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Tir d'un missile nord-coréen : que s'est-il passé au-dessus du Japon ?

ÉCLAIRAGE - Mardi 29 août, le monde s'est réveillé dans l'angoisse après que la Corée du Nord a décidé d'envoyer un missile balistique au-dessus du Japon.

Kim Jong-un, le leader de la Corée du Nord
Kim Jong-un, le leader de la Corée du Nord Crédit : KNS / KCNA / AFP
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Ludovic Galtier
et AFP

"Nouvelle provocation", "un tournant", "une menace grave sans précédent"... Les voix des plus grands chefs d'État et de gouvernement de la planète se sont accordées pour condamner le tir d'un missile balistique nord-coréen, effectué mardi 29 août au-dessus du Japon.

Tout a commencé lundi 28 août à 23h15, heure française, lorsque Séoul et l'agence de presse Yonhap annoncent que le pays, dirigé d'une main de fer par Kim Jong-Un, a tiré un missile, d'un type non identifié plus de deux heures plus tôt depuis Sunan. Selon les autorités nippones, le missile a survolé l'île de Hokkaido (nord) et est tombé ensuite dans les eaux du Pacifique, à 1.180 km à l'est des côtes japonaises, sans causer de dommage à des avions ou des navires dans la zone.

L'engin, lancé à 5h58 heure japonaise, a parcouru 2.700 kilomètres
à une altitude maximum d'environ 550 km. Il a été tiré vers l'est, et non en direction de Guam, avant-poste stratégique de l'armée américaine sur la route de l'Asie où vivent environ 160.000 personnes. Guam est à environ 3.500 km de la Corée du Nord.

Troisième tir en direction du Japon, le 21e de l'année

Très vite, le Pentagone s'en mêle et confirme officiellement que le missile est bien passé au-dessus du Japon, qui n'avait pas connu une telle agression depuis la fin des années 2000. En effet, c'est la troisième fois, après août 1998 et avril 2009, que la Corée du Nord tire un projectile au-dessus des îles principales du Japon. Les deux premières fois, elle avait prétendu qu'il s'agissait d'une roquette, un projectile non guidé contrairement à un missile.

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Le premier ministre, Shinzo Abe, dénonce immédiatement "une menace grave et sans précédent" et indique prendre "toute mesure" nécessaire pour assurer la sécurité de sa population, qui s'est réveillée sous haute tension.

"Le tir inacceptable d'un missile au-dessus de notre pays nuit considérablement à la paix et la sécurité de la région", a déclaré le chef du gouvernement japonais à la presse. "Au sein des Nations unies, le Japon va fortement appeler à accentuer la pression sur la Corée du Nord en coopération avec la communauté internationale", a ajouté Shinzo Abe. Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni mardi 29 août à la demande de Washington et Tokyo.

Pyongyang répliquerait aux "intentions hostiles" des États-Unis

Dans la première réaction de la Corée du Nord, qui a procédé à son 21e tir de l'année, son ambassadeur à l'ONU Han Tae-Song a invoqué le droit à "l'autodéfense" face aux "intentions hostiles" affichées par les États-Unis en participant à des manœuvres avec Séoul. En clair, Pyongyang, qui avait interrompu son projet de tir vers Guam le 15 août, justifie ses ambitions militaires par la nécessité de se protéger des États-Unis.

"On aurait dit que la Corée du Nord avait reculé au jeu de qui est le plus fort", estime Cha Du-Hyeogn de l'Institut Asan des études politiques de Séoul. "Mais Pyongyang montre que ce n'est pas cela qui se passe. Il montre qu'il ne s'est pas dégonflé et que c'est Washington qui bluffe sans projet concret".

Déjà des tirs de missile en mer du Japon cet été

Le 26 août, la Corée du Nord avait tiré trois missiles de courte portée en mer du Japon, au moment où des dizaines de milliers de soldats américains et sud-coréens participaient à des manœuvres dans la péninsule. Ce qui avait fait dire au secrétaire d'État américain Rex Tillerson que ces nouveaux tirs étaient "une provocation" qui montre que Pyongyang "n'est pas encore prêt" à dialoguer. 

Ce nouveau tir intervient après plusieurs semaines de tensions et d'escalade verbale entre Washington et Pyongyang, qui avait récemment menacé de tirer une série de missiles en direction du territoire américain de Guam, dans le Pacifique, situé à quelque 3.500 km de la Corée du Nord. Dans ce contexte, le Japon avait déployé le 12 août son système de défense antimissile Patriot Advanced Capability 3 (PAC-3) dans l'ouest de l'archipel.

Quelles répliques potentielles aux missiles de Pyongyang ?

Début 2016, le ministère de la Défense japonais assurait qu’il détruirait tout missile nord-coréen menaçant son territoire. Aucune interception n’a pourtant été déclenchée mardi 29 août, en raison d’un risque de chute minime sur le sol japonais. La Corée du Sud a largué dans la matinée huit bombes sur l’un de ses sites d’entraînement militaire "pour démontrer sa forte capacité à punir le Nord", selon le porte-parole de la présidence.

"Toutes les options sont sur la table", pour Trump, la Chine tempère

Cette surenchère irrite au plus haut point Donald Trump. "Le monde a reçu très clairement le dernier message de la Corée du Nord: ce régime a montré son mépris pour ses voisins, pour tous les membres des Nations Unies et pour les normes minimales d'un comportement international acceptable", a déclaré Donald Trump dans un communiqué de la Maison Blanche. "Les actions menaçantes et déstabilisantes ne font qu'accentuer l'isolement du régime nord-coréen dans la région et dans le monde. Toutes les options sont sur la table", a terminé le président américain, dont l'armée a positionnée en Corée du Sud un bouclier antimissiles.

La Chine, principal allié et partenaire commercial de la Corée du Nord, a appelé toutes les parties à la retenue. Si la situation est à un "tournant", "les pressions et les sanctions" contre Pyongyang "ne peuvent fondamentalement résoudre le problème", selon la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying. Le Nord s'est vu infliger début août une septième volée de sanctions, visant à le priver d'un tiers de ses recettes d'exportations.

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