2 min de lecture Justice

Affaire Grégory : décision le 16 janvier concernant la garde à vue de Murielle Bolle

La cour d'appel de Paris dira le 16 janvier prochain si elle annule ou non les déclarations de Murielle Bolle au cours de sa garde à vue en 1984. Une décision qui pourrait avoir des conséquences sur l'ensemble de l'enquête.

Murielle Bolle, le 2 février 1993
Murielle Bolle, le 2 février 1993 Crédit : CHESNOT/SIPA
Bastien Hauguel et AFP

C'est toute l'enquête autour de l'affaire Grégory qui pourrait être grandement chamboulée le 16 janvier prochain. La cour d'appel de Paris dévoilera à cette date si elle décide d'annuler ou non les déclarations de Murielle Bolle au cours de sa garde à vue de 1984, et dans quelles proportions, a appris l'Agence France-Presse ce mercredi 18 décembre de sources concordantes.

Mercredi, une audience à huit clos a eu lieu devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, à qui la Cour de cassation a, en février, renvoyé cette partie du dossier.

La décision de la chambre de l'instruction est très importante, car elle pourrait avoir de nombreuses conséquences sur l'ensemble de l'enquête, plusieurs actes de procédures basés sur ses déclarations étant susceptibles d'être également invalidés. Murielle Bolle demande ainsi l'annulation partielle ou totale de 198 actes ou passages d'actes contenus dans le dossier.

Selon des sources concordantes, l'avocat général a requis mercredi l'annulation de la garde à vue de la jeune fille mais de conserver au dossier ses déclarations faites auprès des gendarmes avant le début officiel de cette garde à vue, ainsi que son interrogatoire par le juge d'instruction Jean-Michel Lambert, réalisé quelques jours plus tard.

Une garde à vue remise en question

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Placée en garde à vue début novembre 1984, Murielle Bolle, âgée alors de quinze ans, avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir kidnappé en sa présence Grégory Villemin, quatre ans, retrouvé mort quinze jours plus tôt dans les eaux de la Vologne, pieds et mains attachés.

L'adolescente s'était ensuite rétractée en assurant avoir tenu ces propos sous la contrainte des gendarmes. Elle n'a depuis cessé de clamer l'innocence de Bernard Laroche, abattu par le père du "petit Grégory", Jean-Marie Villemin, en 1985.

Saisie par Murielle Bolle, la Cour de cassation a reconnu le 19 février que la garde à vue de l'adolescente avait été effectuée en application de dispositions "inconstitutionnelles", la loi ne prévoyant alors ni présence d'un avocat, ni notification du droit de se taire, et a renvoyé ce volet devant la cour d'appel de Paris. Cet arrêt est venu entériner une décision du Conseil constitutionnel ayant censuré plusieurs dispositions de l'ordonnance de 1945 sur "l'enfance délinquante".

L'affaire Grégory, considérée comme l'un des dossiers les plus énigmatiques de l'histoire criminelle en France, a été relancée en juin 2017 quand le grand-oncle et la grande-tante de l'enfant - les époux Jacob qui n'avaient jamais été inquiétés auparavant - et Murielle Bolle ont été mis en examen. Ces mises en examen ont depuis été annulées pour des raisons de procédure.

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