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Attaque de Bayonne : ce que l'on sait de l'auteur présumé de la fusillade

Claude Sinké, octogénaire connu pour ses prises de positions xénophobes, est suspecté d'avoir blessé gravement deux fidèles de la mosquée de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) lundi 28 octobre.

Des gendarmes devant la mosquée de Bayonne, sur le lieu de l'attaque visant la communauté musulmane qui a eu lieu lundi 28 octobre.
Des gendarmes devant la mosquée de Bayonne, sur le lieu de l'attaque visant la communauté musulmane qui a eu lieu lundi 28 octobre. Crédit : GAIZKA IROZ / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
et AFP

"Très seul", "avec des obsessions", un verbe "parfois violent". À Saint-Martin-de-Seignanx (Landes), des habitants et voisins de Claude Sinké, ne sont qu'à demi-surpris que ce retraité de 84 ans ait attaqué la mosquée de Bayonne lundi 28 octobre. Personne ne se dit proche de l'octogénaire, ancien militaire, sculpteur à ses heures, éphémère candidat Front national aux départementales de 2015, qui habitait dans la commune depuis de nombreuses années. 

Lundi, dans l'après-midi, Claude Sinké, est suspecté d'avoir tenté d'incendier la porte de la mosquée de Bayonne avant d'ouvrir le feu à ses abords, blessant gravement deux fidèles qui s'apprêtaient à faire la prière. Les deux victimes, âgées de 74 et 78 ans, ont été opérées et étaient en réanimation lundi soir. Le pronostic "est réservé pour l'un d'entre eux", selon la préfecture.

C'est quelqu'un qui avait des obsessions

Francis Giraudie, 1er adjoint de la commune de Saint-Martin-de-Seignanx
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"C'est quelqu'un qui avait des obsessions", explique à l'AFP Francis Giraudie, 1er adjoint de Saint-Martin-de-Seignanx. "Il considérait qu'il n'était pas écouté. Il venait parfois à la mairie, ou appelait, pour se plaindre de diverses choses". "Une fois, il avait agressé verbalement la maire, j'ai dû intervenir pour le calmer", souvient Bertrand Lagarde, un autre élu.

Une voisine qui l'avait connu à Anglet, près de Bayonne, disait lui connaître un fils, qu'il voyait peu, et un petit-fils qui en revanche venait le voir. "Il avait l'air d'un monsieur très seul", résume un couple, lui aussi évacué du lotissement, qui n'en revenait pas de l'attaque perpétrée par un homme de 84 ans. "Faire ça à son âge... D'autant qu'il marche mal, je l'ai déjà vu avec une canne. Et il voit mal".

Ancien candidat Front national

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Politiquement, il s'était présenté sous l'étiquette Front national aux élections départementales de 2015, mais le RN soulignait lundi ne plus compter Claude Sinké parmi eux depuis lors. Il y a quelques années, l'octogénaire avait posté sur Facebook son admiration pour le polémiste Eric Zemmour

L'ancien maire Lionel Causse cité dans Sud-Ouest, se souvient de prises de position xénophobes et homophobes. Mais l'homme, versé dans l'art à la retraite, et dont les sculptures (sur bois notamment) avaient déjà eu les honneurs de la presse locale, avait aussi un aspect inclassable, auteur il y a cinq ans d'un livre sur La France à Coeur ouvert ou la misère humaine, où il expliquait "traiter des rapports entre les dominants et les dominés".

Il n'aimait pas les gens de gauche, du centre, et peu ceux de droite

Mike Bresson, adjoint de Saint-Martin-de-Seignanx
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"C'est quelqu'un qui pouvait être sympathique si vous parliez art avec lui. Mais il ne fallait jamais parler politique, ça finissait toujours par des mots un peu hauts, mais ça n'allait jamais plus loin (...) il était fui pour ses excès verbaux", se souvient Mike Bresson, un autre adjoint de Saint-Martin. En résumé, "il n'aimait pas les gens de gauche, du centre, et peu ceux de droite".

Il y a quelques jours encore, Claude Sinké laissait libre cours à une de ses colères : il avait adressé un courrier rageur à l'ordre des avocats de Bayonne, adressé au procureur de Dax (dont dépend Saint-Martin-de-Seignanx). "Ce monsieur voulait porter plainte contre le président Macron, c'était assez confus, il y avait plein de motifs", dont "non application des droits de l'Homme", a expliqué à l'AFP le bâtonnier de Bayonne, Me Teddy Vermote.

La lecture du courrier "laissait penser à quelque chose de pas très équilibré. On n'a pas perçu de menace, et sans ces faits-là (l'attaque de Bayonne), ce genre de courrier, c'est complètement anecdotique", a souligné l'avocat.

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