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Guerre au Moyen-Orient : six mois ou plus ? Combien de temps le déminage du détroit d'Ormuz va prendre

Selon le "Washington Post", le Pentagone a estimé devant le Congrès américain que le déminage du détroit d’Ormuz pourrait durer jusqu’à six mois. Une perspective qui ravive les craintes d’une perturbation prolongée du trafic maritime et des marchés mondiaux de l’énergie.

Le détroit d'Ormuz, au Moyen-Orient, le 25 juin 2025.

Crédit : Giuseppe CACACE / AFP

AFP - édité par Eléonore Aparicio

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Selon des informations révélées mercredi par le Washington Post, le Pentagone a estimé, lors d’une présentation classifiée devant le Congrès américain, que les opérations de déminage dans le détroit d’Ormuz pourraient s’étendre sur une période allant jusqu’à six mois. Une telle durée ferait peser une menace durable sur les marchés mondiaux de l’énergie, en particulier sur les prix du pétrole et du gaz, compte tenu du rôle stratégique de ce passage maritime où transite près de 20% du pétrole et du gaz liquéfié mondial.

Le quotidien américain, s’appuyant sur trois responsables anonymes, rapporte que des élus américains ont été informés que l’Iran aurait pu poser au moins une vingtaine de mines dans le détroit d’Ormuz ainsi que dans les eaux alentour. Selon la présentation d'un responsable de la Défense, "certaines ont été mises à l'eau à distance grâce à la technologie GPS", compliquant leur détection. D'autres auraient été "mouillées par les forces iraniennes à l'aide de petites embarcations".

Des informations démenties

Un porte-parole du Pentagone a démenti l'information auprès de l'AFP, dénonçant "des fuites - dont une grande partie est fausse - issues d'un briefing classifié et à huis clos" qui relèvent selon lui "d'un journalisme malhonnête". Pour Sean Parnell, la fermeture du détroit d'Ormuz pendant six mois "est impossible et totalement inacceptable".

La question du minage du détroit, par lequel passe en temps normal un cinquième du transport mondial des hydrocarbures, fait l'objet de peu d'informations fiables. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont mis en garde mi-avril contre une "zone dangereuse" de 1.400 km2 - soit 14 fois la superficie de Paris - où pourraient se trouver des mines.

La semaine dernière Donald Trump avait affirmé que Téhéran, "avec l'aide des Etats-Unis, (avait) retiré, ou (était) en train de retirer toutes les mines marines". Mais l'information n'a pas été confirmée par la République islamique.

Les armateurs restent prudents

Même en cas de réouverture officielle du détroit par Téhéran et Washington, ils ont besoin de précisions sur les voies à emprunter et craignent ces mines, avertissait vendredi dernier Nils Haupt, porte-parole du géant allemand du transport maritime Hapag-Lloyd. Plusieurs pays "non-belligérants" se sont dits à cet égard prêts à "une mission neutre" de sécurisation du détroit d'Ormuz.

Le précieux détroit est désormais au coeur du conflit entamé le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran le 8 avril. Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via Ormuz, tandis que les États-Unis bloquent l'accès aux ports iraniens depuis le 13 avril. Un haut responsable du Parlement iranien a déclaré que Téhéran avait reçu ses premiers revenus issus des droits de passage qu'il a instaurés dans le stratégique détroit. 

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