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Présidentielle américaine : comment les fils de Joe Biden s'invitent dans la campagne

ÉCLAIRAGE - Mardi, lors du débat présidentiel, Donald Trump a tenté d'embarrasser son rival démocrate au sujet de son fils Hunter, au cœur de l'affaire ukrainienne. Mais le "fantôme" de Beau, son aîné, plane également sur cette campagne.

Joe Biden ému en parlant de son défunt fils Beauà Douvres, dans le Delaware, le 16 mars 2019
Joe Biden ému en parlant de son défunt fils Beauà Douvres, dans le Delaware, le 16 mars 2019 Crédit : SAUL LOEB / AFP
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Thomas Pierre et AFP

La blessure est encore vive pour Joe Biden. Mardi 29 septembre, lors du débat chaotique qu'il l'opposait à son adversaire démocrate, Donald Trump n'a pas retenu ses coups, en orientant notamment le débat vers le clan Biden. Le président a souvent essayé de présenter les affaires en Ukraine et en Chine de Hunter, le fils cadet de Joe Biden, comme étant emblématiques d'une corruption présumée de la part de l'ancien vice-président. 

"Votre fils arrive, et il prend des milliards de dollars", a-t-il lancé à son rival. Une référence à une affaire datant de 2016. À l'époque, Hunter Biden, avocat et conseiller, siégeait au conseil d'administration d'une société gazière ukrainienne, pour 50.000 dollars par mois. 

Fin septembre, le camp républicain avait remis cette affaire dite "ukrainienne", qui avait valu à Donald Trump une procédure historique de destitution, à l'agenda de la campagne. Et ce, bien qu'une enquête parlementaire n'ait réussi à démontrer que le démocrate, alors vice-président, avait influencé la politique étrangère américaine ou agi pour favoriser son fils et ses affaires "gênantes" dans la région. 

Joe Biden félicité par ses fils Beau (à droite) et Hunter (à gauche) lors de son investiture comme vice-président, à Washington, le 21 janvier 2009
Joe Biden félicité par ses fils Beau (à droite) et Hunter (à gauche) lors de son investiture comme vice-président, à Washington, le 21 janvier 2009 Crédit : PAUL J. RICHARDS / AFP

"Mon fils (...) n'était pas un loser"

Lors du débat, Donald Trump a pourtant insisté sur ce sujet réputé sensible chez Joe Biden, en assurant aussi que Hunter avait été "renvoyé" de l'armée pour consommation de cocaïne, provoquant une réaction outrée du démocrate. "Ce n'est pas vrai", a-t-il rétorqué avant de marteler : "Mon fils, comme beaucoup de gens, avait un problème de drogue. Il l'a dépassé. Il l'a réglé. Et je suis fier de lui". 

Une attaque personnelle qui a surtout été l'occasion pour Joe Biden de partager avec des millions d'Américains une expérience bien plus douloureuse, en saluant la mémoire de son autre fils, Beau. Depuis que ce dernier a été emporté à 46 ans par un cancer du cerveau, le septuagénaire l'évoque, ému, à presque chaque occasion. Et ses hommages ont récemment trouvé un nouveau souffle, avec un article accusant Donald Trump d'avoir qualifié de "losers" des soldats américains morts au combat.

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Procureur général du Delaware (2007 à 2015), réserviste de l'armée envoyé en Irak, Beau Biden avait un temps flirté avec l'idée de prendre la relève de son père au Sénat, et semblait promis à un destin national. "Mon fils (...) n'était pas un loser", a lancé Joe Biden, en haussant la voix, sur le plateau du débat mardi.

Une vie marquée par la tragédie

Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'influence de Beau reste immense. Sa disparition, en 2015, l'avait longuement fait hésiter, sous le poids du deuil, à se présenter à la précédente primaire démocrate. Il avait finalement renoncé. Candidat cette fois, l'ex-bras droit de Barack Obama avait lâché en janvier, en retenant ses larmes: "Beau devrait être celui qui se présente à la présidentielle, pas moi. Tous les matins je me lève et (...) me demande: 'Est-il fier de moi ?'". 

Son décès ne fut pas la première tragédie familiale de Joe Biden. En 1972, alors qu'il venait d'être élu sénateur, sa femme et sa fille avaient été emportées par un accident de voiture. Ses deux fils avaient été blessés et c'est à leur chevet d'hôpital que le démocrate avait décidé de prendre ses fonctions au Congrès. Puis il avait fait régulièrement les aller-retour en train entre Washington et son fief de Wilmington, dans le Delaware, quatre heures à chaque fois, pour les élever. 

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