2 min de lecture Diplomatie

Trump "joue avec la paix dans le monde en bluffant comme au poker", analyse Mazerolle

ÉDITO - Quelques minutes avant de déclarer la guerre à l'Iran, Donald Trump s'est finalement rétracté. Une situation délicate dans laquelle le président américain agit comme "l'homme d'affaires qu'il a toujours été".

Mazerolle-245x300 L'Edito d'Olivier Mazerolle Olivier Mazerolle iTunes RSS
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Trump "joue avec la paix dans le monde en bluffant comme au poker", analyse Mazerolle Crédit Image : HO, Nicholas Kamm / AFP / IRANIAN PRESIDENCY | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Mazerolle édité par Leia Hoarau

La guerre a bien failli éclater entre l'Iran et les États-Unis. Dans une série de tweets publiés ce vendredi 21 juin, Donald Trump a déclaré que les forces américaines étaient prêtes à frapper l'Iran en guise de représailles après la chute d'un drone américainLe président des États-Unis s'est finalement rétracté. L'information a été confirmée par le New York Times : il a bien changé d'avis 10 minutes avant les frappes prévues.

Et cet épisode montre la nocivité de Donald Trump. Le président américain joue avec la paix dans le monde en bluffant comme au poker. Il prétend avoir découvert, à quelques minutes du désastre, qu'il avait autorisé une riposte "disproportionnée". Cette fois-ci l'engrenage fatal a été évité, mais jusqu'à quand ? Car il y aura d'autres incidents de cette nature.

Dans la région, deux alliés de Trump sont en grande difficulté : en Arabie Saoudite, le prince héritier Ben Salman est nommément accusé par l'ONU d'avoir commandité l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. En Israël, Benyamin Netanyahou n'a plus de gouvernement. L'un comme l'autre veulent détruire le régime des Mollahs, en Iran. C'est un grand classique pour des dirigeants en danger de souder la nation autour d'eux en provoquant des incidents avec l'ennemi. Tout est donc possible. Trump n'en a pas fini avec le marécage proche-oriental. 

Donald Trump, l'homme d'affaires

Les Iraniens aussi ont leur part de responsabilité dans cette affaire : ils ont annoncé qu'ils allaient bientôt dépasser les stocks d'uranium enrichi et d'eau lourde autorisés par l'accord nucléaire qu'ils ont signé, qui reste valable avec les Européens... mais que Donald Trump a déchiré. Il agit à la manière de l'homme d'affaires qu'il a toujours été : il met le contrat sur la table et dit "Tu prends ou je te ruine"

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Sauf qu'en matière de politique internationale, le paramètre financier n'est pas le seul à compter. La fierté, l'honneur et la volonté d'exister s'imposent. Donald Trump se comporte comme si les autres nations ne pouvaient pas exprimer ces sentiments, qu'il attribue aux seuls Américains. Ce qui lui fait commettre des erreurs : il a menacé de détruire la Corée du Nord avant de se raviser, il a menacé d'envoyer des troupes au Venezuela pour chasser Maduro du pouvoir, il promet l'apocalypse aux Iraniens. 

Et si la puissance de feu américaine a le pouvoir de dévaster l'Iran, les conséquences seraient considérables. Finalement, le seul espoir de sauver la catastrophe repose sur l'égo-centrisme incommensurable de Trump : il a promis de ne plus jamais engager l'Amérique dans une erreur de jugement. Et comme il veut être réélu, c'est peut-être ce qui va lui permettre de résister à certains de ses conseillers qui le poussent toujours à l'offensive.

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