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Apologie du terrorisme : une mère d'élève condamnée à trois mois de prison avec sursis

Joséphine P a assuré "ne pas se souvenir" avoir prononcé cette phrase menaçante envers les professeurs, évoquant "une crise de panique délirante" au moment des faits.

Le symbole de la justice au tribunal judiciaire de Paris
Le symbole de la justice au tribunal judiciaire de Paris Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Venantia
Venantia Petillault et AFP

"Je comprends pourquoi on les tue". Le tribunal correctionnel de Versailles a condamné jeudi 17 décembre une mère de famille à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour des propos faisant l'apologie du terrorisme, deux semaines après l'attentat contre Samuel Paty.

À l'audience, Joséphine P., au casier judiciaire vierge, a assuré "ne pas se souvenir" avoir prononcé cette phrase menaçante envers les professeurs, évoquant "une crise de panique délirante" au moment des faits. Le 3 novembre, cette femme de 48 ans est convoquée par le collège de son fils à Guyancourt (Yvelines), sans savoir pourquoi, affirme-t-elle. Pour la direction du collège, les raisons de sa convocation sont pourtant claires : son fils de 13 ans a écrit sur une boulette de papier :"Pour combien tu tues Monsieur ... ?", en désignant son professeur d'histoire-géographie. Cela près de deux semaines après l'attentat contre Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie assassiné le 16 octobre par un Russe tchétchène de 18 ans qui lui reprochait d'avoir montré en classe des caricatures du prophète Mahomet.

Des propos constituant le délit d'apologie du terrorisme

Arrivée au collège, Joséphine P. est très agitée. Selon la direction de l'établissement, elle s'emporte, et lance : "C'est quoi ce collège ?! Je comprends pourquoi on les tue", en parlant des professeurs. Elle, affirme avoir dit : "Je comprends que les parents pètent les plombs", "très énervée" contre son fils. "Quand j'ai été appelée, ca m'a beaucoup énervée", a-t-elle expliqué, tremblante, au tribunal, "quand je suis arrivée au collège, j'ai eu une crise de panique délirante quand je l'ai vu".

Joséphine P., a aussi fait part au tribunal de sa santé mentale fragile, enchaînant les dépressions tout en élevant seule ses trois enfants. "Il est tout à fait possible qu'elle ne se souvienne pas des propos qu'elle a tenus, car elle était dans un état second", a reconnu la procureure. "Mais même si elle n'est pas intimement convaincue de ce qu'elle a dit (...), elle l'a dit cette phrase, et cela participe d'une banalisation extrêmement dangereuse dans notre société", a-t-elle déclaré, requérant 3 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire de 18 mois et obligation de soin.

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L'avocat de Joséphine P., Me Sébastien Petit, a souligné "l'hésitation" autour des propos rapportés, estimant personne, selon lui, n'était "capable de relater précisément les propos" tenus. "Vous avez pété les plombs, vous l'avez dit" a reconnu la présidente, "mais il n'empêche que vous proférez des propos qui constituent ce délit" d'apologie du terrorisme.

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