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Présidentielle USA : pourquoi l'affaire des emails embarrasse Joe Biden

DECRYPTAGE - Le "New York Post" a publié des e-mails récupérés illégalement sur un ordinateur contenant des documents personnels du fils de Joe Biden.

Le démocrate Joe Biden, le 14 juillet 2020
Le démocrate Joe Biden, le 14 juillet 2020 Crédit : Olivier DOULIERY / AFP
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Thomas Pierre et AFP

A moins de trois semaines de la présidentielle américaine, ce nouvel épisode à l'affaire ukrainienne pourrait bien embarrasser la fin de campagne de Joe Biden. Et ce, à plusieurs titres. Déjà, parce que le New York Post, quotidien pro-Trump, a publié cette semaine des emails qui auraient été récupérés illégalement sur un ordinateur appartenant à Hunter Biden, le fils de l'ex-vice-président. 

Selon le tabloïd conservateur, ces courriels relanceraient des accusations lancées contre Joe Biden par le camp de Donald Trump, selon qui il aurait aidé le groupe gazier ukrainien Burisma à échapper à des enquêtes pour corruption. L'ancien vice-président a toujours nié avoir discuté avec son fils de ses activités à l'étranger quand il était au pouvoir.

Mais, dans un courriel daté du 17 avril 2015, un membre de la direction du groupe Burisma, remercie Hunter Biden d'une invitation à Washington lui "donnant l'occasion de rencontrer votre père et de passer du temps ensemble". Un porte-parole de Joe Biden a démenti les allégations du tabloïd, affirmant qu'aucune rencontre n'avait eu lieu, d'après son agenda officiel de l'époque. 

Un écho à l'affaire ukrainienne

Ensuite, ces nouvelles révélations plongent Joe Biden dans l'embarras parce qu'elles font écho au volet de l'affaire ukrainienne visant le président américain fin 2019. Cette société ukrainienne, dont Hunter Biden a fait partie (au conseil de surveillance) de 2014 à 2019, avait été au centre du procès historique en destitution visant Donald Trump. Le républicain avait été accusé d'avoir fait pression sur l'Ukraine pour que Kiev enquête sur Joe Biden et les activités commerciales de Hunter, avant d'être finalement acquitté en février. 

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Mais aujourd'hui Donald Trump contre-attaque en visant Joe Biden sur un point bien particulier. Le bras droit de Barack Obama, qui soutenait des réformes en Ukraine, avait obtenu en mars 2016 le limogeage du procureur général ukrainien qui avait ouvert des enquêtes anti-corruption contre Burisma. A noter que son départ avait également été demandé par l'Union européenne et le FMI qui dénonçaient ses piètres résultats contre la corruption. 

Sauf que pour Donald Trump et ses partisans, ce limogeage n'était destiné qu'à une seule chose : protéger Hunter Biden. Joe Biden "a menti au peuple américain en disant ne jamais avoir discuté des activités de son fils à l'étranger", a déjà affirmé mercredi son équipe de campagne. Il y a donc fort à parier que ces nouveaux éléments vont venir nourrir les attaques du camp Trump jusqu'au 3 novembre, et notamment lors du dernier débat du 22 octobre. 

Censure de Facebook et Twitter ?

Par ailleurs, cette affaire a connu un développement inattendu du fait des mesures prises par Facebook et Twitter pour limiter le partage en ligne de l'article controversé en question. "Affreux que Twitter et Facebook aient retiré l'article sur les courriels (...) liés à Joe Biden l'endormi et son fils, Hunter, dans le New York Post", s'est indigné Donald Trump sur son réseau favori. 

L'un des dirigeants de Facebook, Andy Stone, a dit mettre mis en doute la véracité des e-mails et annoncé que les informations du quotidien allaient faire l'objet d'une vérification. En attendant les résultats, le groupe californien a décidé de réduire la visibilité de l'article. De son côté, Twitter a bloqué le partage de l'article parce qu'il contenait des documents qui enfreignent deux de ses règles : ne pas publier de données personnelles (e-mails, numéros de téléphone) et ne pas publier d'éléments piratés.

Mais ces clarifications sont arrivées après une journée de critiques enflammées contre les réseaux et des accusations de censure et de partialité à l'encontre du président républicain.  

Le souvenir de l'affaire des emails de Clinton en 2016

Jeudi, le New York Post, l'un des quotidiens les plus lus dans le pays, a ainsi dénoncé la "censure de Facebook pour aider la campagne de Joe Biden". "Censurez d'abord, poser les questions après : c'est une attitude scandaleuse pour l'une des plateformes les plus puissantes aux Etats-Unis", assène un éditorial du journal, accusant Facebook d'être devenu "une machine de propagande".

Enfin, l'article du New York Post rappelle l'affaire concernant Hillary Clinton en 2016, dont des e-mails piratés par des hackers russes avaient été diffusés sur internet par des sites anonymes et par WikiLeaks. Des révélations qui avaient été faites dans la dernière ligne droite de la présidentielle américaine, et qui avaient participé à la défaite de la candidate démocrate. 

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