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Emmanuel Macron fait le point sur la crise énergétique et la menace russe ce jeudi 24 septembre 2026 lors d’une interview au JT de 20 heures de TF1 et France 2.
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
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Sa prise de parole était attendue dans un contexte international particulièrement inflammable. Pour la première fois depuis deux ans et sa dissolution de l'Assemblée nationale, Emmanuel Macron a conjointement répondu aux questions des journalistes de TF1 et France 2, jeudi 24 septembre, dans les 20 Heures respectifs des deux chaînes.
Au menu des discussions ? La menace russe, la crise des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient, mais également la situation politique française, avec notamment la question de la dette publique, qui contraint l'exercice budgétaire, alors que l'étude du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 débute prochainement au Parlement.
Voici ce qu'il faut retenir de ses plus de quarante minutes d'interview, organisée depuis l'Élysée à un peu plus de sept mois de la fin de son second mandat de président de la République.
"Il y a une situation qui monte en tension et qui est inquiétante." C'est par ces mots que le chef de l'État a débuté sa prise de parole sur le sujet de la menace russe. "Les actes hostiles un peu partout en Europe se sont multipliés", a-t-il rappelé, citant notamment l'attaque de drones dont a été victime début août l'aéroport allemand de Leipzig. Celle-ci aurait pu provoquer des pertes humaines si les engins avaient explosé comme prévu contre des avions ukrainiens.
Ainsi, un scénario similaire est possible en France, comme il l'a souligné, tout en démentant l'existence d'une alerte de la CIA sur une possible attaque de ce type visant le sud de la France, contrairement aux informations de médias étrangers. La France n'a pas encore connu d'événements de ce type : "Est ce que ça peut arriver ? Ma réponse est oui", a-t-il répondu.
Dans le même temps, il semble "crédible" que Moscou procède à une nouvelle mobilisation de 300.000 hommes pour l'effort de guerre, a jugé Emmanuel Macron, selon qui "le signal" envoyé par Vladimir Poutine est celui d'être "prêt à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass". "La Russie considère que l'Europe est la profondeur stratégique de l'Ukraine", a-t-il encore déclaré, expliquant avoir donné des instructions aux préfets, comme le révélait RTL la semaine passée, afin de protéger les sites sensibles et militaires. Une manière de rester "lucide sur l'évolution de la menace".
Le président a assuré que la France faisait "tout pour éviter" les pénuries de carburants en raison de la situation internationale, en proposant notamment un "double moratoire" sur les frappes contre les sites énergétiques en Russie et Ukraine : "On s'est donné toutes les chances par notre action" de ne pas se retrouver dans une situation de pénurie d'ici trois mois, a-t-il avancé, évoquant aussi les "stocks" à disposition de la France.
D'après lui, il vaudrait mieux "baisser les prix" que "baisser les taxes", pour ne pas faire "payer au contribuable, les conséquences de la géopolitique". Néanmoins, il n'exclut pas une baisse des taxes si les prix devaient s'envoler, précisant que ce ne serait "pas la décision la plus vertueuse" à son goût. "Est-ce qu'on peut faire plus ? Oui, on ne laissera pas les Français tomber", a-t-il martelé.
Par ailleurs, il estime qu'une interdiction des exportations de gazole américain serait une "mauvaise" décision, après que Donald Trump a émis cette idée pour baisser les prix des carburants aux États-Unis. "Elle serait mauvaise, pas simplement pour le reste du monde. Pour l'économie américaine aussi", a indiqué le chef de l'État. "Je pense que tous les experts autour de lui et tous les raffineurs américains ne peuvent lui dire que la même chose".
En revanche, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait s'engager "pour sécuriser" les infrastructures énergétiques saoudiennes - clés pour notre pays et visées par les rebelles Houthis du Yémen - avec l'envoi de moyens militaires, que ce soit des soldats, des radars et des systèmes de défense notamment.
En l'occurrence, il s'agit du port de Yanbou, un site situé sur la mer Rouge. Cet oléoduc a joué un rôle crucial au fil de la guerre au Moyen-Orient, permettant à l'Arabie saoudite de contourner le détroit d'Ormuz pour exporter son pétrole.
Interrogé sur la dette publique qui a explosé depuis sa prise de fonction en 2017, Emmanuel Macron a rétorqué ne pas "du tout" regretter "le quoi qu'il en coûte". Autrement dit, les aides publiques mises en place lors de la pandémie de Covid qui ont alourdi la dette de la France, réduisant aujourd'hui ses marges de manœuvre budgétaires.
Le chef de l'État a continué, exposant que les dépenses des "dix dernières années" se décomposaient en "un tiers pour protéger les Français des crises", "un tiers pour préparer la France à l'avenir", et "un tiers parce qu'on n'a pas assez réformé le modèle social". "Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier", a-t-il dit.
Il déplore pour autant que les réformes engagées en parallèle aient été bloquées, à l'image de la réforme des retraites : "Je n'ai pas réussi à convaincre."
La première dissolution de juin 2024, décidée dans la foulée des élections européennes, "a été faite en conscience", pour Emmanuel Macron. Une deuxième avant l'élection présidentielle à venir est-elle envisageable ? "Ça ne serait pas bon pour le pays", alors que le budget doit être voté prochainement, a-t-il convenu.
Face aux sondages qui placent Marine Le Pen en tête, le successeur de François Hollande dit qu'il "verra" s'il prendra position dans la dernière ligne droite en vue du scrutin. "Je ferai en responsabilité et en fonction de l'évolution de la situation ce que je dois faire", explique-t-il, complétant : "Les Français n'attendent pas de moi que je m'engage maintenant".
"Il y a la guerre en Europe, et la menace s'accroit sur notre pays, il y a la guerre au Moyen-Orient. Mon premier devoir, c'est d'agir", affirme celui qui doit rencontrer le pape Léon XIV à Paris, vendredi.
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