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Allemagne : un officier se fait passer pour un réfugié et projette un attentat

Le lieutenant allemand Franco Albrecht, 32 ans, s'est fait passer pour un migrant pour faire une demande d'asile. Après quoi il projetait de commettre une attaque pour faire porter le chapeau aux réfugiés.

Des soldats du 291e Jagerbataillon franco-allemand.
Des soldats du 291e Jagerbataillon franco-allemand.
Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP
Nicolas Barreiro & AFP

Il s'était fait passer pour un réfugié syrien et aurait préparé un attentat. Un officier de l'armée allemande est jugé à partir de ce jeudi 20 mai dans une affaire rocambolesque qui avait ébranlé la Bundeswehr et mis en lumière des dérives d’extrême droite.

Porté par une idéologie "nationale-socialiste", selon l'acte d'accusation, Franco Albrecht, 32 ans, est notamment soupçonné d'avoir voulu préparer en 2017 "un acte de violence grave portant atteinte à la sécurité de l'État". Ce lieutenant prometteur, stationné dans la base franco-allemande d'Illkirch, dans l'est de la France, s'était constitué un véritable arsenal : quatre armes à feu, plus de 1000 munitions et 50 engins explosifs dérobés à la Bundeswehr. 

Il avait aussi une double identité après avoir réussi à se faire enregistrer comme demandeur d'asile syrien afin, selon ses dires, de tester le système et d'en révéler les failles. Son procès devant un tribunal de Francfort doit se dérouler jusqu'en août et il encourt jusqu'à dix ans de prison. L'accusé nie tout projet d'attentat.

Une double vie

Pour tenter de prouver que le concept d'asile avait été détourné, selon lui, après l'arrivée en Allemagne de centaines de milliers de migrants en 2015 et 2016, fuyant pour la plupart la guerre en Syrie, il s'était créé une identité fictive de réfugié. Le visage grimé, il avait réussi en 2015 à déposer une demande d'asile sous un nom d'emprunt, David Benjamin. 

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Dans un anglais rudimentaire, il avait expliqué aux services de l'immigration ne pas avoir appris l'arabe car ayant fréquenté un collège français près de Damas. Il reçoit même quelque 400 euros d'indemnité mensuelle et une place en foyer pour réfugiés. Mais il continue sa vie de soldat à la caserne d'Illkirch sous sa véritable identité.

"Je voulais en avoir personnellement le cœur net, et vérifier à quel point le concept d'asile avait été dévoyé par les autorités allemandes, au détriment de la sécurité", a déclaré en mars, au quotidien le Figaro, l'ancien soldat qui comparaît libre. "Je savais que ce que je faisais n'était pas conforme à la loi", dit-il encore. Réfutant toute intention violente, il assure s'être préparé pour "protéger (sa) famille en cas d'urgence".

Une version contestée par le parquet. L'accusé avait "pour projet de commettre une attaque sur de hauts responsables politiques et personnalités publiques" en se faisant sans doute passer pour un réfugié, avait indiqué la Cour de Justice fédérale de Karslruhe, compétente dans les affaires de terrorisme. Selon cette instance, il souhaitait faire porter la responsabilité de ses actes aux migrants dans le but de fracturer un peu plus la société allemande, profondément divisée par l'accueil des réfugiés organisé par le gouvernement d'Angela Merkel.

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