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Une lettre d'Amérique : l'Alaska en première ligne face au dérèglement climatique

PODCAST - En Alaska, Philippe Corbé, le correspondant de RTL aux États-Unis, constate les conséquences directes du changement climatique sur place. Selon les estimations, les températures y ont augmenté deux fois plus vite qu’en moyenne sur la planète.

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Une lettre d'Amérique - L'Alaska en première ligne face au dérèglement climatique Crédit Image : RTL Originals | Crédit Média : RTL Originals | Date : La page du podcast
Philippe Corbé
Philippe Corbé
édité par Eléanor Douet

En Alaska, le paysage, composé de magnifiques fjords, est trompeur puisque ce décor de rêve cache une triste réalité. Car dans cet État américain, les effets du dérèglement climatique sont plus visibles qu'ailleurs. On estime que les températures ont augmenté deux fois plus vite ici en Alaska qu’en moyenne sur la planète, selon les relevés de ces cinquante dernières années. 

Au début du mois de juillet, une série de records historique de températures ont été battus en Alaska. Pour la première fois, il a fait plus de 30 degrés à Anchorage, la plus grande ville de l'État, quand la température moyenne est de 16 degrés.

Le précédent record datait d’il y a un demi-siècle, il était de 29,4 degrés. Mais le 4 juillet dernier, à Anchorage, donc, il a fait 32,2 degrés. Cela veut dire que le record a été battu de presque 3 degrés.

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Ce dimanche-là, le jour de la Fête nationale, il faisait plus chaud à Anchorage qu’à New York. Et ce n’est pas un record isolé parce que le mois de juillet 2019 est le plus chaud de l'histoire ici en Alaska, mais le précédent record avait été établi l’an passé, au mois de juillet 2018, et précédemment en juillet 2016, en juillet 2015, etc…

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Cet été, des incendies massifs se sont déclarés dans des zones qui ne sont pas habitées, près d’un million d’hectares ont brûlé. Poussé vers l'Est par le vent, l'immense nuage de fumées a même envahi le nord du Canada.

Une glace plus tardive, plus fine et plus fragile

Ce réchauffement est constaté année après année, particulièrement au Nord sur le bord de l’océan Arctique. C'est notamment le cas à Utqiagvik, 4.000 habitants, l’une des villes les plus au Nord du monde et évidemment la ville la plus froide d’Alaska et des États-Unis. Au plus chaud, l’été en moyenne les températures ne dépassent pas 8 degrés. Pendant les deux tiers de l’année, la température passe sous la barre de zéro degré Celsius.

Et pourtant, mi-mars à Utqiagvik il ne gelait plus, les températures étaient au-dessus de zéro, alors qu'à cette époque-là de l'année, mi-mars, il aura dû faire en moyenne -20.

Les habitants de cette ville, dont les ancêtres ont vécu là depuis des siècles, constatent désormais que la glace arrive de plus en plus tard à la fin de chaque été ou au début de l'automne. Elle fond aussi de plus en plus tôt à la fin de l'hiver et est de plus en plus fine. Les gens se souviennent que lorsqu'ils étaient enfants, il y a quelques décennies, on pouvait apercevoir la glace l'été, pas très loin de la cote. Aujourd'hui, la glace est à 250 kilomètres.

Un écosystème bouleversé

Cela a des conséquences majeures. Auparavant, la glace protégeait ces villages des tempêtes, mais désormais la côte est grignotée par l'érosion. Et pour arrêter ce phénomène, l’US Army doit bâtir des protections le long de la cote, avec des gros rochers pour abriter les hameaux habités. Certains villages vont même devoir déménager, un peu plus loin de la cote.

Les pêcheurs ramassent maintenant des poissons de mer plus chaudes, ou en tout cas moins froides. D’autres poissons disparaissent car il y a moins de planctons à cause de la composition de l'eau qui change. Il y a aussi des insectes qu’on ne voyait pas avant, qui d’ailleurs rendent malades certains animaux qui les consomment, comme les caribous. C'est donc toute la chaîne alimentaire qui est déjà modifiée et les scientifiques s’inquiètent particulièrement pour les oiseaux migrateurs qui passent dans cette région par millions.

Pour certains Alaskiens, la hausse des températures n'est pas une mauvaise chose

Même si les conséquences du changement climatique sont désormais bien visibles en Alsaka, beaucoup d'habitant ne se plaignent pas de voir le mercure augmenter. Sur place, Philippe Corbé a entendu certains Alaskiens s'en réjouir.

Il est vrai qu'ils passent des hivers terribles et mi-mars dernier lorsqu'il a fait 20 degrés ils étaient plutôt contents. Sauf que 20 degrés un jour d'hiver et bien ça veut dire que la température dépasse la moyenne d'un jour d'été.

En Alaska où le dérèglement climatique est plus visible et va plus vite qu’ailleurs, les plus lucides disent que l’Alaska est comme un canari dans une mine de charbon.

>> Une lettre d'Amérique, une série d'épisodes exceptionnels à retrouver chaque mardi. Une carte-postale sonore pour nous aider à mieux comprendre cette Amérique d'aujourd'hui, à la fois si familière et parfois totalement déconcertante. 
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