2 min de lecture Procès

Attentat à la prison d'Osny : le détenu Bilal Taghi condamné à 28 ans de réclusion

Le détenu Bilal Taghi, auteur d'une attaque terroriste à la prison d'Osny en 2016, a été condamné ce vendredi à 28 ans de prison.

Un surveillant pénitentiaire dans une prison (illustration).
Un surveillant pénitentiaire dans une prison (illustration). Crédit : Dominique FAGET / AFP
Charles Deluermoz et AFP

L'attaque était considérée comme le premier attentat jihadiste en détention. Ce vendredi 22 novembre, Bilal Taghi a été condamné à 28 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté des deux tiers, pour avoir tenté d'assassiner deux surveillants de la prison d'Osny (Val-d'Oise) en 2016.

L'avocat général avait requis la perpétuité, et appelé à sanctionner un "engagement irrémédiable dans une idéologie" par un homme qui "n'a cessé de mentir" jusqu'à "passer maître en dissimulation, qui est un des arts du jihad". "Si votre cour le condamne insuffisamment, tient compte de ses mensonges incessants, de ses pleurnicheries, Bilal Taghi va pouvoir se payer la République une nouvelle fois", avait mis en garde Guillaume Michelin.

Le Franco-marocain de 27 ans, déjà condamné à 5 ans de prison pour un départ avorté en Syrie, avait immédiatement reconnu avoir voulu tuer un représentant de l'État français au nom de Daech et dit son intention de recommencer s'il en avait "l'occasion". Il assure aujourd'hui avoir renoncé à l'idéologie mortifère du groupe Etat islamique.

"L'aboutissement du jihad, c'est la prison ou la mort"

Un changement auquel l'accusation n'a pas cru une seconde. "Sa vocation c'est le jihad. L'aboutissement du jihad, c'est la prison ou la mort. Je vous demande de lui donner la prison", avait demandé l'avocat général, expliquant qu'il est "terrible pour le ministère public" de requérir la peine maximale, car "c'est manifester de l'inespoir".

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Après l'échec de son départ en Syrie, dès son arrivée à Osny, Bilal Taghi a "dans un coin de la tête", comme il l'a dit lui-même à l'audience, l'idée de tuer un surveillant. "Derrière les bouffonneries qu'il donne à voir au quotidien, Bilal Taghi est constamment à l'affût. Il faut imaginer ce lion du califat qui chasse pendant des mois dans les couloirs de la maison d'arrêt d'Osny à la recherche de sa proie", a dit le magistrat, décrivant une attaque "sauvage".

"Il a réussi à semer la terreur dans une prison, il est devenu une star. C'est pour lui une victoire, une fierté", affirmait M. Michelin. Alors que "jusqu'à cette double tentative d'assassinat, il avait tout raté, son parcours scolaire, professionnel, son départ en Syrie. Pour une fois, il a réussi quelque chose".

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