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Le président français Emmanuel Macron s'adresse à l'auditoire lors d'une conférence de presse tenue à l'issue d'une réunion avec les candidats à l'élection présidentielle de 2027 et les chefs de partis, le 17 septembre 2026.
Crédit : Thomas SAMSON / POOL / AFP
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L'invasion russe en Ukraine s'est retrouvée au cœur des échanges à l'Élysée. Face à une "dégradation rapide" de la situation géopolitique et des prix du carburant "devenus insupportables", Emmanuel Macron a reçu vendredi les principaux candidats à la présidentielle ou leur bras droit pour une réunion confidentielle. Au menu, les risques qui pèsent sur la France, dont les menaces hybrides de la Russie.
Emmanuel Macron a haussé le ton. "La nature de l'agressivité russe et de ses menaces en Europe change", a prévenu le chef de l'État après la réunion. "Ces dernières semaines, la menace hybride russe à l'égard des Européens et de la France s'est intensifiée", a-t-il alerté. Et d'insister : "Depuis cet été, la Russie a multiplié ses attaques contre les intérêts européens."
Édouard Philippe, à sa sortie de la réunion, avait déjà affirmé que "le niveau de menace" s'élève du fait du conflit en Ukraine. Marine Tondelier, la candidate écologiste, a elle estimé qu'il y a "des raisons d'être très inquiet" concernant les "entreprises de déstabilisation" de Moscou.
La Russie, soupçonnée de vouloir tester les Occidentaux, est accusée de mener des opérations hybrides en Europe. Emmanuel Macron a notamment cité l'attaque de drones à Leipzig. Début août, plusieurs drones chargés d'explosif ont été découverts sur le tarmac de l'aéroport allemand. Une tentative d'attentats dénoncée par Berlin et imputée à Moscou.
"Ce qui s'est passé en Allemagne n'a pas fonctionné mais les conséquences auraient été tragiques, avec des pertes humaines et des conséquences matérielles massives. L'intention des services secrets militaires russes était celle-là", a déploré Emmanuel Macron. Des menaces face auxquelles "nul n'est à l'abri", a-t-il prévenu.
Le chef de l'État a également évoqué l'attaque contre un train de passagers tout près de la frontière polonaise en Ukraine, qui s'est déroulée le 13 septembre dernier, ou encore des incursions dans l'espace aérien de pays européens. Des drones d'origine inconnue ont récemment survolé quatre aéroports du Danemark.
Jeudi, le Premier ministre polonais Donald Tusk a, lui aussi, averti sur les menaces hybrides russes. Selon lui, les plans de la Russie dans le cadre de sa guerre contre l'Ukraine incluent des frappes "hybrides" de drones et de missiles contre les alliés de Kiev en Europe. "Il y a un risque réel que des drones [...] puissent tomber sur le territoire d'un ou de plusieurs pays du flanc Est de l'Otan", a-t-il dit. En dépit de possibles "dommages", le "narratif officiel (de Moscou) sera qu'il s'agit d'un accident".
Ces attaques hybrides peuvent aussi prendre la forme de cyberattaque, sabotage ou encore campagne massive de désinformation, l'objectif étant de déstabiliser un adversaire. En France, la Russie a notamment été accusée d'ingérences après des centaines d'étoiles de David taguées dans les rues de Paris ou encore aux mains rouges peintes sur le mur des Justes du mémorial de la Shoah, laissant penser à des actes antisémites.
"Depuis 2022, et même avant, on avait des opérations concentrées sur la désinformation et des tentatives d'ingérence [...] un genre d'actions sur le bas du spectre. Ce que l'on constate depuis ces derniers mois, c'est une accélération et une aggravation des actions de la Russie", explique Ulrich Bounat, analyste géopolitique, chercheur associé au sein du groupe de réflexion Eurocréative, invité de RTL Soir ce vendredi 18 septembre.
Selon l'expert, avec l'attaque à Leipzig, "on change de gamme". "On passe d'une guerre hybride bas du spectre à du terrorisme d'état", alerte-t-il, jugeant que "ces attaques vont ne faire qu'augmenter". "Elles sont le reflet du piétinement de la Russie en Ukraine. Plus elle piétine, plus elle estime qu'elle a besoin de déstabiliser l'Europe pour faire diminuer l'aide en Ukraine."
Fort de ce constat, Emmanuel Macron juge nécessaire de se protéger. Il a ainsi annoncé avoir demandé au gouvernement de "préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques ainsi que des sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense" contre les "attaques de drones et les attaques cyber".
Les infrastructures critiques comprennent tous les sites et réseaux - physiques ou virtuels - qui sont essentiels au bon fonctionnement d'un pays. En France, celles-ci sont encadrées dans la loi et réparties en quatre grandes dominantes : régalienne (ministères, centres de commandement militaire et grands tribunaux), humaine (santé, gestion de l'eau et alimentation), économique (centrales nucléaires, gares, aéroports ou Banque de France..) et enfin technologique (data centers, industriel, espace...).
Selon les informations de RTL, les préfets vont également être chargés de préparer la population aux attaques hybrides. "On change de niveau", dit un haut fonctionnaire. Dès la semaine prochaine, chaque préfet de département va devoir mettre en place un état-major de sécurité et de défense. Les patrons locaux des forces de l'ordre et des renseignements, mais aussi des chefs d'entreprises, des responsables associatifs, la protection civile ou encore la Croix-Rouge seront autour de la table.
L'objectif est de répéter l'avertissement d'Emmanuel Macron sur la menace hybride mais aussi d'identifier les cibles potentielles parfois inconnues, comme une PME qui travaille pour l'Ukraine par exemple. Il s'agit aussi de préparer les populations à une éventuelle situation de crise majeure. Une des priorités est de recenser les citoyens qui sont membres des différentes réserves, pour identifier les doubles et savoir qui est réellement disponible. Pas question d'affoler mais de se préparer. La vraie guerre n'est pas pour demain, glisse un haut fonctionnaire, mais la situation peut s'aggraver.
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