses recommandations se basent "sur une analyse rigoureuse de la littérature scientifique et médicale internationale". Ce n'est pas de l'avis de L'association Adikia, qui regroupe "des parents accusés à tort de maltraitance suite à des erreurs de diagnostic", et son avocat Me Grégoire Etrillard ont décidé de saisir le Conseil d'État pour demander l'abrogation des recommandations de la Haute autorité de Santé (HAS)

Selon eux, aucun de ses auteurs n'est spécialiste en neurologie pédiatrique, et ce sont ces mêmes auteurs qui sont souvent désignés ensuite comme experts judiciaires aux procès. "Si vous demandez une expertise vous avez un médecin légiste non-spécialiste de la neurologie pédiatrique et qui s’appuie sur les recommandations de la HAS, et si vous demandez une contre-expertise vous allez soit avoir un autre médecin légiste soit régulièrement un des rédacteurs de la recommandation de la HAS (...) si bien que vous avez toujours la même opinion" dénonce l'avocat.

C'est à la demande de plus de 130 familles qui affirment n'avoir jamais été violentes ou avoir secoué leur enfant que Maître Grégoire Etrillard, décide de saisir le Conseil d'État. "Tous des dossiers du syndrome du bébé secoué en France, sont fondés sur des recommandations de la Haute Autorité de Santé (...) et ces recommandations sont beaucoup trop simplistes pour un sujet extraordinairement complexe" selon Me Etrillard.

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