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"On ne laissera pas les prix s'envoler" : pourquoi Emmanuel Macron souhaite "agir diplomatiquement" plutôt que miser sur une baisse des taxes

Devant la flambée des prix à la pompe, le chef de l'État souhaite éviter de baisser les taxes. Emmanuel Macron préfère miser sur un apaisement des tensions au Moyen-Orient pour que les tarifs repartent à la baisse.

Le président français Emmanuel Macron le premier jour de la rentrée scolaire, à Mende, dans le sud de la France, le 1er septembre 2026.

Crédit : Guillaume HORCAJUELO / POOL / AFP

Nicolas Barreiro

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Le chef de l'État l'a reconnu, "la situation est grave". Dans un entretien accordé au 20 Heures de TF1 et France 2 le jeudi 24 septembre, Emmanuel Macron est revenu sur la crise des carburants que traverse le pays depuis plusieurs semaines. Il a écarté, pour le moment, une baisse des taxes et favorisé une solution par la voie diplomatique pour que ces tarifs repartent à la baisse. 

La France "fait tout pour éviter" des pénuries de carburants, a insisté le président qui a par ailleurs assuré que l'approvisionnement "en diesel, en gaz, en fioul" était garanti "d'ici à la fin de l'année". Selon lui, mieux vaut "baisser les prix" plutôt que "baisser les taxes". Il justifie ce choix : il ne veut pas "faire payer au contribuable les conséquences de la géopolitique".

Emmanuel Macron a promis qu'il "ne laissera pas tomber les Français". Il n'a pas totalement exclu cette baisse des taxes si les prix devaient s'envoler, précisant que ce ne serait "pas la décision la plus vertueuse" à son goût. 

Priorité à la diplomatie

Au cours de cet entretien, Emmanuel Macron, qui souhaite "d'abord agir diplomatiquement", a réaffirmé que la guerre au Moyen-Orient et les tensions extrêmes dans les détroits stratégiques d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, ainsi que, dans une moindre mesure, la guerre en Ukraine, étaient à l'origine de cette flambée des prix à la pompe. C'est pourquoi il a annoncé avoir engagé des "moyens militaires" sur le site de Yanbu, principal terminal saoudien d'exportation de brut sur la mer Rouge mais aussi cible des Houthis du Yémen. 

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Dans le détail, il a précisé que "des soldats, des radars, des systèmes de défense" allaient être déployés sur place. Cet oléoduc a joué un rôle crucial au fil de la guerre au Moyen-Orient, permettant à l'Arabie saoudite de contourner le détroit d'Ormuz pour exporter son pétrole. Une éventuelle baisse des tensions autour de ce site pourrait avoir un effet "immédiat sur le prix à la pompe". 

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"Le cœur de notre action, c'est de faire baisser la tension dans le golfe Persique", a-t-il insisté. Le chef de l'État estime que la France bénéficie d'une "grande diplomatie" et souhaite en profiter pour peser sur le Moyen-Orient. Ainsi, il souhaite avoir "des discussions avec les Iraniens et les Omanais" pour rouvrir le détroit d'Ormuz. 

Éviter l'interdiction des exportations de diesel américain

Emmanuel Macron a aussi réagi aux propos de Donald Trump, qui s'est dit favorable à une interdiction des exportations de diesel américain. Il a estimé que cette interdiction serait une "mauvaise" décision, notamment pour l'Europe. Une telle baisse de l'approvisionnement menacerait de provoquer une nouvelle hausse des prix. 

"Elle serait mauvaise, pas simplement pour le reste du monde. Pour l'économie américaine aussi", a indiqué le chef de l'État. "Je pense que tous les experts autour de lui et tous les raffineurs américains ne peuvent lui dire que la même chose".

Préserver les finances publiques

Si la solution diplomatique reste la plus fiable à long terme, selon Emmanuel Macron, c'est aussi parce qu'une baisse des taxes menacerait l'équilibre des finances publiques. Cette mesure risque d'être très coûteuse alors que le gouvernement planche déjà sur une réduction de 54 milliards d'euros pour le budget de 2027.

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Une baisse de 20 centimes par litre de carburant représente un milliard d'euros de pertes mensuelles pour l'État français. Cette décision viendrait creuser un peu plus le déficit des comptes publics, sans pour autant réellement soulager les automobilistes. La hausse des prix peut absorber très vite l'effet d'un geste fiscal. Le 25 août, le litre de gazole s'établissait en moyenne à 2,24 euros. Un mois plus tard, il atteignait 2,39 euros, soit 15 centimes de plus. 

Autrement dit, une baisse de taxes de 20 centimes pourrait être presque entièrement effacée en quelques semaines par la remontée des cours. Candidat à l'élection présidentielle, Gabriel Attal s'est rangé derrière Emmanuel Macron sur cette question. Sur RTL, il a assuré que baisser les taxes sur les carburants "serait mentir aux Français". 

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