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Affaire Ranucci : une ancienne jurée submergée par le "poids de la culpabilité"

"Libération" publie le témoignage d'un des jurés du procès de Christian Ranucci, dernier condamné à mort en France.

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Affaire Ranucci : une ancienne jurée submergée par le "poids de la culpabilité" Crédit Image : JACK GUEZ / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Adeline François
Adeline François
et La rédaction numérique de RTL

Seule contre tous. 41 ans après les faits, c'est encore comme cela qu'elle le ressent. Geneviève Donado a fait partie en 1976 des 12 personnes ayant scellé le sort du dernier condamné à mort en France. À 76 ans, l'ancienne jurée dans le procès de Christian Ranucci, guillotiné le 28 juillet 1976, raconte dans ce lundi 6 mars dans Libération "sa vie après la mort". Seule femme dans le jury, elle souhaite se libérer du "poids de la culpabilité".

Le gendarme avait pourtant dit à Geneviève qu'elle serait récusée par les avocats de la défense, car sa petite fille de 8 ans avait le même âge que la victime, Marie-Dolores. Il n'en sera rien. Elle se souvient de l'arrogance de Christian Ranucci, de la chaussure de la petite victime tachée de sang et surtout, des délibérations lors desquels elle est enfermée pendant 3 heures dans une pièce dont les fenêtres donnent sur la rue et d'où elle peut entendre les gens crier : "la mort, la mort".

Dans la position du peloton d’exécution

"Nous nous retrouvions avec ce droit exorbitant, ce droit de vie ou de mort, ce droit de tuer sciemment, de décider que la personne installée sur le banc d’en face allait mourir. Comment ne pas penser que nous étions là paisiblement, sans armes, dans la position du peloton d’exécution ?", confie-t-elle. Parmi les douze votants, "huit au moins" ont opté pour la mort. À l'énoncé du verdict, la foule applaudit. Geneviève, bouleversée, s’enfuit du Palais de justice et pleurera longtemps ce soir-là. Les zones d'ombre continuent de la troubler aujourd'hui. 

Le jour où la peine de mort est abolie, elle pense à tous ceux qui n'auront plus jamais à faire ça. Elle espère que son témoignage poussera la justice à changer les règles, en organisant par exemple un suivi psychologique. "On ne peut pas se passer du bon sens populaire. Il faut juste faire en sorte que les personnes ne soient pas trop abîmées à la fin", conclut-elle.

La police politique de Daesh

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Dans Le Figaro, l'envoyé spécial Samuel Forey évoque les châtiments triviaux infligés par l'État islamique, par exemple les morsures. C'est ce qui est arrivé à Leïla, tombée dans la rue. Sa robe a laissé entrevoir un bout de sa peau quand Leïla s'est relevée et qu'elle a voulu voir ce qu'elle avait. Des policières ont alors fondu sur elle. Emmenée, elle a été mordue par la Hisba, la police des mœurs féminines mise en place par l'État islamique pour faire respecter les codes vestimentaires et la séparation des deux sexes dans l'espace public. 

Les femmes rebelles sont punies sévèrement, les policières les mordent à pleine dent quitte à leur arracher des lambeaux de peau. Alors que Mossoul est en train d'être reprise à Daesh, se pose la question de l'arrestation de ces femmes policières sans doute enrôlées à leur corps défendant et qui n'ont pas eu d'autres alternatives que d'obéir aux lois de cette autre bête immonde.

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