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Présidentielle américaine : Joe Biden peut-il battre Trump en 2020 ?

PODCAST 2/2 - Après la mort de son fils en 2015, Joe Biden a renoncé à se présenter à la présidentielle américaine. Beaucoup pensent qu'il aurait pu battre Hillary Clinton dans une primaire, et certainement battre Trump lors du sprint final. Cette fois-ci il est candidat. Mais peut-il réellement battre Donald Trump ?

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Une lettre d'Amérique - Joe Biden peut-il battre Trump en 2020 ? Crédit Image : RTL Originals | Crédit Média : RTL Originals | Date : La page du podcast
Philippe Corbé
Philippe Corbé
Journaliste RTL

De nombreux Américains se demandent si Joe Biden, vice-président de Barack Obama, aurait pu battre Donald Trump en 2016. Mais après avoir perdu sa femme et sa fille de 18 mois en 1972, tout juste après avoir été élu au Sénat, Joe Biden a vécu une nouvelle tragédie fin mai 2015. L'un de ses fils, Beau, est décédé des suites d'une tumeur au cerveau. Et Joe Biden a finalement renoncé à se présenter et a fait campagne pour Hillary Clinton

Aujourd'hui, il est le grand favori pour 2020. Il a d’incontestables qualités. Il est respecté à gauche mais aussi à droite. Et pourtant, Philippe Corbé, correspondant de RTL aux Etats-Unis, émet un certain nombre de doutes sur une éventuelle victoire l'an prochain.


Il est en campagne depuis le printemps 2019. Les sondages vont et viennent, mais montrent que Joe Biden est le mieux placé de façon constante pour battre Donald Trump. C’est ça d’ailleurs la principale promesse de sa campagne. En effet, ce qu’il propose à l’Amérique, c’est avant tout de la débarrasser de Trump, qu’il accuse d’attaquer ses valeurs et sa morale. 

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Sauf que ce que nous a appris le précédent Hillary Clinton, en 2016, c’est que si vous faites campagne principalement sur la personnalité de Trump, si votre principal argument est que votre adversaire est entre guillemets “un sale type”, et bien ça a surtout pour conséquence de le placer au centre du jeu.

L’Amérique de 2020 peut-elle être imaginée par un homme qui a été élu au Sénat dès 1972 ? D’autant que les démocrates, sur les 60 dernières années, ont élu des candidats plutôt jeunes, qui incarnaient un changement, un espoir. Kennedy, Carter, Clinton, Obama. Qui aurait parié sur eux deux ans avant leur élection ?
Et les candidats plus expérimentés, Al Gore en 2000, Hillary Clinton en 2008 puis 2016, ont finalement perdu, de peu pour Gore et Clinton dans l’élection générale, mais ils ont perdu, notamment parce qu’il n’avaient pu mobiliser suffisamment leur camp, l’enthousiasme leur avait fait défaut.

La nostalgie Obama

Et l’argument de l’expérience qu’utilise beaucoup Biden en campagne est-il efficace ? On l’a vu depuis plusieurs décennies à gauche comme à droite. Reagan, Clinton, Bush Jr., Obama, Trump ont tous été élus face à des candidats plus expérimentés, y compris au sein de leur camp, y compris au sein des primaires. Et pour ceux qui auraient oublié que Biden a été le vice-président d’Obama, que leurs familles sont devenues proches, il le rappelle sans cesse. 
On dit même qu’une phrase type de Joe Biden en campagne, c’est : 1 nom, 1 verbe et Obama

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Mais la nostalgie Obama est-elle vraiment suffisante ? Est-ce que cet argument est le plus efficace pour mobiliser l'électorat qui n’est pas allé voter en 2016 alors que Clinton se présentait déjà comme l’héritière d’Obama ? En fait Biden propose, en quelque sorte, une restauration à l’Amérique, revenir à l’Amérique d’avant Trump. Comme si Trump n’avait été qu’un accident de l’histoire, un malotru, un intrus.
Peut être que Joe Biden ne mesure pas à quel point il incarne ce que Donald Trump appelle le “swamp”, c’est-à-dire, le marécage de Washington, élus, hauts fonctionnaires, lobbyistes, journalistes, qui vivent dans une bulle, “inside the Beltway”, comme on dit ici, à l’intérieur du périphérique de Washington. 

A écouter Joe Biden, tout peut revenir à la normale, il va pouvoir gouverner en négociant des compromis avec ses amis sénateurs républicains de l’autre bord, comme il l’a fait pendant des décennies au Sénat. Sauf que son vieux copain John McCain est mort. Et dans chacun des deux camps, ce sont les plus durs qui ont pris le pas sur les centristes comme lui. La politique américaine est sans cesse plus tribale. 

Moins d'antagonisme, moins de divisions

Alors c’est tout à son honneur de vouloir revenir à une époque moins tendue, avec moins d’antagonisme, où l’Amérique n’était pas aussi fracturée, où les discussions politiques en famille autour de la table de Thanksgiving n’étaient pas un terrain miné. Et peut être qu’il a raison. Dans un parti démocrate, où l’enthousiasme, l’énergie des sympathisants, a fait émerger des nouvelles figures, plus jeunes, plus de femmes, plus de diversité ethnique, plus à gauche, peut-être que ce parti va quand même désigner comme candidat un homme blanc qui aurait 78 ans lors de son investiture. On verra mais c’est un pari. 

>> Une lettre d'Amérique, une série d'épisodes exceptionnels à retrouver chaque mardi. Une carte-postale sonore pour nous aider à mieux comprendre cette Amérique d'aujourd'hui, à la fois si familière et parfois totalement déconcertante. 
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