3 min de lecture RTL Originals

Une lettre d’Amérique : l'héritage controversé des "native Americans", du sport à la politique

PODCAST - À l'occasion d'un séjour à Santa Fe, Philippe Corbé évoque le rapport complexe des Américains à la mémoire amérindienne.

LETTRE-AMERIQUE_POP_245x300 Une lettre d'Amérique Philippe Corbé & RTL Originals iTunes RSS
>
Une lettre d'Amérique : Le controversé héritage amérindien, du sport à la politique Crédit Image : RTL Originals | Crédit Média : RTL Originals | Date : La page du podcast
Philippe Corbé
Philippe Corbé
Journaliste RTL

Santa Fe, Nouveau Mexique. Une petite ville, à la frontière du Mexique au sud-ouest des États-Unis, fondée en 1610. En tout cas, c’est la date que retiennent les livres d’Histoire. Car une implantation humaine y est établie depuis le IXème siècle, bien avant l’arrivée des colons espagnols, et la fondation "officielle" de la ville.

Les hommes qui vivaient là avant les Européens étaient des "Indiens d’Amérique" ou "Amérindiens". On les appelle en anglais les "native Americans", les Américains natifs. Un ensemble de peuples, les Navajos à Santa Fe, dont le seul point commun est d’avoir vécu dans les territoires qui constituent aujourd’hui les États-Unis.

Abonnez-vous à ce podcast

Santa Fe, et sa date de fondation fixée à 1610, est un des nombreux exemples du rapport complexe qu’entretiennent les Américains avec la mémoire des peuples qui vivaient là. C’est une histoire assez sombre marquée par les épidémies, les massacres, les expropriations de terre, etc. Des blessures qui n’ont souvent pas cicatrisé. On estime aujourd’hui qu’il y a aux États-Unis un peu plus de 2 millions d’Américains natifs, 5 millions si on compte les métisses. 

Une plus grande intégration

La nationalité entière des Américains natifs n’a été reconnue qu’en 1924, il y a moins d’un siècle. Jusque-là, ils n’étaient pas considérés comme des citoyens. Mais même après, dans la décennie, beaucoup d’entre eux dans plusieurs États étaient traités comme des sous-citoyens. Deba Haaland a été élue en novembre 2018 au Nouveau Mexique. Elle est l’une des deux premières Américaines natives à avoir été élue au Congrès à Washington.  "Je n’aurais jamais imaginé un monde où je serais représentée par quelqu’un qui me ressemble", a-t-elle déclaré ce jour-là.
Quand on regarde les chiffres, c’est assez effarant. Les taux d’alcoolisme, de diabète, de tuberculose, de suicide sont incroyablement plus élevés chez les Américains natifs. C’est le groupe ethnique le plus pauvre même si certains d’entre eux se sont enrichis. Par exemple, l’État fédéral leur a accordé le droit d’ouvrir des casinos dans les territoires de leurs réserves, qui sont parfois très vastes notamment ici dans le sud-ouest des États-Unis. Cela génère des dizaines de milliards de recettes chaque année.

Le racisme ordinaire dans le sport

À lire aussi
François Fillon sur l'estrade du Trocadéro avec son épouse Penelope, dimanche 5 mars. RTL Originals
François Fillon et le tour de force du meeting du Trocadéro, raconté par Alain Duhamel

Pour autant, malgré le succès de certains Américains natifs, ils sont toujours victimes de racisme. Deux exemples montrent que l’histoire des Américains natifs fait toujours l’objet de controverses très vives aux États-Unis car elle est une tâche dans l’histoire des États-Unis.

Le premier en sport. Les logos et mascottes d’un certain nombre de clubs reprenaient des caricatures d’Indiens, aujourd’hui jugées racistes. Le grand club de basket des Golden state warriors en Californie a décidé d’abandonner ce logo dès les années 1970. Mais des polémiques ont émergé autour du club de baseball de Cleveland, les Cleveland Indians, et du club de football des Washington Redskins, les "peaux-rouges" en français, une expression raciste.

L'incompréhension culturelle

Dans ces polémiques, des Américains blancs d’origine européenne ne considéraient pas qu’ils s’agissaient de symboles racistes. Ils jugeaient de plus que retirer ces mascottes étaient insupportables car c’étaient une remise en cause de la culture américaine. Comme si l’idée de la supériorité raciale et culturelle des Blancs, descendants de colons et de migrants européens, était naturelle. 


 >> Une lettre d'Amérique, une série d'épisodes exceptionnels à retrouver tous les mardi. Une carte-postale sonore pour nous aider à mieux comprendre cette Amérique d'aujourd'hui, à la fois si familière et parfois totalement déconcertante. 
Un podcast RTL Originals.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
RTL Originals Une lettre d'Amérique États-Unis
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants