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Salle d'audience d'une cour d'assises (illustration).
Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
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Maylis Daubon, accusée d'avoir empoisonné avec des médicaments ses deux filles, dont l'une est morte, a été condamnée mercredi 3 décembre à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Landes. Elle a dix jours pour faire appel.
Cette peine est assortie d'une période de sûreté de 20 ans, supérieure à celle de 15 ans requise par l'avocat générale, qui avait dénoncé la "soumission chimique" dans laquelle s'était retrouvée la fille aînée, décédée, Enea, âgée de 18 ans au moment de son décès. Pour rappel, une période de sûreté est une période de temps où aucun aménagement de peine n'est possible.
La présidente de la cour d'assises, Emmanuelle Adoul, a justifié cette décision, prise à la majorité, "au regard de la gravité des faits, de la mort d'Enea, de leur durée, des modes opératoires et des préjudices pour les parties civiles".
Enea, 18 ans, déscolarisée depuis plus d'un an et souffrant de troubles psychologiques, a été prise d'une crise de convulsions le 13 novembre 2019 au domicile familial. Sa mort a été causée par une prise de Propranolol, un bêta-bloquant qui ralentit l'activité du cœur, à un taux "dix fois supérieur à la dose thérapeutique", selon l'enquête.
Lors du procès, le magistrat a indiqué que "rien n'étayait" la thèse du suicide de la fille aînée, avancée par l'accusée qui clame son innocence. Il estime que la mère avait deux mobiles : "J'ai une emprise sur quelqu'un qui va m'échapper, je ne peux pas le supporter, je le tue. C'est le syndrome de Münchhausen par procuration. Et la détestation du père, tellement forte".
Yannick Reverdy, ancien international français de handball, avait divorcé de Maylis Daubon en 2009, qui l'accusait de violences, et avait ensuite perdu contact avec ses filles.
L'avocat général, Marc Bourragué, a présenté Enea "comme une enfant affaiblie par la surmédicalisation, avec une soumission chimique qui entraîne une abolition du libre arbitre". "On lui donne ou elle le prend, je ne peux l'affirmer, mais l'absorption a été faite dans des conditions d'emprise."
Une perquisition avait permis de découvrir des cachets de Propranolol dans la chambre de la mère, cachés dans un emballage de suppositoires, ainsi que dans le vaisselier du salon. Confrontée aux "incohérences" relevées dans ses déclarations, aux soupçons de falsifications d'ordonnances, l'accusée de 53 ans a persisté à l'audience dans ses dénégations.
Concernant la cadette Luan, chez qui les analyses ont révélé une prise importante d'un somnifère réservé aux adultes, le magistrat évoque "exactement le même schéma. Il y a une similitude des modes opératoires, c'est la preuve de l'empoisonnement".
Outre l'empoisonnement d'Enea et Luan, Maylis Daubon est aussi soupçonnée d'avoir voulu faire assassiner son ex-mari en soudoyant des codétenues à la prison de Pau.
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