3 min de lecture États-Unis

Snapchat modère à son tour les messages de Trump "incitant à la violence raciale"

Le réseau social très prisé des jeunes prend ses distances avec Donald Trump. Les publications du président américain ne seront plus mises en avant dans le fil d'info éditorialisé de la plateforme.

Snapchat et Instagram ont suspendu l'accès aux GIF dans leur application
Snapchat et Instagram ont suspendu l'accès aux GIF dans leur application Crédit : pxhere.com
Benjamin Hue
Benjamin Hue
et AFP

Le front anti-Trump s'organise dans la Silicon Valley. Snapchat a rejoint Twitter, mercredi 3 juin, en décidant de bannir les messages du président américain de ses contenus à la une au sein de la section "Discover", le fil d'info éditorialisé de l'application où sont mises en avant les nouveautés, les recommandations et les publications de médias ou de personnalités connues. 

Le réseau social très prisé des jeunes de la génération Z entend ainsi ne pas donner d'écho "aux voix qui incitent à la violence raciale et à l'injustice" alors que des centaines de milliers de personnes défilent depuis dix jours dans le pays contre les violences faites à la minorité noire.

Il n'est pas question de censure ici. Snapchat ne fera plus la promotion des messages de Donald Trump mais ces derniers resteront visibles aux abonnés de son compte. Ils continueront également d'apparaître lorsque les utilisateurs font une recherche spécifique mais ils ne pourront plus atteindre une audience qui ne leur était pas acquise.

"Nous n'allons pas amplifier des voix qui incitent à la violence raciale et à l'injustice en faisant leur promotion gratuite sur Discover", a précisé Snapchat dans un article de blog. "La violence raciale et l’injustice n’ont pas leur place dans la société et nous sommes solidaires de tous ceux qui recherchent la paix, l’amour, l’égalité et la justice en Amérique".

Twitter a fact-checké Donald Trump

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Snapchat emboîte ainsi le pas à Twitter qui a provoqué l'ire du président des Etats-Unis la semaine dernière, en mettant des avertissements sur les messages qu'il envoie à ses plus de 81 millions d'abonnés. L'un concernait la fraude électorale que Twitter estimait être de la désinformation et l'autre pouvait laisser penser que le président appelait à faire feu sur des pilleurs. Les deux réseaux ont toutefois choisi de ne pas bannir totalement Donald Trump.

Ce dernier a très mal pris les initiatives de Twitter, profitant de son audience sur le réseau pour dénoncer ce qu'il perçoit comme de la censure et une confirmation d'un biais de gauche et anti parti républicain. La campagne présidentielle pour sa réélection a d'ailleurs répliqué en publiant un communiqué accusant Snapchat de vouloir "truquer" le scrutin du 3 novembre.

"Le PDG extrémiste de Snapchat Evan Spiegel préfère promouvoir des vidéos d'émeutes d'extrême gauche et encourager ses usagers à détruire l'Amérique plutôt que de partager le message positif d'unité, de justice, de la loi et de l'ordre du président", accuse la campagne.

Pendant le week-end, Evan Spiegel avait envoyé une longue lettre aux employés de Snap, la maison-mère du réseau, pour y condamner ce qu'il perçoit comme la perpétuation de l'injustice raciale en Amérique. "Chaque minute pendant laquelle nous sommes silencieux face au mal et aux injustices, nous agissons en faveur de ceux qui font le mal", écrivait-il.

Facebook campe sur ses positions

Contrairement à Twitter et Snapchat, Facebook, le premier réseau social au monde,a choisi de ne pas signaler ou censurer de quelque manière que ce soit les messages du président américain. Une décision assumée par Mark Zuckerberg, le dirigeant et fondateur de Facebook, mais critiquée très publiquement par une partie de ses employés, certains ayant préféré démissionner que de continuer à travailler pour l'entreprise.

Publiquement, le jeune milliardaire campe sur ses positions : il ne faut pas supprimer les messages du président, au nom de la liberté d'expression et de l'intérêt du public à s'informer et ce n'est pas à une entreprise privée de déterminer qui a le droit ou non de s'exprimer. Pour autant, Facebook affirme que même des discours politiques peuvent être censurés s'ils font l'apologie de la violence ou de la haine par exemple.

Piqué au vif par Twitter, Donald Trump avait très vite signé un décret s'attaquant à la Section 230 du "Communications Decency Act", le cadre réglementaire qui offre notamment aux plateformes une immunité contre toute poursuite liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d'intervenir à leur guise sur leurs réseaux. Le décret cherche à modifier le champ d'application de cette loi de 1996 et affirme que l'immunité ne peut s'étendre à ceux qui pratiquent la "censure de certains points de vue".

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