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Qui est Mahdieh Esfandiari, l'Iranienne au cœur de la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris, dont le procès ouvre ce mardi ?

Le procès pour apologie du terrorisme de l'Iranienne Mahdieh Esfandiari, possible monnaie d'échange avec Téhéran contre les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, s'ouvre ce mardi 13 janvier au tribunal correctionnel de Paris, pour quatre jours.

Des manifestants se rassemblent devant l'ambassade de France à Téhéran le 21 octobre 2025, pour exiger la libération de Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France

Crédit : Fatemeh Bahrami / ANADOLU / Anadolu via AFP

Juliette Vignaud & AFP

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Bientôt le retour en France de Cécile Kohler et Jacques Paris ? Le couple d'enseignants, détenus en Iran depuis 2022 et sortis de prison le 4 novembre 2025, sont bloqués à Téhéran. Leur libération définitive semble être liée au sort d'une citoyenne iranienne, Mahdieh Esfandiari, poursuivie en France, dont le procès s'ouvre ce mardi 13 janvier au tribunal correctionnel de Paris pour quatre jours.

"Cet échange entre nous et la France a été négocié. Il y a eu un accord et en effet, nous attendons que toute la procédure juridique et judiciaire se fasse dans les deux pays", avait déclaré fin novembre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, à France 24. "Une procédure judiciaire est en cours qu'il ne nous appartient pas de commenter", a de son côté déclaré une source diplomatique française. 

Outre l'issue encore incertaine du procès - le gouvernement français n'a eu de cesse de rappeler l'indépendance de la justice française - le contexte chaotique en Iran suscite des interrogations quant au sort des deux ressortissants français. 

Série de publications antisémites

Selon l'Agence France-Presse, l'Iranienne de 39 ans est arrivée en France en 2018, où elle créé une entreprise de traduction et d'interprétariat. Elle avait pour projet de rentrer en Iran en 2025 avant d'être arrêtée le 28 février de cette même année à Villeurbanne, près de Lyon. Elle a obtenu fin octobre, après huit mois de détention provisoire, sa libération sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire français.

Mahdieh Esfandiari comparaît pour apologie d'un acte de terrorisme commis en ligne, provocation directe en ligne à un acte de terrorisme, injure publique en ligne en raison de l'origine, ethnie, nation, race ou religion et association de malfaiteurs.

L'universitaire est suspectée d'avoir diffusé, entre 2023 et 2024, une série de publications antisémites ou faisant l'apologie d'actes terroristes du Hamas sur plusieurs plateformes dont Telegram, X, Twitch et YouTube. Des contenus également publiés sur le site Égalité et Réconciliation d'Alain Soral. L'essayiste d'extrême-droite sera aussi jugé aux côtés de Mahdieh Esfandiari et de trois autres personnes. Résident en Suisse, il est visé par un mandat d'amener, faute d'avoir répondu à sa convocation devant le juge d'instruction. 

Des publications sur le compte Telegram appelé "Axe de la résistance" avaient été signalées auprès du parquet de Paris, le 30 octobre 2023, "faisant l'apologie de l'attaque sanglante menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive". Après plusieurs mois d'enquête, des juges d'instruction ont été saisis en novembre 2024. 

Des livres édités par le régime iranien découverts

Selon leur ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, Mahdieh Esfandiari a occupé une "place centrale dans l'organisation Axe de la Résistance" et "a secondé" Maurizio Buisson, un ancien étudiant de l'université Al-Mustafa de Qom en Iran qui en était le principal organisateur. Il est lui aussi jugé dès ce mardi.

Lors d'une perquisition au domicile de Mahdieh Esfandiari, des livres édités par le régime iranien et plus de 2.000 euros en liquide ont été retrouvés. L'Iranienne conteste les accusations. "Nous abordons très sereinement ce procès qui va permettre à ma cliente de préciser ses propos", a commenté son avocat, Me Nabil Boudi, pour qui il "apparaît prématuré à ce stade d'évoquer un échange tant qu'il y a l'incertitude du volet judiciaire". 

Pour ces délits, Mahdieh Esfandiari risque sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende. Le tribunal pourrait rendre sa décision dans la foulée du procès ou la mettre en délibéré à plusieurs semaines. 

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