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Le président français Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Bruxelles, le 16 octobre 2024.
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
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Emmanuel Macron a pris tout le monde par surprise le jeudi 24 septembre en annonçant que la France allait envoyer des moyens militaires en Arabie saoudite pour protéger le port de Yambu. Le chef de l'État a envoyé un message plus politique que militaire à notre allié saoudien, alors que Donald Trump a refusé d'intervenir militairement aux côtés de l'Arabie, victime des frappes de rebelles houthis pro-iraniens.
À travers ce soutien, la France montre qu'elle se tient présente, alors que le royaume a encore été visé ces derniers jours. Paris, qui n'a pas, contrairement à Washington, un accord de défense mutuelle avec Riyad, est un partenaire fiable. Il l'avait déjà montré en 2019, lorsqu'après des tirs de drones contre les installations pétrolières, six experts militaires français avaient été envoyés en Arabie et Paris avait symboliquement déployé un radar girafe.
Ces gestes sont destinés à rehausser la place de la France dans sa relation internationale avec le royaume saoudien, gros acheteur d'armes.
Derrière ce soutien, le sort de contrats en négociation entre les deux pays se joue. Face à une concurrence effrénée entre pays pour équiper en système de défense l'Arabie, attaquée depuis plus de six mois par l'Iran, tous les gestes comptent.
Dans ce domaine, la France n'avance pas ou pas assez. Emmanuel Macron le reconnaissait en privé il y a un mois quand il a reçu le prince héritier Mohammed Ben Salmane : "Nous ne faisons pas assez d'affaires dans le domaine régalien", regrettait-il, c'est-à-dire dans la vente d'équipements militaires aux Saoudiens, lesquels restent, malgré la crise de confiance avec Donald Trump, intimement liés au complexe militaro-industriel américain. Alors que l'Arabie s'interroge sur la fiabilité du parapluie américain, elle a encore acheté, il y a dix jours, 48 avions de combat F-35 aux États-Unis pour 25 milliards de dollars, tandis que notre avion de combat Rafale, lui, n'intéresse pas pour l'instant l'Arabie.
Il a pourtant un gros avantage sur son concurrent américain, il est libre d'utilisation. Les appareils américains sont bridés, les États-Unis ont le dernier mot sur leur utilisation.
Impossible de certifier que l'Arabie saoudite sera reconnaissante, on peut même en douter. D'abord parce que cette aide militaire qui reste à préciser sera forcément limitée, et puis parce que le passé nous enseigne la prudence. En 2009 déjà, Nicolas Sarkozy avait livré du matériel sensible à l'Arabie face aux mêmes rebelles yéménites. Cela ne s'était pas traduit par un surcroît de contrat. Prudence donc, comme le disait encore hier soir un militaire français, nous avons beaucoup mouillé notre chemise pour l'Arabie, mais on attend encore le retour sur investissement.
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