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13 novembre 2015 : l’assaut du Bataclan raconté minute par minute

PODCAST - Le 13 novembre 2015 a bouleversé la vie de millions de Français. Retour sur l'assaut du Bataclan, mené par Christophe Molmy, alors chef de la Brigade de recherche et d'intervention de Paris.

Le Bataclan a été une cible des attentats du 13 novembre 2015
Le Bataclan a été une cible des attentats du 13 novembre 2015
Crédit : FRANCOIS GUILLOT / AFP
24. Attentats du 13 novembre : l'ex-chef de la BRI raconte l'assaut du Bataclan
32:10
Constance Willemet & Guillaume Chieze

Véritable traumatisme national, les attentats du 13 novembre 2015 sont les plus meurtriers jamais commis en France. Ce soir là, une série d'attaques revendiquées par l'État islamique sont perpétrées à Paris et à Saint-Denis. Elles ont lieu sur des terrasses, à proximité du Stade de France et dans la salle de concert du Bataclan, où se produit le groupe de rock Eagles of Death Metal devant 1.500 personnes. 

Au total, 130 personnes y perdront la vie et 350 seront blessées. Vers 21h45, Christophe Molmy reçoit de nombreux appels signalant une explosion à Saint-Denis. Il pourrait s’agir d’un simple accident dû au gaz, la piste criminelle n'est pas envisagée. Mais ses doutes s’estompent lorsqu’on l’informe de tirs dans des bars. Le chef de la Brigade de recherche et d’intervention de Paris comprend vite que la capitale est attaquée. Il témoigne dans Les Voix du Crime.

L’information avait du mal à circuler, ça explosait de partout

Christophe Molmy

22h00
En quelques minutes, Christophe Molmy retrouve ses hommes au 36 quai des Orfèvres. "Ce soir-là, en 33 minutes il y a eu 8 attentats à Paris. C’est la raison pour laquelle il y a eu autant de confusion dans les salles de commandement. L’information avait du mal à circuler, ça explosait de partout." Les boucliers, gilets par balle, fusils et munitions sont saisis. Certains partent, d’autres reviennent s’équiper. Les équipes se croisent dans une grande nervosité. 
 
22h15
La BRI se rend rue Charonne avant d’être vite redirigée vers le Bataclan. Sur place, il y a une grande agitation, la BAC vient d’abattre le premier terroriste. Quelques informations sont échangées avant que les hommes de la BRI ne pénètrent à l’intérieur. Dans la fosse, les projecteurs éclairent des centaines de corps étendus au sol. Le plus saisissant pour Christophe Molmy, c’est le silence qui y règne. "Plus personne ne bouge, il n’y a pas un bruit (...) Les gens ont mis leurs téléphones sur silencieux car les terroristes leur tiraient dessus quand ils sonnaient." Une équipe est en charge de sécuriser les lieux. Après 20 minutes de travail long et minutieux, les blessés sont évacués. De nombreuses personnes sont retrouvées cachées dans les faux plafonds, les placards électriques. Certaines sont si apeurées qu’elles ne peuvent se relever d’elles même, il faut les rassurer. "On ne peut pas imaginer ce que ces personnes ont vécu. C'était très compliqué, ça a pris beaucoup de temps. Tant et si bien que pour faire une trentaine de mètres, on a mis une heure." Personne ne sait alors combien de terroristes il reste au sein du bâtiment.

Là, on est face à une prise d'otage dans la pire des configurations

Christophe Molmy

23h15
L’équipe de la BRI monte à l’étage pour s’assurer qu’il n’y a pas de menace. Elle progresse, méfiante, et se retrouve face à la porte qui donne sur le couloir menant aux loges. Le premier de colonne s’apprête à l’ouvrir mais un homme le somme de ne pas entrer. La situation prend alors une tournure bien plus complexe qu’imaginée, une douzaine d’otages sont retenus par deux terroristes. "Là, on est face à une prise d'otage dans la pire des configurations (...) parce que même dans un avion ou un train, vous avez des échappatoires, des sièges derrière lesquels vous cacher. Dans un couloir, il n’y a rien. Vous avez des murs de chaque côté et c'est tout."
 
23h27
Malgré l’ampleur des difficultés, Christophe Molmy souhaite tenter une négociation. Les négociateurs qui l’accompagnent étaient présents lors de la prise d’otage de l’Hyper Casher, en janvier 2015. Mais le chef de la brigade finit par déchanter. "Après le premier contact, le négociateur m’explique que pour lui, on n’aura pas d’issue favorable (...) Il a suffisamment d’expérience et de recul pour comprendre qu’on n’y arrivera pas. C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’avoir un négociateur qui connaît parfaitement son rôle." La seule issue possible reste l’assaut. Le préfet de police donne son accord et deux colonnes sont formées. La seconde étant chargée de prendre le relais sur la première et de récupérer les otages. À plusieurs reprises, le top assaut est sur le point d’être lancé. Mais les terroristes reprennent cinq fois contact avec le négociateur. Les équipes fatiguent, la tension est au plus haut. "On était prêts à y aller mais on ne sait jamais, il faut toujours laisser une chance. L’attente est longue, mais c’est psychologiquement que c’est le plus dur." Lors du cinquième échange avec les terroristes, Christophe Molmy donne le "top assaut".
 
00h18
Le bouclier Ramsès enfonce la porte. Un otage tente de la bloquer. Une fois de l’autre côté, un chargeur complet de balles est vidé sur le bouclier, tandis que des dizaines d’autres rebondissent sur le plafond et les murs. Une chaîne humaine se forme pour évacuer les otages. Les brigadiers progressent tandis que les terroristes reculent. L’un d’eux est touché, il se rétracte avant de se faire exploser. Le souffle propulse le second terroriste au sol qui se fait neutraliser avant de parvenir à déclencher son gilet.
 
02h00
Les opérations prennent fin, après la libération d’une centaine d’otages supplémentaires. La plupart se trouvaient sur le toit, reclus dans des loges ou dans l’entresol. "On a sauvé des gens bien sûr, mais il y a 90 morts et on ne sait pas encore combien de blessés vont décéder …"

À lire aussi

Le procès des attentats s'est ouvert mercredi 8 septembre dernier, devant la cour d'assises spéciale de Paris. Qualifié d'historique, il durera 9 mois durant lesquels vingt accusés seront jugés, dont le seul membre encore en vie des commandos, Salah Abdeslam.

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