3 min de lecture Enquête

Bayonne : ce que l’on sait de l’attaque contre la mosquée

Le tireur présumé est un homme de 84 ans, ancien candidat FN, qui a reconnu en garde à vue être l'auteur des tirs.

Les gendarmes lors de la perquisition du domicile de Claude Sinke, le 28 octobre 2019
Les gendarmes lors de la perquisition du domicile de Claude Sinke, le 28 octobre 2019 Crédit : GAIZKA IROZ / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

L'enquête se poursuit après l'attaque d'une mosquée dans les Pyrénées-Atlantiques. Deux hommes ont été gravement blessés lundi après-midi par des coups de feu tirés devant la mosquée de Bayonne. 

L'homme qui a aussi tenté d'en incendier la porte ,a été interpellé un peu plus tard à son domicile dans les Landes. "A 15h20, un homme a tenté d'incendier la porte de la mosquée de Bayonne. Surpris dans sa tentative par deux personnes, l'homme leur a tiré dessus", a indiqué un communiqué de la préfecture qui précise que l'homme, en repartant, a incendié une automobile.

Les deux victimes, gravement blessées par balles, âgées de 74 et 78 ans, ont été évacuées vers le centre hospitalier de Bayonne, a précisé la préfecture. De source proche de l'enquête, le tireur présumé est un homme de 84 ans, Claude Sinké, qui a reconnu en garde à vue être l'auteur des tirs. 

Un ancien candidat FN

L'homme avait été candidat du Front national (FN) en 2015 aux élections départementales du canton de Seignanx, selon les listes officielles.

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Une équipe de déminage s'est rendue à son domicile, à Saint-Martin-de-Seignanx, une commune de 5.000 habitants à 16 km de Bayonne, dans le département voisin des Landes.
Selon la préfecture, l'homme est détenteur de trois armes de catégorie B, qu'il avait déclarées.

La police judiciaire a été saisie de l'enquête. Une cellule psychologique a été mise en place pour les témoins de la scène et une autre à l'hôpital.

Un "engin incendiaire"

"Vers 15h15, deux personnes préparaient la salle pour la prière de 16h30", a raconté à un correspondant dse l'AFP le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, qui s'est rendu immédiatement sur place. "Un homme s'approche du bâtiment en voiture, il jette un engin incendiaire sur la porte latérale de la mosquée", a-t-il poursuivi.

"Les deux personnes sortent, il leur tire deux coups de fusil, l'un est touché au cou, l'autre au thorax et au bras. Il a pris alors la fuite", a ajouté le maire, et "grâce à un numéro d'immatriculation, il a été arrêté à Saint-Martin-de-Seignanx".

"Il n'y a jamais eu le moindre problème avec la communauté musulmane à Bayonne. Il y a une seule mosquée qui est très bien gérée", a-t-il encore déclaré, en assurant que "la mosquée ne sera pas fermée plus de 48 heures". Une salle municipale a été mise à disposition.

Un large périmètre de sécurité a été établi autour de la mosquée, selon un correspondant de l'AFP, et seuls les habitants des pavillons voisins y avaient accès. En fin d'après-midi, tout était calme aux abords du bâtiment.

Un "acte inqualifiable" pour Marine Le Pen

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a assuré sur Twitter "solidarité et soutien" aux musulmans, jugeant que "les faits commis à la mosquée de Bayonne émeuvent et indignent chacun d'entre nous".

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a qualifié sur Twitter ces tirs contre une mosquée d'"attentat" et d'"acte inqualifiable". Cette attaque intervient en plein retour du débat sur le voile islamique, qui crispe le pays depuis des jours et fait craindre une stigmatisation de la communauté musulmane.

Ce même jour, Emmanuel Macron recevait à l'Elysée les responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM). Il "est très inquiet d'une confusion des esprits qui mélange la religion, la culture et l'islam politique" et dénonce "un amalgame, une surenchère démagogique", a indiqué à l'AFP Christophe Castaner, qui assistait à la réunion.

Abdallah Zekri, président du CFCM, a de son côté "condamné" auprès de l'AFP cet "acte criminel". "L'inquiétude est grande au sein de la communauté musulmane de la ville, m'a dit le représentant du CRCM régional. Il y a deux blessés graves dont nous espérons que leur vie n'est pas en danger".

"Avec le climat actuel de stigmatisation de l'islam et des musulmans, il ne faut pas s'étonner que de tels actes puissent arriver. Nous souhaitons un bon rétablissement aux blessés et nous demandons à tous les responsables du culte en cette période d'être très, très, vigilants", a-t-il poursuivi.

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