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Terminal pétrolier de Fujairah, aux Émirats arabes unis, lors de la cérémonie d'inauguration d'un quai pour superpétroliers le 21 septembre 2016.
Crédit : Karim SAHIB / AFP
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Au 60e jour de guerre au Moyen-Orient ce mardi 28 avril, une annonce surprise est venue bouleverser l'équilibre du marché pétrolier mondial. Les Émirats arabes unis ont en effet décidé de quitter l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à partir du 1er mai. Une décision prise au nom de "l'intérêt national", qui intervient dans un contexte de fortes tensions régionales et de perturbations majeures de l'offre.
Selon l'agence de presse officielle Wam, "cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Émirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale".
Membre de l'Opep depuis 1967, Abou Dhabi justifie également son retrait par ses efforts passés : le pays a "apporté des contributions importantes et consenti des sacrifices encore plus grands dans l'intérêt de tous. Mais le moment est venu de concentrer nos efforts sur ce que dicte notre intérêt national", selon la même source.
En quittant l'alliance Opep+ - qui inclut notamment la Russie - les Émirats récupèrent une liberté totale sur leurs niveaux de production, sans être soumis aux quotas collectifs.
Cette décision intervient alors que la guerre au Moyen-Orient, déclenchée après une offensive contre l'Iran fin février, bouleverse les flux énergétiques mondiaux, notamment ceux du pétrole.
Le conflit a entraîné une quasi fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement près d'un cinquième du pétrole mondial, provoquant une flambée des prix. Les Émirats, directement exposés aux tensions régionales, font partie des pays les plus touchés par les attaques iraniennes.
Selon une source proche du ministère de l’Énergie citée par l'AFP, Abou Dhabi ne souhaite pas être soumis à des quotas "une fois que [la situation] sera revenue à la normale".
Le départ des Émirats marque un nouveau revers pour l'Opep, déjà affaiblie par les retraits successifs du Qatar en 2019, puis de l'Équateur et de l'Angola.
Fondée en 1960 lors de la Conférence de Bagdad, l'organisation a pour mission d'harmoniser les politiques pétrolières de ses membres afin de garantir un marché stable et des prix "justes".
Mais pour Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy et cité par l'AFP, ce retrait constitue un tournant : "Avec l'Arabie saoudite, c'est l'un des rares membres à disposer d'une capacité de réserve significative - le mécanisme par lequel le groupe exerce son influence sur le marché".
À court terme, les effets devraient rester limités en raison des perturbations liées à la guerre. Mais à plus long terme, les implications pourraient être importantes.
Selon Jorge Leon, ce départ "se traduira à plus long terme par un affaiblissement structurel de l'Opep". Les Émirats pourraient être tentés d'augmenter leur production, ce qui soulèverait "des questions quant à la pérennité du rôle de l'Arabie saoudite" et laisserait entrevoir "un marché pétrolier potentiellement plus volatil".
Avant le conflit, les Émirats figuraient au quatrième rang des producteurs de l'Opep+, derrière l'Arabie saoudite, la Russie et l'Irak, avec environ 3,5 millions de barils par jour, un poids qui rend leur départ d'autant plus significatif.
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