2 min de lecture Polémique

Israël devient l'"État nation des Juifs" dans une loi controversée

Votée le 19 juillet, cette loi, qualifiée de "raciste", met de côté les citoyens arabes au profit des citoyens juifs. De quoi ranimer le conflit israélo-palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 21 décembre 2014 (archives).
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 21 décembre 2014 (archives). Crédit : AMIR COHEN / POOL / AFP
Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

Une loi définissant Israël comme "l'État nation des Juifs" a été votée le 19 juillet par la Knesset, le Parlement israélien. 

Accusée d'officialiser le conflit et les discriminations envers les citoyens arabes, la loi a été adoptée par 62 voix contre 55. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est félicité de ce vote.

Cette loi, très controversée, entre dans la catégorie des lois fondamentales qui font office de constitution en Israël. Elle définit "l'État d'Israël comme l'État national du peuple juif où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique ainsi que son droit à l'autodétermination.


Parmi les principaux articles, il est notamment stipulé que Jérusalem est la capitale d'Israël, y compris la partie orientale de la ville annexée. L'hébreu est imposé comme langue officielle du pays, au détriment de la langue arabe ; le calendrier lunaire juif devient également le calendrier officiel. Enfin, le citoyen arabe aura "un statut spécial", non précisé dans le texte. 

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Une des mesures les plus controversées faisait référence à la création de localités exclusivement réservées aux Juifs, auxquelles les 18% de la population arabe n'auraient pas accès. Cet article a finalement été amendé, mais le texte précise malgré tout que "l'État considère que le développement des implantations juives relève de l'intérêt national". 

L'opposition conteste fortement

De leur côté, les membres de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) sont consternés. Selon Saëb Erakat, le secrétaire général, ce texte "dénie aux citoyens arabes leur droit à l'autodétermination qui n'est plus déterminé que par la population juive". Il qualifie cette loi de "dangereuse et raciste par excellence (...) Elle légalise officiellement l'apartheid".

Le député arabe Ayman Odeh a, pendant le débat, brandi un drapeau noir à la tribune pour dénoncer la "mort de notre démocratie". 

Youssef Jaraben, un autre député, s'inquiète des conséquences d'une telle loi : "Elle va perpétuer le statut d'infériorité des arabes en Israël". Il dénonce également l'Etat hébreu qui agit comme "un mouvement juif et colonial qui poursuit la judéisation de la terre et continue à voler les droits de ses propriétaires".

La fierté de Netanyahu

Face à ces vives contestations, le député du Likoud (le parti de B. Netanyahu) Avi Dichter a lancé aux députés arabes : "Vous n'étiez pas ici avant nous et vous ne resterez pas ici après nous". 

Benjamin Netanyahu quant à lui s'est félicité du vote de ce texte, dont il avait fait son cheval de bataille : "C'est un moment décisif dans l'histoire de l'État d'Israël qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau". 

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