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Affaire Maëlys : "J’ai été touché comme tout le monde", confie l'avocat général du procès de Lelandais

PODCAST – Dans la nuit du 26 au 27 août 2017 lors d’une fête à Pont-de-Beauvoisin (Isère), Maëlys, huit ans, est enlevée puis tuée, par Nordahl Lelandais. Le 31 janvier 2022, le procès s’ouvre. Jacques Dallest, alors procureur général et avocat général pour cette affaire, raconte les temps forts qui ont marqué les audiences.

Joachim de Araujo et Jennifer Cleyet-Marrel portant des portraits de leur fille Maëlys, tuée par Nordahl Lelandais
Joachim de Araujo et Jennifer Cleyet-Marrel portant des portraits de leur fille Maëlys, tuée par Nordahl Lelandais
Crédit : Olivier CHASSIGNOLE / AFP
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Anne Le Henaff & Jeanne Rouxel

Dans la nuit du 26 au 27 août 2017, Maëlys De Araujo, sa sœur, et ses deux parents, se rendent au mariage d’une cousine, en Isère. Le soir, les convives célèbrent l’union dans la salle des fêtes de la commune de Pont-de-Beauvoisin. Pourtant, la réception va prendre une toute autre tournure lorsque la jeune Maëlys, huit ans, croise le chemin de Nordahl Lelandais. 

Vague connaissance du marié, ce trentenaire s’est invité à la fête avant d’enlever la petite fille, en pleine nuit. En février 2018, après avoir nier de longs mois son implication dans la disparition, le suspect finit par avouer le meurtre. L’homme n’en est pas à son coup d’essai : il se trouve également être le bourreau d’Arthur Noyer, un jeune caporal disparu en avril 2017. 

Le 31 janvier 2022 s’ouvre le procès du meurtrier. L’évènement est très médiatisé. "C’est une affaire terrible mais qui n’est pas exceptionnelle, parce que des meurtres d’enfants on en a connu, et on en connait", nuance Jacques Dallest, avocat général lors du procès, dans les Voix du Crime. Celui qui est avant-tout procureur général de Grenoble, garde en tête sa fonction : "On doit garder de la distance (…) on est là pour juger de façon la plus neutre possible."

Ce qui a été peut-être le plus émouvant, c’est le diaporama de la petite Maëlys

Jacques Dallest

Ce "procès sensible" est loin d’être le premier pour le procureur, qui s’efforce de rester impartial face à l’ampleur de l’affaire. "Même le pire des accusés, je l’ai toujours traité comme un être humain, à qui on reproche un crime et qui doit être jugé par une cour d’assises avec des jurés, quelque soit la gravité des faits", explique Jacques Dallest.
 
Pendant trois semaines, proches et famille de la victime défilent à la barre et se livrent à des témoignages glaçants. Lors des audiences, le procureur général se souvient parfaitement du discours de Colleen, la sœur aînée de Maëlys : "elle a parlé directement à Lelandais, c’était fort comme témoignage."

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Bien que sa neutralité soit nécessaire, Jacques Dallest n’en est pas moins empathique. "Je me mets à la place des proches, pour qui il faut garder cette animosité." Dans la salle d’assises, photos et vidéos de la petite fille se succèdent. L’émotion est palpable : "ce qui a été peut-être le plus émouvant, c’est le diaporama de la petite Maëlys, qui a été présenté de son vivant."

J’ai été touché comme tout le monde

Jacques Dallest

Lorsqu’il rentre chez lui, à la fin de la journée, Jacques Dallest, pourtant habitué à ce genre de dossier, se débrouille pour sortir de la lourde atmosphère qui règne dans la salle. "Je faisais la route tous les soirs, ça me permettait de décompresser un peu, puis de penser à autre chose. Je crois que j’ai été touché comme tout le monde", confie-t-il. 

Le 18 février 2022, Nordahl Lelandais est condamné à la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 22 ans de sureté. Pour les proches, le soulagement est présent mais la douleur reste. Jacques Dallest, lui, demeure satisfait du verdict mais pour ce bientôt retraité, "il n’y a pas de sentiment de victoire", face à cette sombre affaire. 

Malgré toutes les affaires traitées et les criminels croisés durant sa carrière, Jacques Dallest ne s’y est jamais volontairement habitué : "À la longue, on prend beaucoup de recul, on s’endurcit, mais il ne faut pas trop s’endurcir et tomber dans un professionnalisme un peu froid."

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