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3 min de lecture

Taïwan : faut-il prendre les menaces militaires de la Chine au sérieux ?

ÉCLAIRAGE - Toute la nuit, des avions militaires chinois ont survolé le détroit de Formose. Conflit psychologique ou militaire ?

Nancy Pelosi et Tsai Ing-wen dans le bureau présidentiel de Taipei
Nancy Pelosi et Tsai Ing-wen dans le bureau présidentiel de Taipei
Crédit : Handout / Taiwan Presidential Office / AFP
Taïwan : faut-il prendre les menaces de Pékin au sérieux ?
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Pourquoi Nancy Pelosi a fait son déplacement périlleux à Taïwan ?
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Stéphane Pambrun & Aymeric Parthonnaud & Lionel Gendron

Faut-il craindre un embrasement dans la région de Taïwan ? Les appels au calme se succèdent ce mercredi 3 août. Le Japon, la Corée du Sud et même Nancy Pelosi, la cheffe des députés américains, jouent l'apaisement. "Nous sommes venus en paix", dit-elle. Il faut dire que depuis son arrivée la veille à Taïwan, territoire convoité par la Chine, le ton est très vite monté. Pékin a immédiatement annoncé des exercices militaires dans les environs. Réponse ce matin de la présidente de Taïwan : "Face à une menace militaire délibérée, Taïwan ne reculera pas. Nous maintiendrons fermement la souveraineté de notre nation et continuerons de défendre notre démocratie en Chine."

Faut-il prendre ces menaces de Pékin au sérieux ? Dans moins de 24h maintenant, l'armée chinoise va lancer des opérations militaires ciblées. Des exercices à munitions réelles tout autour de Taïwan, provoquant, de fait, un blocus de l'île avec des zones interdites aux avions et aux navires civils. Et, c'est annoncé, des tirs à longue portée, y compris des tirs de missiles tout autour de Taïwan, dans six zones stratégiques, parfois très proches des côtes taïwanaises, à moins de 20 kilomètres de l'île. 

Taïwan affirme que c'est une violation flagrante de ses eaux territoriales, mais sa présidente répond quand même ce matin qu'elle ne cèdera pas aux menaces militaires de la Chine. La présidente taïwanaise, issue d'un parti indépendantiste, est la bête noire de Pékin. Elle a reçu longuement ce matin Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, qui affirme être à Taïwan pour défendre la démocratie face aux menaces chinoises. Des menaces qui se font de plus en plus pressantes. Toute la nuit, des avions militaires chinois ont survolé le détroit de Formose, mettant en état d'alerte une armée taïwanaise déjà sous pression. Une guerre psychologique avant ces manoeuvres militaires prévues donc à partir de demain.

Nancy Pelosi, la "vieille sorcière"

Pourquoi la cheffe des députés américains a-t-elle fait ce déplacement ? Par conviction, tout d'abord. Il y a plus de 30 ans, en 1991, elle était venue sur la place Tian'anmen. Élue de Californie, elle avait rendu hommage aux manifestants tués par le régime communiste deux ans auparavant, ce qui avait outré Pékin. Nancy Pelosi a aussi rendu visite au Dalaï-lama, soutenu les pro-démocratie à Hong Kong. Bref, tout pour déplaire à la Chine où on la surnomme "la vieille sorcière". En fait, pour elle, Pékin est une menace pour les libertés, pour le monde tel que les États-Unis les conçoivent. C'est ce qu'elle a dit au côté de la présidente de Taïwan : "Aujourd'hui, le monde est tiraillé entre les démocraties et les autocraties. La volonté des États-Unis de préserver la démocratie, ici à Taïwan, est à toute épreuve."

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Nancy Pelosi rend un autre service à Taïwan. Le sort de l'île, son histoire, sa peur d'être envahie par la Chine... tous ces sujets sont désormais mondialement évoqués depuis deux jours. C'est ce que souhaitaient les autorités taïwanaises, même si Pékin pourrait lancer des représailles une fois Nancy Pelosi partie

"L'histoire se répète, regrette Pierre Picquart, docteur en géopolitique, spécialiste de la Chine. L'ancienne île de Formose qui est à moins de 100 kilomètres de la Chine continentale, reçoit aussi bien les résidents chinois que taïwanais. Tout se passait bien. Il se trouve que ce genre de tensions me paraît inutile puisqu'en fait il s'agit d'aller chercher la Chine et d'aller l'embêter."

Le schéma ukrainien peut-îl se répéter ?

Il y a un parallèle que le monde entier a à l'esprit c'est celui de l'invasion russe de l'Ukraine. Elle aussi, paraissait improbable et, pourtant, elle est toujours en cours depuis des mois maintenant. L'intervention militaire directe de la Chine est-elle possible ? 

"En matière de géopolitique, rien n'est impossible, avance prudemment Pierre Picquart. Mais très sincèrement, je n'y crois pas. Je n'y crois pas et je peux me tromper. Pourquoi ? Parce que les deux peuples, qui d'ailleurs vivent souvent ensemble, ne veulent pas la guerre. Donc, c'est plutôt une confrontation idéologique et géopolitique avec, effectivement, la possibilité pour Pékin de dire 'nous n'avons qu'un seul territoire, mais avec des régimes politiques différents'".

Quel lien unit Taïwan et les États-Unis ? Les États-Unis ne font pas partie des treize pays qui reconnaissent Taïwan. On sait cependant qu'ils fournissent des armes depuis des années. "Vous avez différentes façons de lutter contre un concurrent, analyse Pierre Picquart. C'est essayer de l'affaiblir ou essayer de créer les dissensions autour de ces territoires ou avec des partenaires. Donc là, visiblement, c'est fait uniquement pour gêner Pékin".

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