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Un trou de 30 centimètres, une soudure défectueuse... Après la collision entre deux trains en Espagne, les pistes poursuivies par les experts

Les enquêteurs espagnols privilégient la piste d’un problème d’infrastructure après la collision meurtrière entre deux trains à grande vitesse près d’Adamuz, en Andalousie, dimanche 18 janvier. Selon la presse espagnole, une rupture de soudure sur la voie pourrait être à l’origine du déraillement du train Iryo.

Un des deux trains ayant déraillé à Adamuz (Espagne), photographié ce lundi 19 janvier 2026.

Crédit : JORGE GUERRERO / AFP

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Yasmine Boutaba

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Comment expliquer l'improbable déraillement qui a conduit à la collision meurtrière entre deux trains à grande vitesse en Andalousie ce dimanche ? Dès lundi 19 janvier, le président de la Renfe, société nationale d'exploitation des chemins de fer espagnols, Álvaro Fernández Heredia, a affirmé que "l’erreur humaine" était "pratiquement écartée" dans cet accident ferroviaire qui a provoqué au moins 41 morts et fait une centaine de blessés

Selon lui, les premières analyses orientent plutôt l’enquête vers un problème lié au matériel roulant du train Iryo ou à l’infrastructure ferroviaire. La vitesse ne serait pas en cause non plus. Les deux trains circulaient respectivement à 205 et 210 km/h sur une section limitée à 250 km/h, écartant ainsi l’hypothèse d’un excès de vitesse.

Des experts ont, par ailleurs, évoqué une "combinaison exceptionnelle de facteurs". Selon une enquête publiée par le quotidien espagnol El Mundo, un trou de plus de 30 centimètres, repéré sur la voie, a particulièrement attiré les soupçons quant à l’origine du déraillement survenu près d’Adamuz.

Une soudure défectueuse ou détériorée par le trafic ou les intempéries

Dès les premières heures, des techniciens de la Commission d’enquête sur les accidents ferroviaires, accompagnés de représentants de Renfe, d’Iryo, du gestionnaire des infrastructures Adif et des constructeurs des trains, se sont rendus sur place. Leur objectif étant d’identifier le facteur déclencheur du déraillement des derniers wagons de l’Iryo.

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Les premières constatations ont révélé une cassure dans la rambarde et des traverses brisées à un point précis de la voie. Les rails à grande vitesse étant soudés pour garantir leur continuité, les techniciens ont estimé que cette rupture de plus de 30 centimètres pourrait être liée à une soudure défectueuse ou détériorée par le trafic ou les intempéries. Une cause jugée "très probable" du déraillement par plusieurs sources citées par El Mundo.

Des sources proches de l’enquête ont indiqué que le gestionnaire des infrastructures, Adif, qui effectue des contrôles par échographie pour vérifier l’état des rails, a "évalué" cette piste dans un contexte qualifié de tendu. Il reste à déterminer si la rupture de la voie est la cause ou la conséquence du déraillement, un point décisif pour l’établissement des responsabilités judiciaires.

Iryo défend la fiabilité de son train

Le président d’Iryo, Carlos Bertomeu, a souligné le caractère "inhabituel" de l’accident, survenu sur une ligne droite et à une "vitesse modérée" pour ce type de convoi. Il a rappelé que le train impliqué était un modèle de dernière technologie, âgé de moins de trois ans, acquis neuf et régulièrement entretenu, avec une révision récente effectuée en juin à Madrid. Par ailleurs, il venait de passer le contrôle technique quatre jours avant l'accident.

Selon lui, le fait que le déraillement se soit produit sur une voiture intermédiaire et non à l’avant du train renforce la nécessité d’une enquête approfondie. "C’est un accident étrange", a-t-il insisté, appelant à établir précisément les causes afin qu’un tel drame ne se reproduise plus.

La section d’Adamuz avait déjà été identifiée comme un point sensible du réseau. Depuis une mise à jour de la maintenance en mai 2025, sept incidents y avaient été recensés. Des retards liés à des dysfonctionnements dans cette zone avaient même été évoqués au Sénat espagnol. Le gouvernement avait alors indiqué que ces incidents concernaient des pannes de signalisation, notamment liées à une carte relais défectueuse, remplacée dans le cadre de la maintenance programmée. Des systèmes qui, selon les autorités, ne seraient pas directement liés à l’accident actuel.

Au-delà du drame humain, l’accident a porté un coup sévère à l’image du réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol, souvent cité comme une référence mondiale. Avec plus de 4.000 kilomètres de lignes, le réseau a connu une forte hausse du trafic ces dernières années, dans le sillage de la libéralisation du secteur. 

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